Archive de la catégorie «Conso»

Aladin et la langue merveilleuse

avril 19, 2008

L’intelligence artificielle fait de grandes avancées. Ça n’arrête pas. Premiers à en bénéficier (à part le Pentagone et Steven Spielberg) : les éditeurs. Voyez ce progiciel américain (évidemment) d’aide à la “décision de publication” : Aladdin Words Genius 1.0 (actuellement en version beta). Le principe est simple : On lui soumet un texte (roman, essai, etc.) et le logiciel donne son verdict quant à l’intérêt de ce texte – qu’il parvient à “lire” –, en fonction de critères pré-programmés et d’algorithmes basés sur l’analyse sémantique de grandes bases de données comparatives. Dans ces critères on a par exemple, pour les oeuvres de fiction :
– dramagraphe (diagramme du suspens).
– coefficient de pertinence socio-culturelle (pour une époque donnée)
– détection des (éventuelles) zones soporifiques
– détection de la tranche d’âge cible (avec indice de pénétration probable)
– coefficient d’intégrabilité (dans une collection, pour autant que l’éditeur nourrisse des critères pertinents)
– coefficient de traduisibilité (28 langues disponibles pour l’instant)
– indice d’adaptabilité (livre à film)
– taboumètre
– évaluation plastico-morphologique (le style, j’imagine)
et finalement,
– indice de publiabilité (en tenant compte – ou pas – de facteurs géopolitiques)

D’autres critères sont actuellement à l’étude, parait-il. Bon. Qui a dit qu’éditeur est un métier qui se perd? Il semble en tout cas qu’il soit en mutation.

Aux dires des concepteurs, les premiers essais sont assez concluants. Sur 1000 manuscrits analysés (envoyés par la Poste), 74 exemplaires auraient un indice de publiabilité passant la moyenne de 6 (sur une échelle de 10). Par contre, sur 500 manuscrits “copinage” – et dont un tiers a été édité ! – il est saisissant de constater que seuls 11 passent la barre fatidique. Marrant, ça. Surtout quand on sait qu’un manuscrit “postal” a (en France en tous cas) grosso modo une chance sur mille de se voir publier. Bref. Les progrès de la science ne cessent de m’étonner.
Et une bonne nouvelle : Une version grand public Aladdin Words Genius light, devrait sortir fin 2011 (selon des estimations non officielles). Sympa pour les écrivains en herbe désireux d’avoir une évaluation de leur travail, avant d’envoyer leur manuscrit aux éditeurs – toujours très occupés. (Et qui vont bientôt se munir, eux, de la version pro. Attention, donc…)

Le blister de l’ipod vert

avril 13, 2008

Mon formidable métier générant un revenu considérable (est-il utile de le rappeler?), j’ai tout loisir de me munir des derniers gadgets à la mode (que je suis – du verbe suivre – bien sûr assidûment). En complément de mon installation hi-fi haut de gamme, j’ai donc craqué pour cet iPod “shuffle” à 49 Euros TTC, qui désormais m’accompagne dans la plupart de mes compétitions sportives en short. Formidable compagnon printanier – et incroyable prouesse techno – que cette discrète boîte à musique de 15,6 grammes, pouvant contenir plus de 272 heures de musique concrète (en boucle). Ou de disco si l’on veut danser dans le métro.
En revanche.
En revanche, oui, là où ça bablesse, c’est au niveau de l’emballage. Les Etats-Unis si je me souviens bien, n’ont pas signé le fameux protocole de Kyoto (vous savez ce truc rapport à l’environnement, aux émissions de gaz industriels, tout ça). Désireux de conserver leur réputation de gros pollueur devant l’Eternel, ils ont jugé préférable de ne pas signer. (T’as un stylo John? (…) Désolé messieurs nous n’avons pas de stylo.) Et continuent sur leur lancée : Voyons par exemple de quoi est composé l’emballage de ce minuscule iPod : d’une boîte en plastique de dix fois son volume, entourée d’un épouvantable blister en polyvinyle triple couche (d’une dangerosité qui n’a d’égale que celle d’un Opinel n°13 dans les mains tendres de vos bambins.) Avez-vous essayé d’ouvrir un blister pareil sans vous blesser? Sans vous entamer le côté de l’index? C’est très difficile quand vous n’avez pas une lourde paire de ciseaux à disposition (car il faut bien ça). Moi j’en avais pas : je me suis copieusement esquinté. La dernière fois c’était avec une souris taïwanaise. A molette. Terrible. Le blister en coque dure est l’une des inventions les plus consternantes de l’homme moderne. Solidité, souci de “transparence produit”, design. Ok. Mais quasi impossible à ouvrir sans outillage. Et extrêmement polluant. On peut difficilement faire plus écologique.
Pour cet iPod, le vert fait partie des coloris disponibles. Magnifique ce vert d’ailleurs. Comme quoi.

Joyeuses Pâques !

février 10, 2008

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Devant la caisse d’un supermarché, dans le 7ème.

- Ah vous avez déjà les lapins en chocolat ??
- Ben oui madame…
- Non Kevin, tu reposes ça ! … J’ai dit NON !
- Ouiiiinnn…
- C’est pas un peu tôt?…
- Vous savez, on met en place ce qu’on reçoit, on n’a pas le choix c’est comme ça.
- Kevin tu reposes ce lapin j’ai dit ! T’as même pas fini la galette des Rois…
(…)

Pour la P.H (petite histoire) Kevin aura quand même droit au petit modèle (Bunny,160g ; 50% de cacao)

Il fut un temps où le consommateur pouvait encore compter sur des plages de repos. Quelques semaines salutaires, par ci par là, entre Noël et la Saint-Valentin. Entre La Fête des Mères et la fête à Toto. Où il mettait un peu ses élans en veilleuse. Où il attachait sa gourmandise à un pied de table. Sans qu’elle souffre trop. Où il pouvait respirer deux minutes.
Cette époque est terminée.
Désormais donc, pour peu que vous soyez vaguement affaibli, sous l’hypnose de la publicité, sous les coups de boutoir du marketing SLV (sur le lieu de vente), vous avez le portefeuille constamment ouvert. On appelle ça überconso (avec ce préfixe germanique qui n’est pas sans rappeler le surhomme Nietzschéen, sa volonté de puissance, de dépassement, etc.)
C’est très efficace.
Nous avons depuis quelques années des cerises en janvier, février, mars, etc. (exit le Temps des Cerises)
Nous avons également les rentrées littéraires. Depuis peu il y en a deux, mais bientôt il en aura probablement trois ou quatre. Voire plus (la rentrée poche, la rentrée “bronzage”, la rentrée “thrillers” avec les sempiternels “nouveaux maîtres du suspens”, la rentrée “love stories”, la rentrée des essais, la rentrée des enfants, des animaux, etc.
Il serait question, chez Coca Cola, de proposer bientôt un Père Noël en maillot de bain pour Juillet-Aout. (Où la dinde du 25 sera remplacée par des steaks d’autruche texane, avec séquoia nain à la place du sapin, etc…)
Bref, nous allons tranquillement vers le “Tout, tout le temps”. On n’aura même plus le temps de désirer, de se réjouir de : ce sera déjà là. A dispo 24h/24. (PayPal et hop !)
En fonction de votre fameux “pouvoir d’achat” vous aurez deux alternatives : baver ou acheter. Au moins, vous n’aurez pas à réfléchir, c’est déjà ça.

Le pouvoir d’achat est-il soluble dans la technologie ?

février 4, 2008

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GROS PROBLEME avec ma connexion internet, j’appelle Numéricable (…)

a) Si… tapez 1, si… tapez 2, si…tapez 3 (je tape)

b) Si… tapez 1, sinon tapez 2 (je tape)

c) Si… tapez 1, si… tapez 2, si… tapez 3, si… tapez 4 (je tape)

d) Si… tapez 1, si… tapez 2, si… tapez 3 (je tape)

e) Si… tapez 1, si… tapez 2, si…, si…, si…, si vous désirez parler à un opérateur tapez 9 (Wow ! je tape ! je tape consciencieusement !)

Boucle musicale

“Le temps d’attente est inférieur à 2 minutes. Un opérateur va vous répondre, merci de patienter”

Boucle musicale
(je mets le haut-parleur, m’éloigne du téléphone pour ne pas rester comme un imbécile l’appareil collé à l’oreille. J’attaque ma vaisselle.)

Deux minutes plus tard :

“Le temps d’attente est inférieur à 1 minute. Un opérateur va vous répondre,
merci de patienter.”

Boucle musicale (énervante)

Cinq minutes plus tard :

“Le temps d’attente est inférieur à 2 minutes. Un opérateur va vous répondre, merci de patienter.”

Boucle musicale (insupportable)

Cinq minutes plus tard :

“Le temps d’attente est inférieur à 5 minutes. Un opérateur va vous répondre, merci de patienter.”

Boucle musicale (terrifiante)
(…)

Au bout de 24 minutes de connexion (à 0,34 ct €/min), un type décroche, fait “allo? allo ?”, et raccroche au bout de 3 secondes. Pas assez pour moi pour me jeter sur le combiné et lui parler. J’aurais bien aimé savoir quel temps il a à Casablanca.

Prêts ? Fartez !

janvier 21, 2008

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A l’ère de la vitesse, c’est presque enfoncer une porte ouverte que de dire que la mode est à la lubrification. Lubrifier, c’est gagner en pouvoir de pénétration (dans l’air, dans l’eau ou dans ce qui vous fait plaisir). Gagner des centimètres, des mètres, de “précieuses secondes”, voilà l’affaire. Que ça glisse bien – mieux – dans l’air opaque du temps incertain. Une société britannique, la Wildfire Snowsports Ltd. a quant à elle trouvé la solution pour gagner en vitesse avec des skis alpins : un système auto-lubrifiant farte vos skis pendant la descente ! Pour éviter la perte de matière ! La fixation libère un petit jus gras sous la semelle pendant que vous slalomez… Nickel ! Une vingtaine d’ingénieurs bossent là-dessus depuis plus de cinq ans, maintenant c’est prêt. Chaud bouillant ! Désormais donc, plutôt que vous traînasser à 120 km/h dans un schuss, vous ferez du 122 ! Ils ont fait des tests en labo, on gagne facile 1 à 2%. Plutôt que faire douze descentes dans la journée, vous en ferez douze virgule deux si vous êtes équipés de cette merveille de technologie. Wildfire : le feu sauvage du Progrès ! La double fracture du péroné en prime ! Il va pour sûr faire fondre la neige dans les stations ce brevet ! Et terrasser les chronos ! De toute façon moi je m’en fous je ne fais que de la luge…
Ce qui risque aussi d’être lubrifié dans un avenir proche ? La publicité sans doute, pour qu’elle entre mieux dans le cerveau, plus vite. La politique à Sarko, pour qu’elle pénètre mieux les sondages. Quoi encore ? Les pays “émergents” ! L’A6 le matin à 8 heures ! Les CRS ! les colis postaux ! les CDD! les hotlines ! les coulisses du pouvoir ! le trou de la Sécu ! Un tas de choses! Ça va beurrer sévère ! Huiles ! Silicones ! Graisse de phoque ! Polymères ! C’te vitesse maintenant ! Le grand Tournus ! Et qu’ça saute ! Prêts ? Fartez !

Fais péter !

janvier 5, 2008

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Me revoilà. Pfouuu.
Ça a d’abord été la fameuse “fin de l’année”. Carrefour des angoisses autant qu’appel d’air. Pour beaucoup, la sale période des derniers soubresauts. Des derniers espoirs qu’on n’en finisse quand même pas là, comme ça. C’était pas possible on s’est dit. Fait chier putain. Tous ces espoirs à ce point déçus, ces attentes vaines. Ces cafouillages des ultimes jours, ces petits oui qui sont des non. Ces promesses en balsa, ces signatures en carton. Quels fiascos ! Que des bouchons ! Fallait faire le bilan juste avant le sapin. Pour qu’on soit tranquille au moins entre les guirlandes et la Saint Syl’. Entre le Nordmann à boules et le Château Vomi-Castagne 2008.
Le bilan fut lourd évidemment. En un mot : TROP. De temps sur le web, de dossiers en suspens, de dossiers tout court, de femmes juste croisées, de sourires qui s’en vont, de violences inutiles, de spams allonge-zob, de questions sans réponse, de bruit dans le quartier, de fringues dans l’armoire, de baffes qui se perdent, de cartes de fidélité, d’infos superflues, de musiques d’attente, de filles ipodiques, de boîtes qui débordent, de repas trop chargés, de films “de l’année”, de réductions de 5%, de maris infidèles, de pubs assommantes, d’occasions à ne pas manquer, de mecs qui bandent mou, de nouvelles nouveautés, de fistons pistonnés, d’images “inédites”, de surveillances électroniques, de cancers galopants, de succès éphémères, de yaourts en rayon, d’interdictions de stationner, ou de séjourner, de récits incroyables, de porcs nographiques, de longues jambes en bas Dim, de coeurs éplorés, de mensonges numériques, de magazines consternants, de fumée dans les bars, de légumes à farcir, de monde au départ, de livres édités, de kilos à faire fondre, de mamies qui tremblotent, de prix usurpés, de rois du polar, d’avenirs incertains, de pseudos blacklistés, de lois à la con, de loyers augmentés, de reclus qui crevotent,  d’amis surbookés, de flotte dans la viande, de désirs aiguisés, de pets végétariens, d’envies étouffées, de pognon dans les fêtes, d’obsédés sexuels, de sucre au dessert, de budgets explosés, de foie gras à Noël, de poumons qui s’essoufflent, d’énergie dépensée…

Pour en arriver là.
A l’année du Rat. Petit rongeur d’espérance, qui court comme un imbécile.

Alors Bonne Année frère humain ! BONNE ANNEE mon gros ! Bienvenue dans la Vallée Nouvelle ! Tu vas voir tu vas te régaler !
Mais te gêne pas pour tout faire péter, hein. Champagne !

Une petite merveille, vraiment

décembre 20, 2007

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Une petite faim dans ce froid qui pince ? Une envie de se laisser envoûter les papilles, avec ce feuilleté brebis-épinards qui vous fait de l’œil ? Pour ma part je me suis laissé tenter. Pour la seconde fois.
La première, c’était il y a au moins deux ans. Ça m’est revenu, maintenant. Un petit traiteur franco-grec, pas loin d’une sortie de métro. J’avais pris la même chose. Le même feuilleté. Exactement. Et j’avais trouvé ça dégueulasse. Atrocement rance. La sale chèvre. Le feuilleté humide, qui plie sous la dent au lieu de croustiller. Il avait une belle gueule pourtant. Comme là. Je croque dedans : limite immangeable. Faut vraiment crever de faim.
Deux ans. Ça fait donc deux ans que ce traiteur fait des brics dégueulasses. Et ça se vend. Des dizaines de feuilletés infects par jour. C’est à peine croyable. Moi je comprends pas. Les gens vont aller bouffer ça chacun dans leur coin. Puis aller gerber un peu plus loin, c’est pas possible autrement.
A moins qu’ils trouvent ça bon eux va savoir. Au fond, c’est une question de référentiel. D’étalon. Chacun son système de jugement après tout. Y avait une dame assez bien mise, avec une veste en goret, qui poussait des mmmh alors qu’elle venait de s’enfiler la dernière bouchée. Enchantée de son petit feuilleté elle était la dame. Mmmh. Une petite merveille, vraiment. Pourquoi se plaindre.
C’est marrant, j’aurais assez facilement tendance à tracer des parallèles moi. TF1. La culture du feuilleté mou. Dans son emballage à paillettes. La « littérature française » qu’on livre à pleines palettes à l’entrée de la FNAC (bah pourquoi droper des noms, y a qu’à ouvrir les yeux.) Allez, mettez-m’en quatre c’est pour offrir.
Le plus terrifiant c’est que moi aussi je me fais avoir. On a faim. C’est là. On craque. Pas se prendre la tête. Et on refait la connerie : Dégueulasse. Ce qui me console, c’est que je me dis qu’une sortie de métro c’est un lieu de passage. On ne fait que passer en général. En vitesse. On revient rarement.