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	<title>La brosse Gherta</title>
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	<description>Ici on décape, on désape, on dégomme, on dérape, on démange, on dératise, on sourit aussi</description>
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		<title>La brosse Gherta</title>
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		<title>Le poteau</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 13:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature & Edition]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre la maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Objectif]]></category>
		<category><![CDATA[Volonté]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans les yeux clairs du grand Buddy il y avait le ciel pâle, voûte immense, embuée, il y avait des arbres aussi, des résineux noirs et inquiétants, dansants comme des diables, dansant et scintillant dans les larmoiements de froid ; c&#8217;était en décembre ; (le tableau tremble sous les paupières rougies, chavire et disparaît dans [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=2158&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2012/01/le_poteau1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2160" title="Le_poteau" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2012/01/le_poteau1.jpg?w=450&#038;h=450" alt="" width="450" height="450" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family:'Lucida Grande';">Dans les yeux clairs du grand Buddy il y avait le ciel pâle, voûte immense, embuée, il y avait des arbres aussi, des résineux noirs et inquiétants, dansants comme des diables, dansant et scintillant dans les larmoiements de froid ; c&#8217;était en décembre ; (le tableau tremble sous les paupières rougies, chavire et disparaît dans un cillement ralenti). </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family:'Lucida Grande';">Buddy Stanton, soixante-quinze ans maintenant, était un homme de force, un roc sec et sans faille, et puis, il faut le dire, un self made man, un vrai comme les Turtle Mountains savent encore en produire quelques fois par siècle. </span><span style="font-family:'Lucida Grande';"><em>Stanton Supplies</em></span><span style="font-family:'Lucida Grande';">, les tracto-pelles, les tronçonneuses, les équarrisseuses et tout le bordel, c&#8217;est lui. Bud, mon vieux père, mon séquoia. Je vois sa vue se troubler, alors qu&#8217;on vient de quitter la véranda pour aller faire « sa marche » avec maman. Ses yeux fatigués de lutte, mais pleins d&#8217;espoir encore, de détermination. Le docteur avait dit : c&#8217;est normal que les yeux coulent, c&#8217;est les effets secondaires, ayez toujours un petit mouchoir, ça ne devrait pas être trop gênant. Pas être trop gênant. Est-ce qu&#8217;ils se rendent seulement compte les docteurs. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family:'Lucida Grande';">Marcher jusqu&#8217;au poteau. Le Saint Graal de la résistance, de la volonté. Un poteau électrique peint en vert, à 400 mètres au bord de la route St John, le dernier avant le carrefour de la 281. Faire de l&#8217;exercice. C&#8217;est important avait dit le docteur, de faire de l&#8217;exercice, de rester en mouvement. Au début, avec maman, ils allaient beaucoup plus loin, presque jusqu&#8217;au réservoir, ils faisaient le tour par Greenfield, s&#8217;arrêtaient même parfois chez les Harrison pour prendre quelque chose. Ça allait. Puis, à l&#8217;automne, c&#8217;est vite devenu plus difficile, plus douloureux surtout. Le souffle s&#8217;est mis à manquer, Bud avait des pointes il disait. Les jambes, amaigries, ne portaient plus assez loin. Mais comme il fallait bouger, activer les flux absolument, il a décidé – oui, décidé – qu&#8217;il fallait aller jusqu&#8217;au carrefour. Tout tranquillement. Et retour. C&#8217;est plutôt plat, il n&#8217;y a pas de circulation ou presque, que le bruit du vent dans les sapins. Mais c&#8217;était dur. Maman le poussait, le poussait, lui disait allez, allez, encore un peu, on y est presque, ça va aller, courage Bud. Mon Dieu. Voir ce solide gaillard marcher si lentement, si péniblement, comme s&#8217;il devait gravir une pente sévère, retenu par une main invisible. Mais il y arrivait. C&#8217;était magnifique. Chaque fois, en arrivant à la 281, il disait « c&#8217;est bon ! ». Le retour était plus serein, car le but était atteint ; ses yeux brillaient, il souriait. Victoire.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family:'Lucida Grande';">Et puis début novembre ses yeux se sont mis à tourner jaune, le foie n&#8217;allait pas très bien. L&#8217;état général s&#8217;est détérioré. Il ne mangeait plus grand chose, restait dans son relax. Il a quand même dit à maman qu&#8217;il voulait garder la marche quotidienne, au moins jusqu&#8217;au poteau, même si c&#8217;était affreux. Que tant qu&#8217;il y aurait cet objectif dans la journée, c&#8217;était une journée de gagnée. Une sacrée saloperie de journée de gagnée. Enfin, que tout n&#8217;était pas perdu. Maman, aimante comme jamais quoique anéantie par tout ça, restait positive, confiante, l&#8217;habillait, l&#8217;encourageait, lui mettait ses rangers, ou même ses raquettes, ses gros gants, son écharpe ; et départ dans le froid, tous les deux bien serrés. Un demi mile à faire : le tour du monde. A bout de force mais la distance conquise, il touchait alors le poteau  :  « c&#8217;est bon ! »,  « c&#8217;est bon ! ». Deux fois des voisins sont allés les récupérer. Cette volonté. Cette inaltérable volonté de se battre. Réussir jusqu&#8217;au poteau, mètre après mètre. Mais il s&#8217;est éloigné le poteau, il n&#8217;y a plus eu de poteau. Ce n&#8217;était plus possible.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family:'Lucida Grande';">Moi j&#8217;ai raté ma vie. Pour des raisons que je ne vais pas développer ici, oh non. Et là je suis en souffrance. La vraie. Je bois, je suis en sur-poids, (moi le sportif ! Le marathonien !), je ne sais plus quoi faire de mes journées. Tout m&#8217;échappe et se détourne de moi, même mon fils. Je vis désormais seul à Vancouver, dans la banlieue – quelle idée, aussi, d&#8217;avoir échoué ici ! C&#8217;est le nom qui m&#8217;attirait ! – ; hier on m&#8217;a coupé internet, que je ne pouvais plus payer, ah les salauds, clac, direct ; plus de réseau, plus rien. Autrement, il m&#8217;arrive de réparer des pneus pour pouvoir manger chaud, voilà, de jouer un peu dans le <em>SkyTrain</em>, aussi ; et le soir j&#8217;écris. Enfin j&#8217;essaie. Des petits trucs, que je range sitôt faits dans un tiroir. Je lis parfois des romans, quand je ne suis pas trop assommé ; des écrivains qui vivaient dans des cabanes, isolés, alcooliques ; ça m&#8217;aide. C&#8217;est qu&#8217;il faudrait que je me relève, que je poursuive, que je remonte vers la lumière. Que j&#8217;en remette une couche. J&#8217;ai quitté le Dakota pour faire mon chemin, avec ma guitare, comme un grand con, et n&#8217;y suis revenu que pour les derniers jours de mon père, le téléphone n&#8217;y suffisant plus. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family:'Lucida Grande';">Quand je l&#8217;ai vu mon Buddy, à Bismarck, tout le monde était là à la clinique, maman, Claudia, Jeoffrey, Jamie, oncle Chet et les mômes. Tout le monde était réuni. On se relayait. La chambre était claire, silencieuse, virginale comme une combe à neige. Et mon pauvre Bud là au milieu du coton, le grand, le beau Bud, si maigre dans son pyjama tout propre, si définitivement condamné. (Je peux bien me plaindre, moi le bien vivant.) Un soir, juste avant Noël, le docteur nous a dit, en aparté et avec chaleur, c&#8217;est bientôt fini, c&#8217;est une question d&#8217;heures. Alors, pour la dernière fois, chacun d&#8217;entre nous est venu parler à Bud, en tout cas écouter sa respiration tout près, on peut dire religieusement. Je ne sais pas ce qu&#8217;il a dit exactement aux autres, ce qu&#8217;il a pu dire avec sa voix dont ne subsistait qu&#8217;un souffle rauque, mais à moi, à moi dont il savait les défaillances et les échecs, les tentatives vaines depuis tant d&#8217;années, les espérances déçues, les volontés détruites, à moi il m&#8217;a dit, il a eu la force incroyable de me dire, en me prenant la main, les yeux soudain grands ouverts : Le poteau&#8230; Tu sais&#8230; Tu te fixes un poteau&#8230; quelque chose&#8230; C&#8217;est ça l&#8217;important&#8230; Tenir jusqu&#8217;au poteau&#8230;</span></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brossegherta.wordpress.com/2158/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brossegherta.wordpress.com/2158/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=2158&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>2012</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 23:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bonne Année aux funambules du désastre, aux oubliés des listes, à ceux de peu, aux &#8220;inutiles&#8221;. Bonne Année au dernier des derniers, aux foutus d&#8217;avance, à ceux qu&#8217;on fait taire, aux minuscules. Bonne Année la Terre. Bonne Année le Ciel. Bonne Année à vous.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=2153&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/12/20111231-191547.jpg"><img src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/12/20111231-191547.jpg?w=450" alt="20111231-191547.jpg" class="alignnone size-full" /></a></p>
<p>Bonne Année aux funambules du désastre, aux oubliés des listes,  à ceux de peu, aux &#8220;inutiles&#8221;.<br />
Bonne Année au dernier des derniers, aux foutus d&#8217;avance, à ceux qu&#8217;on fait taire, aux minuscules.<br />
Bonne Année la Terre. Bonne Année le Ciel. Bonne Année à vous.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brossegherta.wordpress.com/2153/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brossegherta.wordpress.com/2153/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=2153&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Facebook styles</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 17:34:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Life]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[écosystème]]></category>
		<category><![CDATA[égocentrisme]]></category>
		<category><![CDATA[Facebook]]></category>
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		<category><![CDATA[sociostyles]]></category>

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		<description><![CDATA[Une pratique assez régulière de Facebook depuis environ deux ans m&#8217;a fait croiser, virtuellement, un certain nombre de personnes constituant un florilège de &#8220;sociotypes&#8221; (pour prendre l&#8217;expression consacrée). Je voulais en faire la liste ici, bien entendu non exhaustive ; libre à vous d&#8217;en ajouter selon votre expérience. S&#8217;y reconnaîtra qui veut, sachant que l&#8217;humain [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=2127&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/11/faceblue1.jpg"><img class="size-full wp-image" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/11/faceblue1.jpg?w=1014" alt="Image" /></a></p>
<p>Une pratique assez régulière de Facebook depuis environ deux ans m&#8217;a fait croiser, virtuellement, un certain nombre de personnes constituant un florilège de &#8220;sociotypes&#8221; (pour prendre l&#8217;expression consacrée). Je voulais en faire la liste ici, bien entendu non exhaustive ; libre à vous d&#8217;en ajouter selon votre expérience. S&#8217;y reconnaîtra qui veut, sachant que l&#8217;humain est un être complexe, changeant, qu&#8217;on ne saurait donc enfermer dans un seul type de façon certaine et définitive. Il s&#8217;agit juste de tendances éthologiques que chacun pourra composer à l&#8217;envi pour caractériser les personnes auxquelles il pense&#8230;</p>
<p>Bien sûr, tout le monde n&#8217;est pas connecté à ce vaste réseau d&#8217;internautes, loin s&#8217;en faut. La lecture de ce qui suit reste néanmoins valable – et transposable – pour ceux qui ont une activité régulière sur le web, quelle qu&#8217;elle soit.</p>
<p>Prêts ? C&#8217;est parti.</p>
<p><em>Le résident. </em>A quitté le monde réel et sa grisaille pour s&#8217;établir sur Facebook, auquel il est connecté quasiment en permanence. En général seul dans la vie (ou mal accompagné), &#8220;sans activité&#8221; ou assimilé, perclus d&#8217;ennui dans son modeste logis, il trouve sur Facebook – cet eldorado – une existence nouvelle ainsi que les amis qui lui font défaut (car ceux de la &#8220;real life&#8221; sont mariés, travaillent, n&#8217;ont plus de temps à lui consacrer, etc.) Craint par dessus tout les problèmes de connexion et les pannes de secteur – terrible retour à la solitude – au pire à la bouteille. Toujours présent, relativement bienveillant et partageur, il est considéré comme de bonne compagnie. Encore heureux.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le visiteur égaré</em>. S&#8217;est inscrit parce qu&#8217;il fallait s&#8217;inscrire, &#8220;que si tu t&#8217;inscris pas t&#8217;es pas dans l&#8217;coup, Bob&#8221;, mais n&#8217;a pas suivi le mouvement, faute d&#8217;envie réelle, de temps, – il travaille, lui –, ou rebuté par la relative complexité de la gestion de sa page. A une vingtaine d&#8217;amis qui ont, pour la plupart, oublié sa présence (après l&#8217;avoir assommé de &#8220;Vieeens, tu verras, c&#8217;est supeeeer !&#8221;. ( – Pas que ça à faire, ho ! et j&#8217;ai pas de femme de ménage, moi.) Regardez bien vos listes d&#8217;amis : pas loin de 80% de cette liste est constituée d&#8217;égarés ou assimilés. Dingue hein ! (et on nous dit rien : 20% des inscrits sont à l&#8217;origine de 80% de l&#8217;activité Facebook. Ratio classique&#8230;)</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le passeur</em>. N&#8217;existe sur Facebook que par liens interposés. Poste rarement autre chose que des vidéos, des textes et autres &#8220;perles&#8221; piochées çà et là sur le ouèbe-cet-océan-fantastique. Montre-moi tes liens je te dirai qui tu es. A en général beaucoup d&#8217;amis, tous très heureux de revoir Stone et Charden en clip, ou un vieux Laurel &amp; Hardy. Il &#8220;like&#8221; et commente volontiers chez les autres, surtout s&#8217;il y trouve une chanson de Marie Laforêt qu&#8217;il n&#8217;avait pas encore bien écoutée. Nostalgie quand tu nous tiens. Il a en général plus de 50ans.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le passeur indigné</em>. Version plus engagée que le passeur simple, le passeur indigné n&#8217;en peut plus de ce monde pourri. Corruption, inégalités, pauvreté, inondations et autres périls planétaires, tout est bon pour que se mobilisent en lui les forces salvatrices nécessaires à la diffusion des informations à grande échelle. Pages &#8220;causes&#8221; à répétition, liens vers d&#8217;édifiantes vidéos, mails catastrophés aux amis, etc. Hélas, comme les amis n&#8217;ont que peu de temps à consacrer à toutes ces horreurs (il y en a tellement, c&#8217;est sans fin), que la démarche, pleine de bonne volonté, n&#8217;a que peu d&#8217;effet réel. Mais c&#8217;est déjà pas mal de savoir qu&#8217;une mine s&#8217;est effondrée au Venézuela à cause de ces abrutis d&#8217;ingénieurs hollandais.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>L&#8217;égocentrique absolu</em>. Seul a pouvoir s&#8217;exprimer sur son &#8220;mur&#8221;, qu&#8217;il a protégé des tags et autres graffitis inopportuns. N&#8217;aime (&#8220;like&#8221;) que les liens, chez les autres, qui le concernent directement. Se sert de Facebook essentiellement et exclusivement comme outil de promotion de son moi moi moi. Commente ses statuts, ses commentaires, et parfois même les commentaires de ses commentaires. Ne laisse en revanche jamais de commentaires chez ses &#8220;amis&#8221; (surtout ne pas se disperser !). Goûte avec délices la flatterie ; fulmine et sort ses griffes face à la critique. S&#8217;éloigne parfois, sans s&#8217;attarder, de sa page ombilicale pour admirer l&#8217;immensité de son oeuvre, et celle de son nombril. Signe particulier : Il a toujours raison. Selon lui.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>L&#8217;opportuniste</em> ou le <em>Roi de la com</em> (en général un artiste, en tout cas quelqu&#8217;un issu du show business, de la &#8220;hype-o-sphère&#8221;). N&#8217;a pas moins de 3000 &#8220;amis&#8221;, auxquels il ne fait que signaler ses faits d&#8217;armes du bout des doigts (essentiellement des expos ou des sorties de livres, parfois un trophée quelconque), en prenant garde de ne jamais répondre aux commentaires d&#8217;admirateurs – toujours inconditionnels et béats. Facebook n&#8217;est pour lui qu&#8217;une vaste galerie virtuelle présentant SES travaux – &#8220;sublimes&#8221; –, en aucun cas un espace de discussion dans lequel il commettrait la bêtise de se mouiller. (D&#8217;ailleurs depuis les cimes où il respire, la mare aux canards est bien trop bas.) Goûte lui aussi la flatterie, voire la vénération, mais, peu enclin à la bataille, efface – censure – toute critique négative à son endroit : il est là pour être le Roi, point. (Heureusement, on peut le contacter par mail pour lui proposer, uniquement, une rétrospective de son oeuvre à Sao Paolo ou a New York (sinon pas de réponse, of course).) [A titre d'info, la moyenne d' "amis" d'un compte Facebook tourne autour de 130 ; le maximum admissible étant de 5000.]</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le dépressif</em>. Souffre visiblement de problèmes personnels ou mentaux, dont il abreuve ses &#8220;statuts&#8221; de longues salves plutôt sombres voire morbides, parfois de manière absconse. De près c&#8217;est à peine inquiétant (on a l&#8217;habitude, il est comme ça depuis que Lucie l&#8217;a quitté), de loin c&#8217;est une curiosité. Ses quelques amis – quand ils sont là – se concertent parfois pour envisager la rédaction d&#8217;un commentaire d&#8217;encouragement à son attention. Car oui, ce serait quand même embêtant d&#8217;assister en direct à son suicide. Allez, t&#8217;en fais pas Bruno, mange une pomme, la vie est belle.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le narcissique</em>. Utilise peu son clavier pour écrire (certains fâcheux ajouteraient : &#8220;et son cerveau pour penser&#8221;). Sa galerie de photos, constamment alimentée et ouverte à tous les vents, le représente lui en grande partie – et à son avantage. Parfois accompagné d&#8217;un chien, au pire d&#8217;un autre humain, il reste le centre, le point focal. Désireux d&#8217;être rassuré sur son physique, il apprécie particulièrement les &#8220;like&#8221;, les coeurs, et surtout les &#8220;wow ! T super beeelle ma chérie !&#8221; (c&#8217;est en général une femme – j&#8217;ai pas dit toujours).</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le mal aimé</em>. C&#8217;est un génie. Le probème : il est le seul à en être persuadé. Ainsi Facebook, ouvert sur le vaste monde, serait la panacée pour accueillir son incontestable talent et ses plus purs desseins. Voyons : ses statuts sont des bijoux de drôlerie et de finesse, ses commentaires sont d&#8217;une pertinence rare, ses longues interventions – répétées –, ses photos, ses textes, ses partages de liens, des modèles d&#8217;intelligence pure, de créativité&#8230; Alors ? Facebook Terre Promise ? Halala. Que non ! Circulez ! Les gens n&#8217;ont même pas lu ! pas vu ! pas pris le temps ! Même pas un seul &#8220;like&#8221; à mon commentaire chez Walter ! (Allez, tiens en v&#8217;là un, fais pas la gueule). Hé oui quel gâchis : c&#8217;était sans compter la nature humaine, mon ami ; sans compter la loi du moindre effort, l&#8217;individualisme galopant, la jalousie, la fatigue générale, les impôts reçus ce matin, toutes ces choses atroces qui empêchent de discerner la Vraie Valeur dans le fatras généralisé du Monde ! De trier le bon grain de l&#8217;ivraie, en somme. Pourtant il essaie, le mal aimé. L&#8217;incompris. Encore et encore (malgré qu&#8217;il a dit mille fois qu&#8217;il ne remettra plus les pieds dans ce cloaque inutile&#8230;).</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le poète</em>. Lui c&#8217;est la version light du mal aimé. Il n&#8217;espère plus rien, ne court après rien, après personne. Après aucun amour que celui des oiseaux. Il a compris. Et compose désormais dans son coin moussu, simplement et au gré du vent (dans les arbres de préférence). Petits textes jolis, photos de nature, vidéos délicates glanées çà et là, qu&#8217;il partage avec ses amis (qui dépassent rarement la centaine – c&#8217;est déjà énorme !). Parfois il disparaît pendant des semaines, c&#8217;en est presque inquiétant, ne serait-il pas allé chasser le papillon ? ou le champignon ? Mais le revoilà soudain, un matin, avec ses petits mots frais qu&#8217;il dépose sur l&#8217;espace rectangulaire de son &#8220;statut&#8221;. Tout va bien dans la brume. &#8220;Est désormais ami avec Prévert.&#8221;</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le dragueur</em>. Meetic est mort, vive Facebook. Là au moins y a de l&#8217;ambiance, des échanges, et c&#8217;est gratuit. On le reconnaît assez vite ce zèbre : il n&#8217;est surtout pas &#8220;en couple&#8221;, encore moins &#8220;marié&#8221;, et 90% de ses (nombreux) amis sont du sexe opposé au sien. Il tente des dizaines d&#8217;approches par jour, compulse les albums photos, ratisse un peu partout, fait des &#8220;demandes d&#8217;amis&#8221; à tours de bras et même jusqu&#8217;en Californie, pour tâcher de trouver la (ou les) perle(s) de ses fantasmes. C&#8217;est un boulot à plein temps. Il lui arrive parfois de se fendre d&#8217;un &#8220;bouquet virtuel&#8221; ou d&#8217;une stupidité du genre. En général il travaille dans le secteur tertiaire (où il est constamment plongé dans FB et sur msn), il est inscrit à une salle de gym, roule en Mégane avec David Guetta à donf&#8217;. C&#8217;est un djeunz de 30-40ans&#8230; Hé ouais quand même. (Comment je sais ça ? ben c&#8217;est écrit sur sa page, dans &#8220;infos&#8221;.)</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le facegeek</em>. Connecté à tous les réseaux et par tous les trous, blogueur multi-récidiviste, frimeur, déconneur, parfois codeur, Facebook n&#8217;est qu&#8217;une toute petite partie de son incessante activité sur le web. (Il parvient quand même à y passer trois heures par jour, en moyenne.) Il n&#8217;a bien évidemment pas 30 ans, bosse dans la com, étudie à Sciences Pô ou à Paris 8, ce genre. Personnage globalement fatiguant et superficiel, parfois consternant, mais néanmoins fort apprécié de ses petits camarades comme il a la boutade facile et la réplique prompte. Yo man ! Bien sûr il a la peau grasse, un brin d&#8217;embonpoint, mais bon on peut pas tout faire dans la vie, hein. Ben wesh ! Nerd alors !</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le petit malin</em>. Que les choses soient claires, on ne sait pas qui il est exactement, et pour cause : il a plusieurs pseudonymes, correspondant à autant de pages perso. &#8220;Prince Malko&#8221; (de Grenoble), &#8220;Sweetie&#8221;(de Lille) et &#8220;Mister Bone&#8221;(de Créteil) sont en fait le même personnage – qui lui ne se dévoile jamais. (Mais qui peut très bien être Francine Dubois, de Clamart, 53 ans, &#8220;en couple&#8221;, etc&#8230;) Eh oui c&#8217;est ça l&#8217;éclatement identitaire. Pour le &#8220;petit malin&#8221;,  volontiers manipulateur, Facebook est une aire de jeux (de rôles) – jeux amusants mais parfois pervers. Comme il est &#8220;plusieurs&#8221;, ses nombreux contradicteurs peuvent être tâclés par ses autres pseudos. C&#8217;est pas bête hein. Dans les cas extrêmes de guérillas à forts enjeux, il agit avec autant d&#8217;adresses IP différentes qu&#8217;il a de pseudos. Un gros boulot. Toute cette mascarade polymorphe prend évidemment un temps fou, c&#8217;est là le problème.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>Le mort-vivant</em>. &#8220;Sans action de votre part&#8221;, vous ne mourez en principe jamais sur un réseau social virtuel. Il faut que votre compte soit supprimé ou désactivé. Ce que n&#8217;a pas eu le temps de faire l&#8217;inscrit qui a eu le grand malheur de se prendre un platane à 240 dans la &#8220;vraie vie&#8221; (cette chienne). Eh oui, on n&#8217;y pense guère mais il y aurait déjà plusieurs millions de trépassés sur Facebook. Du coup, sa page, qui elle n&#8217;a pas bougé depuis son dernier &#8220;statut&#8221;, peut, selon les souhaits de ses proches (ou les siens s&#8217;il a eu le temps de voir venir), continuer à &#8220;vivre&#8221;, le faire vivre, pour autant que quelque âme malicieuse se glisse dans son identité défunte. Bien sûr, il faut qu&#8217;au préalable le gisant ait communiqué ses codes secrets FB (ce que l&#8217;on ne pense pas toujours à faire&#8230;). Parfois le <em>switch</em> passe inaperçu, ça c&#8217;est le fin du fin. (Qui vous dit que <em>Nicolaï Lo Russo</em> ne nous entend pas de Là-Haut ?)</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p><em>(à compléter&#8230;)</em></p>
<div><em><br />
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		<title>La peur</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 21:15:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Life]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Absurdité]]></category>
		<category><![CDATA[Armistice]]></category>
		<category><![CDATA[Gabriel Chevallier]]></category>
		<category><![CDATA[Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre 14-18]]></category>
		<category><![CDATA[La Peur]]></category>
		<category><![CDATA[Plaidoyer contre la guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Tranchées]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Phénomène psychologique, à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience d&#8217;un danger réel ou imaginé, d&#8217;une menace&#8221;, nous dit l&#8217;ami Robert. Je profite de cette date anniversaire de l&#8217;Armistice – 11 novembre – pour parler d&#8217;un livre lu récemment, que j&#8217;ai trouvé poignant et nécessaire. Un grand livre, avec un titre qui frappe [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=2018&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/11/la_peur.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2020" title="La_Peur" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/11/la_peur.jpg?w=450&#038;h=336" alt="" width="450" height="336" /></a></p>
<p>&#8220;Phénomène psychologique, à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience d&#8217;un danger réel ou imaginé, d&#8217;une menace&#8221;, nous dit l&#8217;ami Robert.</p>
<p>Je profite de cette date anniversaire de l&#8217;Armistice – 11 novembre – pour parler d&#8217;un livre lu récemment, que j&#8217;ai trouvé poignant et nécessaire. Un grand livre, avec un titre qui frappe : <em>La Peur</em>. Une fois n&#8217;est pas coutume, il me plaît de rappeler aujourd&#8217;hui l&#8217;existence de cet ouvrage tombé quasiment dans l&#8217;oubli, malgré sa réédition chez Le Dilettante voilà quelque trois ans.</p>
<p>Paru initialement en 1930, non sans difficulté, et écrit par un ancien combattant, Gabriel Chevallier, (à qui l&#8217;on devra quelques années plus tard l&#8217;assez connu <em>Clochemerle</em>), ce brûlot de plus de quatre cents pages décrit par le menu l&#8217;angoisse, la souffrance et la terreur des soldats lors de la Grande Guerre (1914-1918). Davantage récit autobiographique que roman, il parle avec brio de la vie au plus près de la ligne de front, dans les tranchées, les &#8220;boyaux&#8221;, ainsi que des retours &#8220;à l&#8217;arrière&#8221; quand il s&#8217;agit pour les combattants de se faire soigner – avant de repartir sous les pluies d&#8217;obus. On suit, quasiment caméra épaule et pieds dans la boue, c&#8217;est parfois éprouvant mais édifiant, le quotidien de Jean Dartemont, simple soldat ; et ce depuis la Mobilisation jusqu&#8217;à l&#8217;Armistice. Sacré voyage dans la boue et le sang. L&#8217;Enfer.</p>
<p>Boudé par la critique d&#8217;alors et provoquant l&#8217;ire de l&#8217;armée de métier car &#8220;n&#8217;incitant pas au combat&#8221;, ce remarquable ouvrage fut interdit en 1939 pour les raisons que l&#8217;on imagine. Aujourd&#8217;hui, il est toujours absent du <em>Dictionnaire de la Grande Guerre</em> (Laffont, 2008), ce qui, pour un témoignage pareil, reste incompréhensible.</p>
<p>En terme d&#8217;émotion et <em>d&#8217;images</em> ce roman n&#8217;a rien à envier à la fameuse première partie du <em>Voyage&#8230;</em> de L-F Céline (publié deux ans plus tard) ; il est remarquable tant par la langue magnifique de son auteur (précise et simple), que par le courage et la sincérité dont il fait preuve. (Une étude comparative reste à faire entre l&#8217;ouvrage de Céline – du moins la partie concernée –, celui d&#8217;Henri Barbusse (<em>Le Feu</em>), et celui-ci.) Extrait :</p>
<p><em>&#8220;– Répondez donc. On vous demande ce que vous avez fait ! – Oui ?&#8230; Eh bien ! J&#8217;ai marché le jour et la nuit, sans savoir où j&#8217;allais. J&#8217;ai fait l&#8217;exercice, passé des revues, creusé des tranchées, transporté des fils de fer, des sacs de terre, veillé au créneau. J&#8217;ai eu faim sans avoir à manger, soif sans avoir à boire, sommeil sans pouvoir dormir, froid sans pouvoir me réchauffer, et des poux sans pouvoir toujours me gratter&#8230; Voilà ! – C&#8217;est tout ? – Oui, c&#8217;est tout&#8230; Ou plutôt, non, ce n&#8217;est rien. Je vais vous dire la grande occupation de la guerre, la seule qui compte : J&#8217;AI EU PEUR.&#8221;</em></p>
<p>La peur. On parle peu de la peur, pendant la guerre, ce n&#8217;est pas très viril. On n&#8217;osait pas prononcer ce mot devant les jolies infirmières, qui prennent les gars amochés pour des durs. Des héros. On n&#8217;osait encore moins en parler devant ses supérieurs – qui pour certains d&#8217;entre eux, proches du feu, étaient perclus de peur aussi. Tout le monde a peur, face aux mitrailleuses, et chacun garde sa peur dans son ventre, sans rien oser dire. Fallait y aller. Avancer. Gagner du terrain. Alors que oui, la grande occupation de la guerre était d&#8217;y penser sans arrêt, en silence. Une obsession. A tel point que certains soldats se blessaient sérieusement <em>eux-mêmes</em> pour jouir du relatif soulagement de l&#8217;hôpital, et se soustraire temporairement au massacre, à cette atroce hantise de mourir, tripes à l&#8217;air. <em>&#8220;Voici que l&#8217;hôpital est devenu une terre promise&#8221;. </em>Le monde à l&#8217;envers.</p>
<p>De tout cela Gabriel Chevallier parle admirablement, avec les mots qu&#8217;il faut. Peu d&#8217;espoir sinon la peur encore, la peur toujours.<em> &#8220;Dieu ? Allons allons, le ciel est vide comme un cadavre. Il n&#8217;y a dans le ciel que les obus et tous les engins mortels des hommes&#8230; La guerre a tué Dieu aussi !&#8221;</em></p>
<p>Et, aussi, cette haine sourde contre les planqués, les décideurs, les chefs de guerre abrités dans leurs bureaux confortables et hors de portée, qui font durer, durer encore cette chose absurde qui semble ne jamais terminer : <em>&#8220;– Ah ! bon Dieu !&#8230; si on mettait le père Joffre là dans mon trou, et le vieux Hindenbourg en face, avec tous les mecs à brassard, ça serait vite tassé leur guerre !&#8221;. </em>Quelques pages plus loin : <em>&#8220;Si, dans le jour, je tenais au bout de mon fusil, à cent cinquante mètres, un Allemand sans défense, qui ne doute pas que je l&#8217;aperçois, très probablement je ne tirerais pas. Il me semble impossible de tuer ainsi, de sang-froid, commodément accoudé, en prenant bien le temps de viser, de tuer avec préméditation, sans réflexe qui décide de mon geste.&#8221;</em></p>
<p>On comprend pourquoi ce genre de littérature est peu apprécié par certains en période de conflit, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire. Et pourtant. <em>La Peur </em>décrit avec minutie la différence fondamentale entre la réalité du feu, et la réalité presque paisible des stratèges en cols blancs. L&#8217;<em>avant</em> et l&#8217;<em>arrière</em>, le mur perceptif qui les sépare, et l&#8217;incompréhension qui en découle.</p>
<p>Je ne vais pas m&#8217;embarquer dans l&#8217;analyse exhaustive de ce livre (n&#8217;étant pas critique littéraire), ni truffer ce billet d&#8217;extraits et d&#8217;aphorismes (toujours plus efficaces dans leur contexte), mais j&#8217;en conseille avec force la lecture en ces temps de tensions qui sont les nôtres. C&#8217;est une lecture obligatoire, comme peu le sont. Quelques exemplaires <a href="http://www.amazon.fr/Peur-Gabriel-Chevallier/dp/2842631641/ref=sr_1_3?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1321048990&amp;sr=1-3" target="_blank">ici</a>.</p>
<p>J&#8217;aimerais en revanche introduire une notion plus générale, qui m&#8217;est venue en lisant ce chef-d&#8217;oeuvre oublié alors que d&#8217;un autre côté je découvrais avec intérêt un concept développé par le philosophe Jean-Paul Galibert. Les croisements sont parfois féconds.</p>
<p>Dans ses billets consacrés à ce qu&#8217;il appelle &#8220;Ontologie négative&#8221;, Jean-Paul Galibert (dont vous pouvez suivre l&#8217;excellent blog <a href="http://jeanpaulgalibert.wordpress.com/" target="_blank">ici</a>), parle d&#8217;un concept tout à fait intéressant : <em>Les plans de réalité</em>. Qu&#8217;il définit comme suit : <em>&#8220;Le réel s’étage et se pluralise en un nombre indéfini de plans de réalité. Les lieux, temps, groupes humains, si petits soient-ils, forment autant de plans de réalité, dès lors qu’ils peuvent être distingués par des mots, et deviennent donc opposables (&#8230;) La prolifération des plans de réalité est l&#8217;épaisseur et l&#8217;étrangeté du réél.&#8221;</em></p>
<p>Par exemple (je prends la responsabilité de cet exemple, J-P. Galibert me corrigera si nécessaire), la relation qui vous lie à votre chat, si vous en avez un, peut constituer un &#8220;plan de réalité&#8221;. Si vous lui donnez à manger, c&#8217;est à dire si une action particulière – et descriptible – se forme, un nouveau plan de réalité se créé, inscrit dans le premier. Et ainsi de suite, du général au particulier, du plus grand à l&#8217;infiniment petit, à l&#8217;infiniment <em>lointain</em>. La vie, notre vie, serait ainsi constituée de myriades de plans de réalité qui sont autant de relations entre les êtres et les espaces entre eux, avec dans l&#8217;idée que, comme proposait André Dhôtel : &#8220;Un coeur bat dans chaque pierre du chemin&#8221;.</p>
<p>Ce qui à mon sens est remarquable dans ce concept, et ce pourquoi j&#8217;en parle aujourd&#8217;hui dans ce billet sur la peur, c&#8217;est que par essence, si les plans de réalité sont &#8220;opposables&#8221;, ils sont surtout, je crois, <em>incommunicables</em>. Chacun fait l&#8217;expérience d&#8217;un plan de réalité qu&#8217;il perçoit à un temps T en un espace E, mais sans pouvoir communiquer <em>totalement</em> ce qu&#8217;il vit ou a vécu. On peut décrire à autrui un plan de réalité, on peut essayer de mettre celui-ci en évidence, l&#8217;expliquer, le décortiquer pour en faire sentir la substance, mais jamais on ne pourra le <em>faire vivre</em> par cet autrui – qui ne pourra que s&#8217;en approcher par sa propre et éventuelle expérience : car il est unique et personnel, tel une empreinte digitale (j&#8217;ai envie de dire : cérébrale). Chacun est porteur de ses propres plans de réalité.</p>
<p>Ainsi toute lutte, tout combat contre les forces du mal, contre la misère, contre la bêtise humaine, contre l&#8217;injustice ou la maladie, est une expérience de perception incommunicable ontologiquement. A l&#8217;image de ceux qui vécurent de terribles moments (les guerres, les camps de la Mort, les grandes famines, etc.) et dont l&#8217;Histoire nous a fait se figurer le calvaire, on peut comprendre la souffrance et la lutte qu&#8217;on nous décrit ou qu&#8217;on observe, avoir de l&#8217;empathie pour tant d&#8217;adversité, voire vivre juste à côté, mais jamais on ne sera <em>assez près</em>. Jamais. Il y a toujours une distance et cette distance nous sépare de l&#8217;être qui souffre. On est hors plan. Chacun son plan. Ainsi l&#8217;Homme est toujours seul et absolument seul dans ses combats, quels qu&#8217;ils soient. Il est toujours seul sur le front, où ça canarde, où ça craint, la peur au ventre.</p>
<p>Même bien entouré, d&#8217;amour ou d&#8217;amitié, l&#8217;homme qui voit sa fin arriver est seul.</p>
<p><em>Je dédie ce billet à mon père, parti il y a un an à la suite d&#8217;une &#8220;grande guerre&#8221; contre la maladie, et dont je n&#8217;aurai, en vertu de ce qui précède et malgré mon amour, jamais pu m&#8217;approcher d&#8217;</em>assez près<em>.</em></p>
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			<media:title type="html">La_Peur</media:title>
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		<title>New York &amp; roll</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Oct 2011 23:12:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/10/times-square1.jpg"><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-1995" title="Times square" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/10/times-square1.jpg?w=450&#038;h=336" alt="" width="450" height="336" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai passé une petite dizaine de jours à New-York, ça faisait longtemps. Pour flâner, retrouver le vertige de l&#8217;Ouest vertical, le jaune des oeufs, des taxis brouillés, et le turquoise des banquettes en skai. Pour voir, aussi, ce qu&#8217;était devenue la &#8220;ville-outremonde&#8221; depuis que le maire &#8220;Rudy sur l&#8217;oncle&#8221; Giuliani (qui a donné l&#8217;impulsion électrique à l&#8217;actuel Bloomberg) et le &#8220;nine-eleven&#8221; sont passés par là. Je n&#8217;y étais pas retourné depuis la presque fin du XXe siècle, où planait encore l&#8217;ombre poisse de Mean Streets, de Taxi Driver et de toute une flopée de films magnétiques et sanglants.</p>
<p style="text-align:justify;">Je le dis tout de go : New-York est désormais propre et lisse comme une fesse de chérubin. Sacré coup de kärcher, Monsieur le Maire. Bravo. Rien ne dépasse, tout est net, rien ne traîne nulle part. Ni putes, ni mégots, ni soumises, ni papiers gras. C&#8217;est nickel vanadium et sans (mauvaises) odeurs. Quelques rares et silencieux <em>homeless</em> quasi propres rasent les murs impeccables, c&#8217;est tout. Scorcese doit un peu s&#8217;emmerder l&#8217;éponge, je me dis. La crasse c&#8217;est fini. La &#8220;42 ème&#8221; ressemble à l&#8217;Avenue Mozart (Paris), le Bronx doit s&#8217;apparenter à un arrondissement comme, allez, le dix-neuvième (quoiqu&#8217;on égorge encore de temps en temps dans le dix-neuvième, faut faire attention). J&#8217;exagère à peine. Non, vraiment, New-York est la cité d&#8217;aucun danger, sauf celui d&#8217;aller en prison au moindre faux-pas (une sortie matinale de quéquette inopportune par exemple, comme en a fait les frais notre bouillant compatriote&#8230;). C&#8217;est la &#8220;tolérance zéro&#8221;. Evry Ouère.</p>
<p style="text-align:justify;">Le vol, aussi, semble avoir disparu des radars. Nous restâmes sidérés, ma compagne et moi, devant le spectacle stupéfiant d&#8217;un ordinateur portatif trônant seul et fier sur la table d&#8217;une terrasse ensoleillée, en pleine rue ; son propriétaire étant parti répondre à quelques nécessités organiques, une bonne dizaine de minutes. (Faites le test à Paris sur les Grands Boulevards ; laissez votre iPhone sur une chaise, sur une table de bistro, sans surveillance&#8230;) Bon, c&#8217;est vrai que la ville est hérissée de caméras, et qu&#8217;il y a autant de policiers dans les rues de New-York que de pigeons sur les trottoirs parisiens. Ça dissuade.</p>
<p style="text-align:justify;">No smoking. Depuis cet été, outre les terrasses, il est interdit de fumer dans les parcs et les squares. 75 $ d&#8217;amandes salées si un gardien vous voit en allumer une. Direct. En fait il est désormais interdit de fumer partout, sauf dans les rues – où là il est impossible de s&#8217;asseoir, car il n&#8217;y a de banc&#8230; que dans les parcs ! (Une photo rarissime : un petit vieux qui fume sa pipe sur un banc.) Bref, vous fumez debout, sans plaisir, au milieu des passants qui passent et des joggers qui joggent. Ou vous rentrez chez vous si vous avez la chance d&#8217;avoir un appartement où la copropriété accepte les fumeurs (ces grands malades). Nous qui étions à l&#8217;hôtel, avec des détecteurs de fumée bleue dans tous les coins, même pas en rêve tu sors ta tige. Du coup on fume moins. Ou plus. Central Park est un havre de paix où batifolent écureuils, ratons laveurs, myriades d&#8217;oiseaux, cervidés, et même, paraît-il, quelques ours qui seraient revenus (nous n&#8217;avons pas eu la chance de les observer). Enfin vive la Nature. Et l&#8217;Hygiène.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme le New Yorkais ne peut s&#8217;asseoir quand et où il le veut, paisiblement, eh bien il court ou il travaille. (Sauf à s&#8217;asseoir par terre, rester chez lui, ou passer ses journées dans les parcs – à ce titre, Central Park l&#8217;immense, qui comme son nom l&#8217;indique avec pertinence est au centre de Manhattan, bénéficie de plus de 9000 bancs, dont une bonne partie est financée par des donateurs-sponsors pour la bagatelle de 7500 $ par banc, avec petite plaquette-dédicace gravée ad&#8217;hoc ; oui : le citoyen participe beaucoup à l&#8217;agrément de la ville, à la mesure de ses moyens plus ou moins colossaux.) Il court ou il travaille, disais-je. Comme les trottoirs sont larges, il est constant de croiser des joggers en pleine rue, à midi ou à minuit (la ville ne s&#8217;arrête jamais), des vieux, des obèses, des mères avec leur poussette (!), tout le monde court en basket. Après quoi on ne sait pas, mais il court. Hop hop hop. One two, one two, one two. On se surprend à accélérer le pas pour être en rythm&#8217;&amp;blues. A New York on marche des kilomètres sans s&#8217;en apercevoir. Sportif programme. C&#8217;est la ville fitness. Bonnes articulations exigées. Semelles épaisses conseillées.</p>
<p style="text-align:justify;">Le New Yorkais pressé bouge beaucoup donc il mange beaucoup. Et tout le temps. Mais pas n&#8217;importe quoi. Alternance de mets surgas hypercaloriques, et de jus de fruits-légumes hypervitaminés. Les extrêmes. Nous avons en France les baraques à frites, chez eux c&#8217;est, entre autres mais très présentes : les baraques à jus. Pour quelques dollars vous avez un demi-litre de jus de carotte-pamplemousse-persil-framboise (si si !) frais dans la minute papillon. Parfois curieux de goût mais ça fait du bien. Et ça cale. C&#8217;est un peu la spécialité là-bas les roulottes-coupe-faim. Une institution. Du traditionnel hot-dog aux jus-cocktails, en passant par les fabuleux yaourts glacés, on ne fait pas cinquante mètres sans croiser de quoi se sustenter le cornet. Sans compter les vitrines de &#8220;delis&#8221; et autres snacks, qui débordent de viennoiseries extra lourdes et de salades composées (par vous-même). Vous êtes littéralement harcelé de nourriture à tous les coins de rue. D&#8217;autant que New-York ne semble pas connaître les &#8220;heures de repas&#8221; vu que ça turbine jour et nuit. Les restos sont tout le temps pleins. Ça consomme à fond les farines. Fusion-food et tutti quanti. Burp.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce qui surpend dès l&#8217;arrivée – ça, ça n&#8217;a pas changé – c&#8217;est le bruit. Le bruit est partout. Le métro ferraille, les sirènes hurlent, les climatiseurs mugissent, les rues grouillent d&#8217;humains qui vocifèrent dans toutes les langues. Pour le touriste c&#8217;est juste un cap à passer ; il finit par s&#8217;habituer au niveau sonore. Mais pour le résident, l&#8217;organisme, meurtri, à dû s&#8217;adapter. De génération en génération le conduit auditif s&#8217;est durci et le volume de la voix a dû s&#8217;élever et surtout modifier sa fréquence. Ainsi le New Yorkais, par trop volubile (c&#8217;est fou ce qu&#8217;ils parlent, comme dans les téléfilms), est nasillard de naissance, et on l&#8217;entend bien en toute circonstance, sa voix se détache. Hélas, c&#8217;est particulièrement insupportable chez les jeunes femmes qui papotent entre elles (et même les moins jeunes) : fermez les yeux, vous croyez entendre des sortes de mouettes hystériques, peu importe le sujet de la conversation. C&#8217;est tout juste si l&#8217;on a pas envie de s&#8217;approcher muni de quignons de pain, de miettes, voire d&#8217;un guide ornithologique&#8230; Sur le plan sonore, comparé, on peut dire que Paris est une ville tout à fait morte. Ce qui est reposant.</p>
<p style="text-align:justify;">Le New Yorkais, lui, semble ne jamais se reposer. Avec 9% de chômage au compteur officiel, il TRAVAILLE. Tout le monde travaille, boutique, s&#8217;active. C&#8217;est étourdissant. Le taylorisme est roi à tous les étages : Vous entrez dans un restaurant, même quelconque, vous avez six à huit personnes à quatre épingles pour s&#8217;occuper de vous. La première vous accueille, la seconde vous place, la troisième vous apporte le traditionnel verre d&#8217;eau-glaçons (un litre environ), la quatrième vous tend le menu, la cinquième prend la commande et parfois votre pouls, la sixième vous apporte les plats, la septième vous demande si &#8220;everything is all right&#8221;, si vous needez something, si les glaçons ne sont pas trop chauds, etc., la huitième vous soumet l&#8217;addition et encaisse. (Etrangement vous devez pousser la porte vous-même pour repartir, c&#8217;est pénible.) En tout cas c&#8217;est sûr on se sent bien entouré. Tous ces gens travaillent. Ils sont affreusement mal payés, mais grâce à votre généreux &#8220;tip&#8221; obligatoire (15 à 20% de l&#8217;addition, qu&#8217;ils se partagent), ça passe. Coup de génie américain (ou new yorkais, plutôt). Evidemment la moitié de ces travailleurs ne sont pas déclarés (il faut savoir que plus de 20% de la population new-yorkaise est sans papiers&#8230; et que la police n&#8217;a pas le droit de procéder au moindre contrôle d&#8217;identité sans raison évidente). Autrement dit : T&#8217;as pas de papiers mais tu bosses (et tu fous pas le binz), ça va, tu peux rester ; mais si tu chicanes, si tu sèmes le trouble, c&#8217;est dehors manu militari. Exit USA définitivement. On appelle ça éduquer une population, de manière rigide mais sans (trop de) violence. Si tu mérites New York tu restes, sinon t&#8217;es viré sur le champ (et là c&#8217;est pas du coton). Oui, là-bas faut mériter. Ce qui est bien c&#8217;est que tout le monde a l&#8217;air à peu près satisfait, se sent valorisé, car une situation meilleure est toujours possible. Même si c&#8217;est dur. Celui qui a commencé à porter les verres d&#8217;eau dans les restos peut finir patron de chaîne s&#8217;il bosse bien. Un jour il pourra apporter l&#8217;addition, encaisser, ouvrir un resto en face. C&#8217;est la compétition sans plafond. Que le meilleur gagne. (Bien sûr ça ne convient pas à tout le monde, ce système. Celui qui n&#8217;aime pas travailler, ou ne veux pas, n&#8217;a pas de RSA pour survivre, pas d&#8217;aide, rien ; il peut suivre une formation payée par la ville. Ou décamper, allez ouste. En fait on lui laisse le choix. Politique volontariste ; qui de l&#8217;extérieur en tout cas semble dynamiser la ville.) En somme, si vous êtes bien portant et travailleur, New York est faite pour vous. Si vous êtes vieux, malade, ou que vous avez un poil dans la main, c&#8217;est pas le bon plan. (Il n&#8217;est pas rare de se faire conduire par un taxi driver de plus de 70 ans, penché sur son volant mais l&#8217;oeil vif : il doit travailler. Encore et encore et encore. S&#8217;il veut rester.)</p>
<p style="text-align:justify;">Que vous parliez à un asiatique, à un indo-européen, ou à un afro-ricain, vous avez toujours l&#8217;impression de parler à un New Yorkais. C&#8217;est assez étonnant cette impression. (Comparé à Paris, par exemple&#8230;). Mais en fait c&#8217;est tout à fait normal : ils ont la chance d&#8217;avoir construit la ville à peu près en même temps. Et ils sont fiers d&#8217;être là. Ils n&#8217;ont pas de &#8220;bled&#8221; où retourner, ne sont pas en position transitoire ou provisoire. Ils sont New York, man, point. New life in the new city. Cette force, cette assurance, les rend particulièrement aimables envers les étrangers de passage, qui semblent eux toujours un peu perdus. A New York, le quidam même le plus dénué est incroyablement gentil ; il vous aide, vous conduit, vous indique, vous explique, et ce sans compter ni son temps ni son énergie. Par bienveillance, rarement par calcul (sauf à s&#8217;acheter une place au Paradis, comme ils sont très église, ça joue un rôle non négligeable). Sacré contraste avec notre égoïsme de Français plaintifs (qui peut néanmoins se comprendre, vu le désastre social dans lequel on barbote). Prenons-en de la graine, malgré tout. Stay cool.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;argent. L&#8217;argent circule partout. Avec une fluidité inégalée. Tous les moyens de paiements sont acceptés. Tant que c&#8217;est de l&#8217;argent, le feu est vert. Vous pouvez régler en carte de crédit même au marché aux puces, chez le glacier, le vendeur de salades, dans les taxis, partout, et même pour des sommes dérisoires. Il n&#8217;y a pas, nulle part, de &#8220;montant minimum autorisé&#8221;. Pas de stupide blocage improductif. Money is money, man ! Alors vous lâchez des billets verts à tout bout de champ. Un dollars par-ci, un dollar par-là. Au type qui vous a tenu la porte, à celui qui vous a pressé un jus d&#8217;orange avec le sourire (en plus du prix du jus, bien sûr). L&#8217;argent à New York, c&#8217;est la survie. Take the cash or die. Alors c&#8217;est sûr que ça formate un peu l&#8217;esprit. Nous, qui avons si peur de l&#8217;argent (quand encore on en a), ça nous désarçonne les habitudes. On a un peu de peine au début avec cette distribution permanente de billets verts, on a la main qui hésite. Distribution qui se trouve être tout simplement un échange. Sorte de bénévolat rémunéré. C&#8217;est vrai que ça aide. Et ça marche. $$$.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans cette logique, je me suis demandé aussi comment fonctionnaient les artistes, les peintres, les plasticiens, ce genre. Eh bien pour un nombre grandissant d&#8217;entre eux, qui ne sont pas loin des récents &#8220;indignés&#8221; de Wall Street, on vend désormais dans la rue. A l&#8217;emporté. Et sans galerie. Plus besoin. Ils en ont marre de ce passage obligé pour être soit disant crédibles, devoir attendre des années. Fi du parcours institutionnel propre à nos contrées encombrées (et bien gardées). A New York si t&#8217;es un bon peintre tu vends. Si t&#8217;es mauvais tu vends pas. C&#8217;est tout simple. Pas de snobisme ici, ni de castes. La notoriété se construit par les ventes. J&#8217;ai discuté avec un type qui avait garé son van dans une rue animée de Greenwich ; il avait disposé ses grandes toiles (plutôt pas mal) le long de son véhicule, en avait posées quelques unes sur le mur, en face. Une mini expo à ciel ouvert. La veille il avait &#8220;fait&#8221; 7000 dollars. Sans passer ni par une &#8220;foire&#8221; où il faut payer un rein l&#8217;emplacement, ni par rien du tout. &#8220;Fuck the gallerists&#8221; me disait-il en mangeant une banane. Galeristes qui prennent jusqu&#8217;à 70% des ventes, comme chacun sait. Pour le moment, la ville &#8220;laisse faire&#8221;, gratuitement. Si tu fous pas le chnuffzak, que t&#8217;es sérieux (et il l&#8217;était), ça anime le quartier, bling pop, c&#8217;est cool. Ça fait venir les gens, ça fait fonctionner le bu$ine$$. Il y a même des artistes cotés qui viennent parfois exposer et vendre là, sur le trottoir. &#8220;Que ça commence à énerver sérieux les intermédiaires&#8230;&#8221; s&#8217;est il enfin esclaffé de son gros rire d&#8217;américain fructivore. Il m&#8217;a donné sa carte, avec son site internet, tout le tremblement. Un mec très organisé, en costume. Et qui semble vivre dans le confort sa trottoirisation.</p>
<p style="text-align:justify;">(Mais mon Dieu, merde, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on attend, ici en France ? Y en a plein des bons artistes qui crèvent la dalle ; alors que de vulgaires faiseurs tirent les marrons du feu ! Tout est trop codé, trop filouté, trop mou du plexus, ce doit être ça. On a perdu la gagne.)</p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement, on a de bons croissants, nous.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce billet étant un peu long de l&#8217;instestin, je reporte à une autre fois mon désir d&#8217;exprimer en ces lignes mon sentiment sur un &#8220;giant store&#8221; qui m&#8217;a particulièrement marqué à New York : M&amp;M&#8217;s, le roi de la pastille choco. Du marketing (et du merchandising) à l&#8217;américolor, porté à son paroxysme d&#8217;efficacité à la vanille. Un must du genre. Il fera l&#8217;objet d&#8217;un billet au fond du couloir à gauche (sous l&#8217;extincteur).</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Note : Que le lecteur entende bien avoir lu une vision totalement ajournalistique et subjective de Nouyorque, peu approfondie, partisane ou possiblement exagérée, de ce qui fut pour moi une succession de moments formidables et vibrants, passés avec ma dulcinée dans une ville abyssale et toujours mystérieuse, lors d&#8217;un séjour finalement trop bref. Ah oui une chose : Il n&#8217;y a pas d&#8217;ours vivants à Manhattan autres que ceux magnifiquement conservés dans les inoubliables dioramas du </em>American Museum of Natural History.</p>
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		<title>Leurs mots oubliés</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 21:25:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[insolite]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans les dictionnaires, les ouvrages érudits, il est fréquent de trouver quantité d&#8217;aphorismes, de citations, de formules, de pensées brillantes distillées par des personnages plus ou moins célèbres, et dont on leur reconnaît en général une fameuse intelligence. Mais c&#8217;est oublier les propos pour le moins étonnants, parfois truculents, qui ont pu sortir de la bouche [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1969&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/09/einstein-et-le-sel.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1970" title="Einstein et le sel" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/09/einstein-et-le-sel.jpg?w=450&#038;h=346" alt="" width="450" height="346" /></a></div>
<div style="text-align:center;">
<p style="text-align:justify;">Dans les dictionnaires, les ouvrages érudits, il est fréquent de trouver quantité d&#8217;aphorismes, de citations, de formules, de pensées brillantes distillées par des personnages plus ou moins célèbres, et dont on leur reconnaît en général une fameuse intelligence. Mais c&#8217;est oublier les propos pour le moins étonnants, parfois truculents, qui ont pu sortir de la bouche sagace de ces même personnages et que l&#8217;histoire, pour de sombres raisons qu&#8217;on évitera de discuter, n&#8217;a pas jugé bon de retenir.</p>
<p style="text-align:justify;">Après quelques recherches assez laborieuses sur les rivages les plus reculés de l&#8217;Internet, et ceux tout aussi lointains de ma mémoire, il m&#8217;est apparu un florilège de ces remarquables paroles.</p>
<p style="text-align:justify;">En voici quelques unes, parfois brèves, mais – espérons que vous en conviendrez –, savoureuses :</p>
<p style="text-align:justify;">(Par facétie, je me suis accordé deux ou trois permutations (pas plus !). Saurez-vous, joueurs que vous êtes, rétablir les quelques attributions erronées ?)</p>
<p style="text-align:center;">**********************</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Rien de tel qu&#8217;une bonne nuit de sommeil.&#8221;</em> (Abraham Lincoln)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Il y a la main, puis le coude, et enfin l&#8217;épaule.&#8221;</em> (Le Corbusier)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Par l&#8217;escalier ! Par l&#8217;escalier !&#8221;</em> (Gaston Gallimard)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Pensez au lecteur qui pourrait interrompre sa lecture.&#8221;</em> (Jacques Mesrine)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;C&#8217;est à vous, je crois, cette écharpe.</em>&#8221; (Victor Hugo)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Le steak haché se garde moins longtemps.&#8221;</em> (Stanley Kubrick)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Un accident ça peut arriver comme ça, n&#8217;importe quand.&#8221;</em> (Louis Pasteur)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;On reçoit toujours le courrier un peu avant midi.&#8221;</em> (Agatha Christie)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;En 43, le gros orteil touche.&#8221;</em> (Fabrice Lucchini)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Leur nombre a explosé ;  terrible cette odeur.&#8221;</em> (Michel Houellebecq)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Les feuilles mortes bouchent la grille et ça ne s&#8217;écoule pas.&#8221;</em> (Karl Lagerfeld)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Je n&#8217;ai jamais cru à cette histoire de raviolis.&#8221;</em> (Albert Einstein)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;L&#8217;ammoniaque est la solution aqueuse du gaz ammoniac.&#8221;</em> (Estelle Lefebure)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Ça risque de péter, rentrons les poufs.&#8221;</em> (Haroun Tazieff)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Faut se détendre.&#8221;</em> (Gérard Depardieu)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;On n&#8217;imagine pas la taille que ça peut avoir un chou-fleur.&#8221;</em> (Jacques-Yves Cousteau)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;J&#8217;aime bien la musique.&#8221;</em> (Zinedine Zidane)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;La fourchette se met à gauche.&#8221;</em> (David Guetta)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Un bon tiens vaut mieux que partir à point.&#8221; </em> (Jean-Philippe Dussol)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;L&#8217;ampoule du frigo, ça se change.&#8221;</em> (Neil Armstrong)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Fait chier ces moustiques.&#8221;</em> (Jacques Chirac)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Pendant la cuisson du saumon, on peut téléphoner.&#8221; </em>(Liliane Bettencourt)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;En ouvrant la bouche ça irait mieux, déjà.&#8221; </em> (Edouard Manet)</p>
<p style="text-align:center;"> *</p>
<p style="text-align:center;"><em>&#8220;Le ciel est bleu.&#8221;</em> (Charlotte Gainsbourg)</p>
</div>
<div style="text-align:center;">*</div>
<div style="text-align:center;">(&#8230;)</div>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brossegherta.wordpress.com/1969/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brossegherta.wordpress.com/1969/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1969&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Einstein et le sel</media:title>
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		<title>Tableau noir (3)</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Sep 2011 13:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conso]]></category>
		<category><![CDATA[Pub]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tableau noir]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1958&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/09/respirer.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1964" title="Tableau-3" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/09/tableau-31.jpg?w=450&#038;h=337" alt="" width="450" height="337" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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			<media:title type="html">Nicolaï Lo Russo</media:title>
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			<media:title type="html">Tableau-3</media:title>
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		<title>Retina, serial killer</title>
		<link>http://brossegherta.wordpress.com/2011/08/22/retina-serial-killer/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Aug 2011 16:42:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Conso]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[écran Retina]]></category>
		<category><![CDATA[iPhone]]></category>
		<category><![CDATA[iPad3]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[fin du papier]]></category>
		<category><![CDATA[écran haute définition]]></category>
		<category><![CDATA[screen generation]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous voici plongés dans une polémique qui n&#8217;a pas tout à fait fini de faire « couler de l&#8217;encre » – encore que l&#8217;encre se voit détrônée par des pixels depuis un moment déjà – : Le match Ecrans vs Papier. L&#8217;ère des écrans va-t-elle définitivement, irrémédiablement, remplacer celle du papier ? Avec des questions [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1941&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/08/bibliothc3a8que.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1942" title="Bibliothèque" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/08/bibliothc3a8que.jpg?w=450&#038;h=339" alt="" width="450" height="339" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">Nous voici plongés dans une polémique qui n&#8217;a pas tout à fait fini de faire « couler de l&#8217;encre » – encore que l&#8217;encre se voit détrônée par des pixels depuis un moment déjà – : Le match Ecrans <em>vs</em> Papier. L&#8217;ère des écrans va-t-elle définitivement, irrémédiablement, remplacer celle du papier ? Avec des questions corollaires du type : Quelle est désormais l&#8217;espérance de vie d&#8217;une librairie (traditionnelle) ? Est-il toujours pertinent d&#8217;investir dans une imprimante ? (voire dans une imprimerie&#8230;)</p>
<p align="JUSTIFY">Pour le moment on peut parler de « cohabitation » douce ; l&#8217;offre se dédouble, non sans allégresse. Nombre de livres, de magazines (et de publicités), existent tant sous forme analogique que numérique. Présence physique de « l&#8217;objet », ou présence immatérielle des « pages écran ». Et l&#8217;on choisit un peu ce qu&#8217;on veut, selon nos habitudes, nos préférences, notre budget ; selon aussi la place dont on dispose sur nos étagères&#8230; (et là ça se complique assez vite, quand on consomme beaucoup&#8230;)</p>
<p align="JUSTIFY">Dans ce combat technologique, j&#8217;ai toujours cru dans la victoire du papier. Je me disais que son odeur, sa présence fibreuse, le bruit-que-ça-fait-quand-on-tourne-la-page, faisaient la différence ; et puis cet <em>objet livre</em> c&#8217;est quand même quelque chose. Un livre, oui, avec la reliure, le soin apporté à la couverture, le vernis UV ah comme c&#8217;est beau. Comme ça claque. C&#8217;est irremplaçable je me disais. Ce fétichisme.</p>
<p align="JUSTIFY">Jusqu&#8217;à hier soir.</p>
<p align="JUSTIFY">Hier soir mon avis s&#8217;est tranché de manière quasiment définitive en faveur de l&#8217;écran, après, il faut le dire, une certaine période de latence. Ça avait débuté l&#8217;an dernier en juillet ce doute, ce questionnement métaphysique, lors de mon acquisition d&#8217;un iPhone4. Ce petit outil de communication conçu par Apple, ma foi bien pratique – j&#8217;en suis devenu comme beaucoup inséparable – a une caractéristique qui peut paraître anodine aux yeux de certains, mais qui selon moi se révèle capitale : la qualité extraordinaire de son écran <em>Retina</em>. On est très au-dessus de n&#8217;importe quel écran d&#8217;ordinateur (bureau ou portable). La technologie IPS permet de monter ici à 324 ppp (pixels par pouce) – je n&#8217;entre pas dans les détails rébarbatifs, pas d&#8217;inquiétude –, plaçant le rendu (contraste, netteté, et surtout modelé) au-dessus d&#8217;un tirage photo ou d&#8217;une page de livre d&#8217;images « bien imprimées »&#8230; Outre que, RVB oblige, le rendement lumineux, par nature additif, est supérieur à celui de n&#8217;importe quelle impression (lumière dite soustractive). D&#8217;aucuns ont pu d&#8217;ailleurs remarquer combien la « présence » d&#8217;une image (entendre son « réalisme ») était plus importante sur un écran (même d&#8217;assez mauvaise qualité) que sur une photographie ou une reproduction.</p>
<p align="JUSTIFY">Je ne connais pas de personne ayant regardé une photo sur un écran <em>Retina</em> qui ne s&#8217;est pas dite « bluffée ».</p>
<p align="JUSTIFY">Or il se trouve que Apple, dans sa grande mansuétude et selon des rumeurs tout à fait vraisemblables rapportées récemment par le Wall Street Journal, s&#8217;apprête à munir de cet écran <em>Retina</em> la gamme de ses iPad ! (<em>iPad3</em> printemps 2012, paraît-il). Comme c&#8217;est gentil. Je me disais bien que cette belle qualité n&#8217;allait pas rester cantonnée à un écran si petit (celui de l&#8217;iPhone)&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">Ce n&#8217;est pas qu&#8217;une bonne nouvelle : c&#8217;est une révolution.</p>
<p align="JUSTIFY">Révolution amorcée, au grand dam de certains, avec les « liseuses » et autres e-book, vous savez ces petits boîtiers numériques qui vous permettent (ou vont vous permettre) de transporter votre bibliothèque partout&#8230; (Mais pour les liseuses je me disais bon, ce ne sont que des fichiers pdf, la typo vectorielle ok c&#8217;est bien net, aussi net que dans les livres imprimés, mais l&#8217;image ? Si la qualité et surtout la taille de l&#8217;image ne suit pas, il y aura toujours des livres illustrés de « magnifiques photos » !&#8230; Ça existera toujours !&#8230; Que dire des magazines ? La même chose. Je me disais que les liseuses ne remplaceront jamais les livres, les « vrais livres ».)</p>
<p align="JUSTIFY">Et puis là hop ! un sacré tournant s&#8217;amorce. Parce que cette technologie IPS, bien entendu, ne va pas s&#8217;arrêter en si bon chemin. Des écrans de plus en plus grands, donnant des images de plus en plus parfaites, réalistes, vont envahir nos vies (nos cartables, nos tables, nos murs&#8230;).</p>
<p align="JUSTIFY">Alors oui le problème du prix. Souvenez-vous les imprimantes de bureau : au début des années 90 c&#8217;était assez cher. Puis peu à peu ils nous les ont presque données ces imprimantes, le prix a chuté : ce sont les « consommables », les cartouches et le papier qui sont devenus chers. Classique.</p>
<p align="JUSTIFY">Pour les « tablettes » numériques, continuité réjouissante – et ironique – des antiques tablettes d&#8217;argile, comme pour l&#8217;heure le prix est manifestement un frein (tout le monde ne dispose pas de plusieurs centaines d&#8217;euros juste pour s&#8217;informer), il est à parier qu&#8217;un tour de passe-passe marketing sera inventé pour les rendre tout à fait abordables. Le prix d&#8217;un abonnement à votre magazine préféré, par exemple, guère plus. Le contenu finit souvent par financer le support. Un jour les tablettes seront distribuées « gratuitement »&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">Ce que je vois disparaître dans un avenir assez proche (allez, on va dire un maximum de quinze ans, histoire que la nouvelle (<em>screen</em>) génération de « geeks » prenne le pouvoir) :</p>
<p align="JUSTIFY">• Les kiosques à journaux&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">• Les librairies. (Les seules échoppes qui subsisteront seront des librairies d&#8217;ouvrages rares, d&#8217;occasion, et très spécialisées – seul endroit d&#8217;ailleurs où le « conseil du libraire » n&#8217;est pas un vain mot.)</p>
<p align="JUSTIFY">• IKEA supprimera son espace « bibliothèques, étagères, serre-livres, etc.», devenu désert.</p>
<p align="JUSTIFY">• Les tireuses « minilab » et leur satanés « 13&#215;18 » qui engorgent les boîtes en cartons dont le couvercle ferme toujours mal.</p>
<p align="JUSTIFY">• Les galeries de « photographie contemporaine » dont les onéreux tirages encadrés « sous diasec » ne se vendront plus, car trop encombrants et ne présentant chacun qu&#8217;une seule image fixe. (On préférera de loin se doter d&#8217;un grand écran type <em>Rétina</em> et passer les images de l&#8217;artiste au gré de l&#8217;humeur, pour un meilleur confort visuel et plastique.) D&#8217;ailleurs les musées et autres galeries de renom feront l&#8217;acquisition de dizaines d&#8217;écrans « qualitatifs » pour présenter leurs expositions : sauf exception(s), finis les fastidieux « accrochages-décrochages », tout se fera par fichiers numériques HHD (Hyper High Definition), en quelques clics et en cinq minutes.</p>
<p align="JUSTIFY">• La profession de « colleur d&#8217;affiches ».</p>
<p align="JUSTIFY">• Les cartes routières accordéon (qu&#8217;on ne parvient jamais à replier convenablement&#8230;)</p>
<p align="JUSTIFY">(J&#8217;en oublie, il y en a plein&#8230;)</p>
<p align="JUSTIFY">Sans compter les bouleversements que va connaître l&#8217;industrie du papier et de l&#8217;impression. Des secteurs entiers seront abandonnés. Redéfinis.</p>
<p align="JUSTIFY">Ça fait pas mal de trucs qui vont disparaître non ? On peut considérer cette affaire d&#8217;écrans comme un « sous dossier » du basculement numérique, mais c&#8217;est tout de même une petite révolution&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">(Oui, oui, je sais : « Et l&#8217;énergie dans tout ça ? Sacrée facture d&#8217;électricité tous ces écrans dans la ville ! » – Je pense que l&#8217;amélioration des capteurs solaires et des batteries (énergies autonomes) devrait y pourvoir.)</p>
<p align="JUSTIFY">D&#8217;ici là, le débat continue&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">(Note : je fais volontairement l&#8217;impasse sur les « habitudes de lecture à l&#8217;aube du Troisième millénaire », sujet sociologique en soi, mais qui pourra faire l&#8217;objet d&#8217;un autre billet ; on peut par contre en discuter.)</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brossegherta.wordpress.com/1941/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brossegherta.wordpress.com/1941/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1941&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
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		<title>36 degrés à Paris</title>
		<link>http://brossegherta.wordpress.com/2011/06/27/36-degres-a-paris/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Jun 2011 18:49:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Hors catégorie]]></category>
		<category><![CDATA[insolite]]></category>
		<category><![CDATA[Video]]></category>
		<category><![CDATA[36 degrés à Paris]]></category>
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		<description><![CDATA[Image/son : Nicolaï Lo Russo ©2003 ; petit souvenir de circonstance&#8230;<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1936&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<object width="425" height="334"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x104yc"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><param name="wmode" value="opaque"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x104yc" width="425" height="334" allowfullscreen="true" wmode="opaque"></embed></object>
<p>Image/son : Nicolaï Lo Russo ©2003 ; petit souvenir de circonstance&#8230;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brossegherta.wordpress.com/1936/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brossegherta.wordpress.com/1936/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1936&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Nicolaï Lo Russo</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Ouv&#8217;la fenêtre, ma caille&#8230;</title>
		<link>http://brossegherta.wordpress.com/2011/05/31/ouvla-fenetre-ma-caille/</link>
		<comments>http://brossegherta.wordpress.com/2011/05/31/ouvla-fenetre-ma-caille/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 May 2011 15:08:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conso]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Nature]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[abattage]]></category>
		<category><![CDATA[barbarie moderne]]></category>
		<category><![CDATA[cailles]]></category>
		<category><![CDATA[caisson à euthanasie]]></category>
		<category><![CDATA[protection des animaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Amateur de volaille, je mangeais l&#8217;autre jour des cailles (c&#8217;est très bon, très fin), et je me demandais comment elle étaient arrivées dans mon assiette. Je veux dire : comment elles avaient vécu et comment elles étaient décédées. (Parfois ça me prend de songer au destin des animaux, des insectes, des plantes, voire des cailloux.) [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1913&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/05/caille_turque.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1914" title="caille_turque" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/05/caille_turque.jpg?w=450" alt=""   /></a></p>
<p>Amateur de volaille, je mangeais l&#8217;autre jour des cailles (c&#8217;est très bon, très fin), et je me demandais comment elle étaient arrivées dans mon assiette. Je veux dire : comment elles avaient vécu et comment elles étaient décédées. (Parfois ça me prend de songer au destin des animaux, des insectes, des plantes, voire des cailloux.) Brève enquête : Elles ont eu une vie pas terrible : courte, très agitée, et sont mortes par étouffement. Oui : industriellement, on tue en général les petits gallinacés par étouffement. C&#8217;est simple et efficace : on les met dans une grande boîte hermétique (avec hublot de contrôle), bien serrés, et on fait le vide d&#8217;air. Ça fait juste un peu de bruit dans la boîte au début, il y a de l&#8217;agitation, des petits cris, mais le silence finit par se faire. On réouvre grand la boîte et voilà, c&#8217;est prêt ; on plume à la cire, on éviscère et on emballe (avec la tête). C&#8217;est sûr que c&#8217;est moins contraignant que de les attraper un par un pour leur tordre le cou, ces oiseaux &#8220;Label Rouge&#8221;. Ou leur mettre une balle dans la tête, qu&#8217;ils ont petite. C&#8217;est sûr.<br />
Mais bon, y a un truc qui me chagrine tout à fait dans cette histoire d&#8217;étouffement collectif. D&#8217;autant que dans certains cas l&#8217;abattage se fait au dioxyde de carbone, selon un protocole dit &#8220;à atmosphère contrôlée&#8221; ; c&#8217;est un poil plus rapide.</p>
<p>(Ce <em>modus operandi</em> sévit en France aussi sur les pigeons, soi-disant en &#8220;surnombre&#8221;. Et qu&#8217;on gaze discrètement dans les communes.)</p>
<p>Parce qu&#8217;autrement, au niveau de l&#8217;élevage disons familial, dans des &#8220;unités de production&#8221; plus modestes, la technique d&#8217;abattage des cailles diffère. Une visite bucolique des forums fermiers consacrés au sujet nous renseigne :</p>
<p>Quelques extraits (orthographe et syntaxe corrigés) :</p>
<p>&#8220;Moi je les lance violemment par terre. C&#8217;est une technique simple, sauf qu&#8217;elles se cassent souvent une aile ou deux au moment du choc. C&#8217;est pas trop gênant pour les manger, mais c&#8217;est l&#8217;aspect pour la vente qui laisse un peu à désirer car à l&#8217;endroit de la cassure, il y a un gros hématome.&#8221;</p>
<p>&#8220;Moi je leur tord le cou. J&#8217;attrape la tête et je tourne, ça casse la colonne.<br />
Et ensuite je les saigne.&#8221;</p>
<p>&#8220;Je sais que pour les cailles, il existe un assommoir électrique, mais je ne sais pas si ça fait une grosse différence. Car j&#8217;ai déjà essayé de les assommer avant la guillotine et ça leur fait deux fois un choc car les cailles sont très solides. Elles sont donc plus souvent étourdies qu&#8217;assommées.&#8221;</p>
<p>&#8220;Personnellement,  je les tiens dans une main et leur assène un coup de gourdin derrière la nuque. Ensuite je coupe la tête avec une paire de ciseaux très affûtée. Je les plume quand le corps est encore tiède. [...] Ensuite, je les vide. Il ne reste plus qu&#8217;à les cuisiner&#8230;&#8221; (<em>jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elles avouent</em>, ai-je envie d&#8217;ajouter).</p>
<p>&#8220;Pour l&#8217;abattage, je les tiens aussi dans ma main mais c&#8217;est au moment du coup sur la tête que parfois ça se passe mal. [...] Les miennes ont une faiblesse au niveau du squelette. Faudrait que je donne plus de minéraux.&#8221;</p>
<p>Avant de les présenter &#8220;nues sous film&#8221;.</p>
<p>Vendredi, c&#8217;est poisson.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brossegherta.wordpress.com/1913/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brossegherta.wordpress.com/1913/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1913&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>&#8220;Artiste&#8221;, mot tabou</title>
		<link>http://brossegherta.wordpress.com/2011/04/15/artiste-mot-tabou/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Apr 2011 16:43:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[insolite]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Condition de l'artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mots désuets]]></category>

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		<description><![CDATA[Slip d&#8217;artiste ; env. 2000 ans ap. J-C. ©Musée de la Disparition. C&#8217;est une prise de conscience toute récente et personnelle de la vétusté du mot « artiste » qui est à l&#8217;origine de ce billet. Ce n&#8217;est pourtant pas rien comme mot : ARTISTE ! Magicien des clairs-obscurs ! Mille formes, mille couleurs, palette infinie !  [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1895&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/04/slip_artiste.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1896" title="slip_artiste" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/04/slip_artiste.jpg?w=450&#038;h=337" alt="" width="450" height="337" /></a><em>Slip d&#8217;artiste</em> ; env. 2000 ans ap. J-C. ©Musée de la Disparition.</p>
<p>C&#8217;est une prise de conscience toute récente et personnelle de la vétusté du mot « artiste » qui est à l&#8217;origine de ce billet. Ce n&#8217;est pourtant pas rien comme mot : ARTISTE ! Magicien des clairs-obscurs ! Mille formes, mille couleurs, palette infinie !  Prince des nuances ! Artiste ! Fais nous rêver encore, lance-toi dans l&#8217;azur avant que le temps soit vieux !</p>
<p>L&#8217;UNESCO, dans sa <em>Recommandation relative à la condition de l&#8217;artiste</em> (adoptée à Belgrade, le 27 octobre 1980), en donne la définition suivante, internationale : « On entend par <em>artiste</em> toute personne qui crée ou participe par son interprétation à la création ou à la recréation d&#8217;œuvres d&#8217;art, qui considère sa création artistique comme un élément essentiel de sa vie, qui ainsi contribue au développement de l&#8217;art et de la culture, et qui est reconnue ou cherche à être reconnue en tant qu&#8217;artiste, qu&#8217;elle soit liée ou non par une relation de travail ou d&#8217;association quelconque. »<br />
Une bien belle définition.<br />
Depuis un certain nombre d&#8217;années, et en ce qui concerne modestement nos gauloises latitudes, je sentais pourtant que ce joli mot ne fleurait ni la première fraîcheur, ni la nouveauté, qu&#8217;il y avait même un côté désuet dans ce vocable, mais là, avec ce qui va suivre et que je vais vous conter, j&#8217;ai pris en pleine face tout le redoutable, le funeste, que recèle cet « artiste » pourtant séculaire et bien arrimé à tous les dictionnaires.</p>
<p>Voyons donc cela.</p>
<p>Il y a une semaine, dans le cadre de mon projet <a href="http://statart.wordpress.com/six-millions/" target="_blank">SIX MILLIONS</a> (dont j&#8217;en suis à établir le délicat budget prévisionnel), je sélectionne, puis contacte quelques boîtes de <em>web design</em> susceptibles de me fournir un devis pour un site de financement participatif (je n&#8217;entrerai pas ici dans les détails). Le mail que je leur adresse, un mail bien fourni et complet, commence, après les politesses d&#8217;usage, par « Artiste plasticien résidant à Paris, je suis porteur d&#8217;un projet d&#8217;une certaine ampleur et je suis à la recherche de&#8230; etc. etc. &#8230; »</p>
<p>Stop ! Stop ! Grosse erreur ! Il y en a même déjà deux, d&#8217;erreurs !&#8230; Stop !</p>
<p>Première erreur (sur laquelle on ne s&#8217;attardera pas) : quand on s&#8217;adresse pour un appel d&#8217;offres à une entreprise moyenne à grande (genre qui s&#8217;occupe du site web du centre Pompidou ou du musée Machin&#8230;), on ne dit jamais « je ». Jamais. Verboten. On dit « nous ».  Oui : <em>nous</em> sommes à la recherche. « Nous » ça fait équipe, ça rassure. Les gens isolés, les lonely maquisards, les petits demandeurs à la voix frêle, ils n&#8217;aiment pas ; ils vous regardent de haut (et encore, d&#8217;un air distrait). David ne s&#8217;adresse pas à Goliath, ça ne se fait pas. C&#8217;est perdu d&#8217;avance. Une entreprise fait appel à une autre, point barre, seul schéma possible dans les <em>business relations</em>. Ce peut être une association, un comité, une société, peu importe, mais un <em>groupe</em> ; si vous n&#8217;avez pas de « groupe » autour de vous, faites mine d&#8217;en avoir un, d&#8217;en inventer un, car si c&#8217;est juste pour vous, vous ne serez pas crédible. A moins bien sûr que vous soyez Jeff Koons, Frank Ribery, ou Léa Seydoux, enfin vous voyez. (Artistes <em>indépendants</em> et méconnus, prenez donc des notes.)</p>
<p>Seconde erreur (qui fait l&#8217;objet principal du billet) : l&#8217;emploi du mot « artiste ». Halala, quelle vilaine bourde. Impardonnable ! À « Artiste plasticien » le mec a déjà décroché. Poubelle. Dingue hein ?! J&#8217;en veux pour preuve accablante ce bref dialogue que j&#8217;ai eu avec le responsable d&#8217;une boîte qui s&#8217;occupe de gros sites dans le secteur de l&#8217;humanitaire et du financement participatif – ce que je cherche ; je rappelais car mon mail demeurait sans réponse depuis cinq jours. J&#8217;ai vite compris pourquoi.</p>
<p><em>(Après un ou deux barrages de secrétaires, le « responsable » prend l&#8217;appel&#8230;)</em></p>
<p>– Oui ?<br />
– Monsieur Dussol ?<br />
– Oui.<br />
– Nicolaï Lo Russo. Bonjour. Je viens un peu aux nouvelles suite à mon envoi d&#8217;un mail qu&#8217;une de vos assistantes m&#8217;a dit vous avoir réexpédié il y a quelques jours&#8230;<br />
– Ouais. C&#8217;était quoi déjà ?<br />
– Un premier contact&#8230; Une demande de devis pour un site d&#8217;une certaine importance&#8230; Un site culturel multilingue avec options de micro-payement, immersion 3D, tout ça&#8230;<br />
– Mmm.<br />
– Ça vous dit quelque chose alors ?&#8230; Il s&#8217;agit d&#8217;un projet inédit de mémorial pour la Shoah&#8230; Je vous ai fait la demande jeudi dernier, avec même le dossier en pièce jointe et&#8230;<br />
– Vous êtes qui vous dites ?<br />
– Nicolaï Lo Russo&#8230;<br />
– Vous êtes une entreprise ? Une collectivité ?<br />
– Oui je&#8230;  enfin non pas exactement&#8230; Je suis moi-même artiste&#8230; artiste plasticien et je&#8230;<br />
– Ah d&#8217;accord&#8230; Ecoutez, nous n&#8217;allons pas donner suite.<br />
– Pardon ?<br />
– Navré, ça ne nous intéresse pas. Bonne chance à vous.</p>
<p><em>(Clac ! Le type raccroche&#8230;)</em></p>
<p>– …</p>
<p>Eh oui ça existe, c&#8217;est pas de la fiction. Ça s&#8217;est passé comme ça, quasi au mot près. Le type a pour ainsi dire réagi <em>allergiquement</em> au mot « artiste ». Un peu comme s&#8217;il avait un morceau de caca collé au combiné. Pouah !<br />
D&#8217;où mon questionnement.<br />
J&#8217;ai donc interrogé mon entourage immédiat, leur demandant ce que pour eux le mot « artiste » évoquait, quelle image ça appelait spontanément dans leur esprit&#8230;</p>
<p>Quelques réactions, remarquables :</p>
<p>« un mec dans la rue, qui jongle » ;<br />
« un squatt » ;<br />
« libre, cool, parfois prise de tête, dans son monde quoi&#8230; » ;<br />
« l&#8217;odeur de la peinture à l&#8217;huile » ;<br />
« un funambule, il essaie de rester sur le fil » ;<br />
« pas quelqu&#8217;un en costard en tout cas, plutôt coloré, avec des fringues pas repassées&#8230; »<br />
« qu&#8217;a pas de thune mais il s&#8217;en fout il crée » (Nous y voilà&#8230; Je me disais bien.)</p>
<p>Le Dieu Argent donc ; coupable absence. Je n&#8217;ai certes pas procédé à un sondage en bonne et due forme, mais c&#8217;est naturellement qu&#8217;a été dessinée une image un peu sépia, romantique, celle de l&#8217;artiste pauvre, vaguement givré, qui va de soupente en soupente avec ses vieux pinceaux ou son saxo. Le Rmiste quoi. Le marionnettiste qui bricole. Je pensais que ça avait un peu évolué mais non.</p>
<p>Alors c&#8217;est sûr que l&#8217;ami Dussol, avec son entreprise hi-tech au capital de 1,5mio d&#8217;euros, quand il m&#8217;a vu arriver, qui plus est en solo, il devait pas trop se frotter les mains&#8230;  Evidemment il n&#8217;a pas voulu perdre dix secondes de plus en ma charmante compagnie (son temps étant de l&#8217;argent), et il a raccroché aussi sec. Clac ! Des claques !</p>
<p>Donc « artiste » serait un mot tabou. Le mot à ne pas prononcer, le mot qui pue du bec.  Dans un bar de Ménilmontant ça passe, mais au téléphone avec un patron ou pour une demande de crédit alors là&#8230; Faut utiliser d&#8217;autres mots coco, y a rien à faire. (Notons que pour un plan drague aussi, à part une groupie de passage c&#8217;est pas terrible non plus, « artiste », surtout si la fille – une trentenaire chic mettons – à envie de s&#8217;installer dans une relation dite « stable et équilibrante »&#8230;)</p>
<p>Sont parfois admis (sur la pointe des pieds) : « concepteur » ; « performer » ; « directeur créatif » ; « réalisateur » ; « plasticien » (sans « artiste » devant ! attention !) ; « image maker » (surtout pas « photographe », mot également en perdition&#8230;) ; « sound designer » ou « compositeur » (surtout pas « musicien », ça sonne trop « barde d&#8217;Astérix » ces temps-ci)&#8230; « Romancier » ça va encore, « écrivain » est sur la sellette&#8230;</p>
<p>Mais « artiste » non, c&#8217;est terminé. Range tes pinceaux camarade.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, à y réfléchir, la « Maison des Artistes », honorable administration créée en 1952 où cotisent les férus de la térébenthine et du poil de martre, devrait songer à revoir sa dénomination. Là on imagine facilement une sorte de masure lézardée et humide, odeur de vernis et de salpêtre mêlés, où traînent des canettes de 8°6 défoncées&#8230; Ça ne fait pas sérieux du tout pour une maison qui délivre le statut « officiel » d&#8217;artiste. « La Cabane de la Barbouille » tant qu&#8217;on y est ! Non, ce qu&#8217;il faudrait c&#8217;est : « Le Bureau des Créateurs », autrement plus dynamique et moderne ! – quoiqu&#8217;inexact. Nous sommes en 2011 voyons, il faut dépoussiérer les mots. (Ah ? Attendez&#8230;  On me dit dans l&#8217;oreillette que plus de 11.000 artistes sont au RSA dans Paris intra-muros (source INSEE). Ben dis donc. Je commence à comprendre l&#8217;ami Dussol&#8230;)</p>
<p>Parce qu&#8217;avant la Crise c&#8217;était tout autre chose ; en octobre 2006 par exemple, on pouvait lire dans le Nouvel Obs : « Fini le mythe de l&#8217;artiste famélique, un vent de folie fait décoller les prix des oeuvres contemporaines. La cote de peintres peu connus dépasse parfois le million d&#8217;euros. Certains artistes deviennent de vrais hommes d&#8217;affaires, les galeries font florès. Et les nouveaux millionnaires russes, chinois ou indiens qui se ruent sur ce marché font aussi flamber les prix de leurs jeunes créateurs. »</p>
<p>Les temps changent n&#8217;est-ce pas ? Maintenant de toute façon tout le monde est « artiste », alors c&#8217;est sûr que ça perd un peu de sa superbe ce mot. De son brillant. L&#8217;artiste c&#8217;est le type qui trifouille avec son ordi et photoshop, tu vois. Qui fait des petits tirages sur son Epson A3+ hors d&#8217;âge, tout ça. Puis qui fait les « Marché d&#8217;Art Contemporain » les dimanche aux beaux jours, où il essaie de placer ses chefs-d&#8217;oeuvre bien encadrés (BHV, 25 €, marie-louise incluse). Coup de rouge et sandwich au pâté. Parfois un accordéon, au loin. On est bien hein Françoise. On est bien.</p>
<p>En fait je commence à bien l&#8217;aimer ce Dussol. Tu sais qu&#8217;t'as raison mon petit père ? J&#8217;aurais jamais dû te dire que j&#8217;étais « artiste », jamais. « Artiss », tiens ! L&#8217;entrée des artiss ! Ni dans mon mail, ni au téléphone, ni nulle part. Artiste c&#8217;est caca, c&#8217;est tout petit petit ; ça vaut que dalle, c&#8217;est très très pauvre. Par ici la sortie, l&#8217;artiss ! D&#8217;ailleurs voilà comment je vais le rédiger mon prochain mail à tes confrères de start-up, tes potes formatés Jaguar-Rolex,  écoute bien : « Bonjour. Porteurs d&#8217;un projet culturel à haute valeur symbolique et sociale, nous disposons d&#8217;un budget confortable et sommes à la recherche d&#8217;une entreprise dynamique et innovante, qui assurera la conception de notre site web à l&#8217;international. Nous avons le plaisir de vous annoncer, eh oui, que vous faites partie de la short-list des meilleurs acteurs que nous avons sélectionnés&#8230;  etc etc&#8230; »</p>
<p>– C&#8217;est qui « nous » ?<br />
– Nous ? Ben ma maman, ma copine, mon chat Lumo et moi ! Ducon !</p>
<p><em>Artiste</em>. n.m. vx. Désignait autrefois un individu, généralement isolé, qui s&#8217;adonnait à l&#8217;un des beaux-arts. Au cours du XXIe siècle, il disparaîtra progressivement au profit de l&#8217;<em>entrepreneur-technoplastique</em> (ETP).</p>
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		<title>2011 l&#8217;innovante</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jan 2011 01:29:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conso]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<category><![CDATA[Flèche du temps]]></category>
		<category><![CDATA[Inventions]]></category>
		<category><![CDATA[progrès]]></category>
		<category><![CDATA[Prospective]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/01/img_1023.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1872" title="IMG_1023" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2011/01/img_1023.jpg?w=450&#038;h=336" alt="" width="450" height="336" /></a><br />
2010, que d&#8217;aucuns pressentaient comme néogène (pardon : génératrice de nouveauté), a vu la création s&#8217;embourber dans la redite, la revisite, la resucée. La re-re-re. Bref : dans l&#8217;affligeant ennui. Et ce n&#8217;est pas les quelques voitures électriques en forme d&#8217;oeuf de grue ni l&#8217;iPhone4 qui nous feront changer d&#8217;avis, n&#8217;est-ce pas. Ni bien sûr la soporifique collection été de Rolf-Hussein McSchmittendonck, où le gris remplace son copain le beige. Encore moins l&#8217;économe à pastèque de Starck le Malin. Sans parler de la chansonnette de&#8230; du roman-ruisseau de euh&#8230; (qui vous voulez, y a le choix). Non, soyons clairs : on s&#8217;est copieusement emmerdés sous les sunlights et dans les chômières (mot-valise), de Tokyo à Goussainville et de Capetown à Zvovsk-plage. (La preuve : on a reparlé de Patrick Juvet.)</p>
<p>Cependant, pour 2011-2012, certains observateurs et chasseurs de tendance très au courant – comme moi (mais bon moi c&#8217;est normal : la prospective ultra-futur c&#8217;est un peu mon métier&#8230;) – annoncent quelques innovations cette fois résolument novatrices. Eh oui. Enfin du vrai Nouveau. Et j&#8217;ai le très grand plaisir, en tant que membre à vie du Comité Supérieur du Jugement, de vous faire part de l&#8217;existence prochaine (sur nos marchés européens) d&#8217;un certain nombre de réjouissances technologiques et diablement excitantes. Le magazine <em>Science &amp; Vie</em> leur consacrera d&#8217;ailleurs un numéro Spécial Progrès l&#8217;automne prochain, mais comme sur le web éclairé on est toujours un peu en avance, en voici (brièvement) déjà trois en avant-première.</p>
<p>Le « Music Plate »</p>
<p>Surgi des profondeurs corticales des plus éminents chercheurs du MIT (Massachusetts Institut of Technology), le Music Plate est l&#8217;aboutissement d&#8217;un programme mené depuis 1994 sur ce que les spécialistes appellent <em>la consistance phonique isobare</em> (à savoir la matérialisation d&#8217;impulsions sonores sur support polymère tendre). Lors de la prise de son, un détecteur d&#8217;onde (sorte de micro) transmet l&#8217;énergie acoustique à une rondine extra-plate et grave rotativement, au carbure, l&#8217;image exacte du relief musical ! C&#8217;est saisissant. Il suffit, pour la restitution, de faire passer (à l&#8217;aide d&#8217;un doigt métallique tangentiel) une pointe de cristal dans la trace laissée dans la masse, et d&#8217;amplifier. Fini la piètre qualité immatérielle des vieux MP3 ! Les fichiers qu&#8217;on efface par inadvertance&#8230; Place au solide ! Au durable ! A la musique concrète. Des tests montrent par ailleurs que la dynamique, la pression sonore, sont bien plus importantes qu&#8217;auparavant. Le son serait meilleur, plus chaud. De plus, ces Music Plate étant significativement plus généreux que les anciens CD, les graphistes et autres photographes pourront s&#8217;en donner à coeur joie pour élaborer les pochettes (on parle de surface équivalant deux feuilles A4 environ, soit quatre à cinq fois plus grande qu&#8217;un vulgaire cédé !) L&#8217;industrie de l&#8217;ameublement oeuvre déjà à la conception d&#8217;espaces de rangement décoratifs spécifiques pour recevoir ces précieux objets du futur. Que de travail en perspective !</p>
<p>Le « Stay&amp;Speak®»</p>
<p>C&#8217;est cette fois MitsuTek, un Japonais du nord, qui nous prépare en lieu et place des portables tactiles et compliqués qui traînent dans nos poches (oui mais où ?) un véritable « must-have » pour demain, combinant esthétique ET simplicité d&#8217;utilisation. Il s&#8217;agit d&#8217;une sorte de double cornet en duraflex moulé, muni en sa base d&#8217;un cadran numéral mécanique de haute précision (circulaire), pour appeler dans la plus totale décontraction un correspondant sans risque de se tromper de « contact ». Fonctionne aussi pour répondre : il suffit de soulever l&#8217;appareil au moment de la sonnerie. Un support mural (ou de table) est prévu pour poser l&#8217;engin juste après la conversation. Génialissime. Un vrai plaisir de technophile adepte du minimalisme. Délibérément simple, efficace et solide, d&#8217;une indiscutable élégance, le Stay&amp;Speak® enchantera les intérieurs les plus raffinés, tout comme la soupente des budgets plus modestes. Un système filaire sécurisé et auto-alimenté, assuré par la Compagnie Transnationale des Lignes, nous fera oublier très vite nos anciens petits compagnons si grésillants en « l&#8217;absence de réseau » et si vite fatigués en l&#8217;absence de recharge. Appeler son prochain sera désormais un acte choisi, mûri, et non bêtement compulsif. Avec l&#8217;espace de liberté enivrant qui en découlera de toute évidence, corollaire attendu d&#8217;une approche rationnelle et mesurée de la téléphonie moderne. La dictature de la disponibilité à tout prix semble toucher à sa fin ; qui s&#8217;en plaindra ?</p>
<p>Le « Touch »</p>
<p>Quand une chorégraphe soudanaise croise un psychologue behaviouriste dans un laboratoire canadien, parfois ça fait des étincelles. Mouvement et comportement pour allumer le feu nouveau de la grâce, voilà l&#8217;histoire. S&#8217;appuyant sur l&#8217;estimable somme théorique du sociologue des réseaux Paul Fluviens, ces deux créateurs ont mis au point une sorte de parade amoureuse destinée à renouer les fils qui s&#8217;étaient dénoués à cause de Facebook, Meetic et autre techno-parade nombriliste et sans issue. Comprenons bien : les fils physiques et réels, tactiles, entre humains de sexe opposé – voire de même sexe. Ainsi est né le Touch, jeu à deux protagonistes, qui consiste, lors de soirées organisées dans des espaces cosys un peu sombres, à proposer (poliment et à voix basse) à une personne de se coller contre soi pour évoluer pas à pas au son d&#8217;une musique calme, rythmée à 30 pulsations par minutes (BPM). C&#8217;est tout à fait prodigieux cette lenteur langoureuse. Ce retour au Jardin des Délices. En terme de séduction et de réel contact, on est loin de l&#8217;agitation sudoripare et décérébrée qui fait encore fureur sous nos  ciels « hype » et sans étoiles. Tonk! Tonk! Tonk! oubliez&#8230; Imaginez plutôt deux corps enlacés, verticaux jusqu&#8217;à quand, des mains posées tendrement sur des épaules nues ou des hanches, des visages qui se cherchent, se frôlent dans la moiteur, se parlent en direct&#8230; Halala. C&#8217;est le Touch, mesdames et messieurs. Le Touch de Vancouver. Qui va débarquer en France et dans toute l&#8217;Europe d&#8217;ici, si tout va bien, deux à trois ans en commençant par Ibiza (of course). Une cellule expérimentale a été conduite l&#8217;automne dernier dans le Limousin, les résultats sont prometteurs. Outre le protocole d&#8217;approche de « l&#8217;autre », on a salué la relative facilité d&#8217;apprentissage du pas, bien moins complexe et désuet que le paso-doble, la salsa, la valse ou le tango péruvien. Donc la pénétration au niveau des jeunes risque d&#8217;être élevée et de conduire au succès sans alcool. Il faudra néanmoins réapprendre à s&#8217;apprivoiser physiquement, vaincre la timidité que les réseaux distants ont façonné entre les personnes. A ce titre des brochures anti-peur seront distribuées, des animateurs-formateurs engagés, enfin tout un monde qui va se remettre à bouger pour la cause de l&#8217;Homme sensuel et joueur, animal social entre tous. Créer du lien, du vrai. Encore un peu de patience mais faites vos jeux mesdames et messieurs. Faites vos jeux.</p>
<p>Douce année à vous.</p>
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		<title>HYROK, Edition Spéciale</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2010 15:22:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature & Edition]]></category>
		<category><![CDATA[Collector]]></category>
		<category><![CDATA[HYROK]]></category>
		<category><![CDATA[Récupérer ses droits d'auteur]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/12/img_0569.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1836" title="IMG_0569" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/12/img_0569.jpg?w=450" alt=""   /></a></p>
<p>Les histoires d&#8217;amour finissent bien en général, jugez plutôt : Ayant cet automne sauvé des eaux Louison Rascoli, Violette Vance (dite Vio), Hope Rascoli-Vance et Luciolo Badalamenti, valeureux protagonistes de HYROK — roman édité par la maison Léo Scheer du 18 septembre 2009 au 29 septembre 2010 —, j&#8217;ai tout loisir désormais de faire ce que bon me semble de ces personnages, de cet ouvrage déjà &#8220;culte&#8221; selon certains nez creux — très en avance sur leur temps, est-il utile de le préciser. J&#8217;en ai récupéré 67 exemplaires neufs et fringants, de ce pavé. On dit &#8220;racheter le stock&#8221;. C&#8217;est très émouvant d&#8217;avoir cette petite montagne de cellulose à la maison, d&#8217;entendre ces respirations, ces petits cris étouffés, ces étranges retrouvailles (parfois ça me réveille la nuit). A quoi vais-je maintenant les destiner ? vers quel horizon ?<br />
Je pourrais couler tout ça dans du polyméthacrylate de méthyle, en faire un pouf design, un hyroking-chair, symbole tranquille d&#8217;un désastre éditorial (où, je le rappelle pour ceux qui n&#8217;auraient pas suivi, on a tenté de vendre le premier livre d&#8217;un inconnu sans attachée de presse, sans promotion d&#8217;aucune sorte, sans s&#8217;en occuper ; en somme : dans le silence navré des limbes ; ce qui est difficile — et c&#8217;est un euphémisme). Mais j&#8217;ai des doutes sur l&#8217;innocuité du plastique (voir post précédent).<br />
Je pourrais en faire des confettis pour l&#8217;An Nouveau, joyeuse poussière, faire table rase de cette affaire, repartir &#8220;sur de bonnes bases coco&#8221;. Mais la petite Vio en hachis Parmentier ça ne me plaît guère — à elle non plus, déjà qu&#8217;avec le &#8220;pilon&#8221; des &#8220;retours&#8221; elle hurlait comme une sirène belge ! Non, pas les confettis alors. Promis, tite Vio.<br />
Je pourrais en faire une tapisserie géante, ou mille abat-jour (sans &#8220;s&#8221; à jour, bien sûr), faire danser ce petit monde dans la lumière en attendant la suite de HYROK (je n&#8217;ai pas de date mais c&#8217;est prévu) ; ce serait déjà plus pertinent. Le jeu avec lumière.<br />
Je pourrais aussi donner suite aux demandes incessantes — au harcèlement — des vingt-trois éditeurs qui me cassent les dattes depuis le matin du 30 septembre pour rééditer ce &#8220;chef-d&#8217;oeuvre&#8221; dans des conditions &#8220;fantastiques ! idéales ! sans précédent, monsieur ! Vous allez voir !&#8221;. En profiter pour leur demander 35% sur les ventes (énormes, on n&#8217;en doute pas un instant), plutôt que 10.</p>
<p>Mais non. C&#8217;est trop tôt. (Et les enchères ne sont pas assez intéressantes ; voyons Messieurs, vous n&#8217;y êtes guère&#8230;)</p>
<p>Pour l&#8217;heure, je vais me contenter de mettre en vente <strong>50 exemplaires numérotés</strong> de ce que j&#8217;ai pu sauver de cette première édition. Avec mes petits muscles et mes dix doigts glacés. Au prix de vingt-cinq euros l&#8217;unité, envoi compris (en France, courrier normal), et selon le protocole suivant :</p>
<p>– dédicace personnalisée en page de garde ;<br />
– timbre à sec bas-relief de mon <a href="http://www.nlorusso.com/" target="_blank">logo</a> et signature ;<br />
– numérotation croissante 1 à 50 &#8220;Collector&#8221; ;<br />
– ajout de la mention &#8220;jusqu&#8217;au 29 septembre 2010 &#8221; suivie d&#8217;un paraphe NLR, à la suite des mots <em>Editions Léo Scheer</em> en couverture. (Procédé qui évite le fastidieux, assez laid, et surtout devenu inutile &#8220;caviardage du nom de l&#8217;éditeur&#8221; — secret de Polichinelle à l&#8217;heure du web&#8230;)</p>
<p>Voilà m&#8217;sieurs dames. Je me marre. La vie est belle, I am free. D&#8217;ores et déjà : BON NOËL !</p>
<p>PS :<br />
Pour lire la quatrième de couverture, c&#8217;est <a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/12/hyrok.jpg" target="_blank">ICI</a>. Des avis <a href="http://brossegherta.wordpress.com/revue-de-presse/" target="_blank">là</a> et <a href="http://brossegherta.wordpress.com/ils-lont-dit/" target="_blank">là</a>.<br />
<strong><span style="color:#008000;">Pour me contacter par mail (et obtenir mes coordonnées postales, commander en envoyant un chèque&#8230;), l&#8217;adresse se trouve en haut à droite de la page principale de ce blog (brossegherta@&#8230;)</span></strong></p>
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			<media:title type="html">Nicolaï Lo Russo</media:title>
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		<title>Plastic life</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Dec 2010 00:30:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conso]]></category>
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		<category><![CDATA[Nature]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<description><![CDATA[© Chris Jordan Ça commence assez abruptement, par des images de laboratoire. Nous sommes en présence, en gros plans, de pénis de bébés, affreusement malformés, dont on imagine sans forcer que leur petits propriétaires aux joues roses, encore innocents, en feront les frais plus tard – et quels frais : pénis HS, circulez les filles [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1816&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/12/albatros_chris_jordan_1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1817" title="albatros_chris_jordan_1" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/12/albatros_chris_jordan_1.jpg?w=450&#038;h=343" alt="" width="450" height="343" /></a>© Chris Jordan</p>
<p style="text-align:justify;">Ça commence assez abruptement, par des images de laboratoire. Nous sommes en présence, en gros plans, de pénis de bébés, affreusement malformés, dont on imagine sans forcer que leur petits propriétaires aux joues roses, encore innocents, en feront les frais plus tard – et quels frais : pénis HS, circulez les filles !&#8230;<br />
Il s&#8217;agirait de &#8220;perturbations hormonales&#8221; nous dit une voix off, calme et nette. Ben ça alors, pas de chance les mouflets&#8230; On nous parle ensuite de diabète infantile &#8220;alors que rien n&#8217;y prédisposait&#8221;, de baisse de la fertilité chez l&#8217;adulte, de cancers inexpliqués, d&#8217;obésité anormale, d&#8217;allergies étranges, de troubles du comportement, etc. Que des réjouissances, quoi.</p>
<p>Non, ce n&#8217;est pas un documentaire sur Tchernobyl. Aucune zone sinistrée post soviétique peuplée de malheureux freaks sous dioxine. Aucune trace de vilenies génétiques dans le propos (on verra ensuite que pourtant si, et même jusqu&#8217;à trois générations ça se transmet&#8230;) Non : Il s&#8217;agit simplement du début du premier volet de l&#8217;émission &#8220;Pièce à convictions&#8221; passé lundi soir sur la 3 : &#8220;Plastique : menaces sur la santé&#8221; (réal : Elise Lucet). On est en France.</p>
<p>Tu parles d&#8217;une menace : selon une étude à grande échelle, il y aurait du plastique dans les urines de 90% de la population mondiale. Et le plastique dans le corps ça peut être dangereux.</p>
<p>Je ne vais pas refaire ici le déroulé exact de cet excellent documentaire, aussi alarmant qu&#8217;effrayant ; il faut juste le voir d&#8217;urgence (des rediffs sont prévues sans doute, ou alors peut-être sur YouTube). Bref, le coupable de ces maux terribles est le plastique, au sens large, et tout particulièrement les phtalates et le &#8220;biphénol-A&#8221; qu&#8217;ils contiennent dans leur grande majorité. Parce que voyez-vous, grands buveurs d&#8217;eau en bouteille (plastique), biberonneuses contrexophiles à sac stylé, ces deux substances qui passent lentement (mais sûrement) du contenant au contenu liquide sont, selon de toutes récentes études américaines et canadiennes, &#8220;hautement toxiques à faible dose&#8221;. Eh ouais ! Ça diffuse méchant dans les bouteilles, ils l&#8217;ont mesuré il y a quelques mois. Le thé de la mort dans ton Longchamp, chérie. En douce et en toute impunité&#8230; (Une édifiante démonstration à base d&#8217;escargots qui se multiplient selon un schéma erratique semble l&#8217;attester – entre autres expériences édifiantes).</p>
<p>Et comme hélas les études françaises (surtout dans l&#8217;agro-alimentaire) sont soit en retard d&#8217;un train de marchandises, soit complètement bridées par les industriels européens et leurs lobbies surpuissants, qui c&#8217;est qui trinque ? Qui c&#8217;est qui s&#8217;envoie les molécules délétères par grappes de douze ? Ben nous. Pas que les bébés. (Bébés pour qui l&#8217;Assemblé nationale, vaguement alarmée par les USA, vient de décréter l&#8217;interdiction de commercialiser les biberons &#8220;pouvant présenter des risques&#8221;, tiens tiens&#8230; Des risques. Plus de biberons en plastique sur le territoire. Finito subito. On applique vite le &#8220;principe de précautions&#8221;, en espérant que ce ne soit pas trop tard.) Y&#8217;aurait donc de l&#8217;eau dans le gaz, docteur ? Euh oui, j&#8217;en ai bien peur.</p>
<p>Mais pour les bouteilles, les canettes, les boîtes de conserve à revêtement interne, les bouilloires, tout un tas de trucs en plastoc vendus par mégatonnes dans les magasins, on fait quoi alors ? Rien. On continue. On s&#8217;enfile à chaque gorgée des micro-particules &#8220;hautement toxiques&#8221;, mais on continue. On accumule. A chaque bouchée aussi d&#8217;ailleurs – pour les aficionados du &#8220;tout préparé&#8221; et des &#8220;barquettes micro-ondes&#8221;. Cool ! A nous les palettes de yaourts aux phtalates (et, tout à fait accessoirement, au bifidus). C&#8217;est très sympa le cancer, vous verrez. Ce qu&#8217;il fera à l&#8217;intérieur se verra aussi à l&#8217;extérieur, c&#8217;est garanti.</p>
<p>C&#8217;est que c&#8217;est complexe, tout ça. Très. Je veux dire les <em>intérêts</em> en jeu. Il y a d&#8217;un côté les puiseurs d&#8217;eau, Maîtres de Sources, Grands sorciers basaltiques, qui disent que l&#8217;eau &#8220;du robinet&#8221; c&#8217;est grosso modo de la merde chlorée (ils ont tort, évidemment), et qui vendent de l&#8217;eau mille fois plus cher, &#8220;meilleure parce qu&#8217;elle vient du fond du tréfond de la Terre, coco, pas d&#8217;un simple robinet !&#8221; ; d&#8217;un autre côté le consommateur un peu benêt qui veut voyager léger et va pas s&#8217;embarrasser d&#8217;une lourde bouteille en verre dans le métro (manquerait plus qu&#8217;ça !) ; d&#8217;un autre encore, l&#8217;emballeur industriel, expert es-plastiques hi-tech depuis des lustres (et son pote le designer sur polymères), qui a compris le marché à investir – à inonder –, qui s&#8217;en porte fort bien, et qui est un peu en retard sur la conception de bio-plastiques non toxiques (surtout qu&#8217;il a de sacrés stocks à écouler, des études à rentabiliser, etc., alors on va se calmer sur le sanitaire pour l&#8217;instant&#8230;). Et d&#8217;un dernier côté (en face) l&#8217;Instance&#8230; Sanitaire ! et le Législateur, qui font des grosses teufs à Deauville, Thonon-les-Bains, avec leur potes de chez Nestlé et Danone, le tout avec des conseils d&#8217;administration infiltrés (c&#8217;est le mot), des commissions lobbyées aux petits oignons, et j&#8217;en passe. Le Saint-Pognon mon neveu, voilà le vrai coupable ! Halala.</p>
<p>Parce qu&#8217;à cent lieues de ce polygone dantesque et plein de côtés opaques où nous, pauvres quidams, y voyons aussi clair que dans une narine de gorille – mais où il se boit énormément de Champagne pour fêter &#8220;les chiffres en hausse&#8221; –, il y a les petits labos <em>indépendants</em>. Qui bossent tranquille, à leur rythme, et avec un amour visible du travail bien conduit. Américains pour la plupart (le mec barbu avec ses wagons d&#8217;escargots, par exemple.) Parfois français, soyons fairplay ; il y a bien un ou deux nutritionnistes gaulois sur le coup, c&#8217;est vrai, mais c&#8217;est encore trop rare (et ça n&#8217;a pratiquement aucun poids). Ensuite ils publient leurs chroniques dans des revues scientifiques, naturellement, et dans l&#8217;indifférence générale. (Quoique quelques cols blancs toussent un peu, mais bon ça va : Greenpeace et consorts c&#8217;est de toutes petites structures hippies, minoritaires, pas de quoi s&#8217;inquiéter pour l&#8217;instant.)<br />
Que cette émission documentaire passe à une heure de &#8220;grande écoute&#8221; c&#8217;est presque un miracle, une sorte de dysfonction économique, une faute de goût. Profitons-en, c&#8217;est comme un vendeur de parapluies dans le Sahara, c&#8217;est rarissime.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup aimé le dernier volet du docu (qui en comporte trois), plus généraliste, où on voit l&#8217;estomac éclaté d&#8217;une tortue marine rempli de brosses à dents, de bouchons divers, de sacs poubelles déchiquetés, de bouts de pneus&#8230; Le visage du biologiste surtout, consterné devant le cadavre ouvert du reptile. C&#8217;est à se demander si de temps en temps ça lui arrivait de croquer un poisson, à cette pauvre bête. J&#8217;entends : un poisson qui n&#8217;aurait pas lui aussi absorbé du plastique&#8230; Ça nous vient du Pacifique cette image, océan sublime qu&#8217;on nomme maintenant &#8220;La soupe de plastique&#8221; dans les milieux autorisés (pas dans le catalogue Kuoni, par contre, pas déconner !). Non c&#8217;est vrai, je ne plaisante pas. La chaîne alimentaire marine est vérolée par le plastique, de A à Z. L&#8217;alpha et l&#8217;omega du fief de Neptune sont reliés par un filin de PVC meurtrier. Quand on trempe la main dans l&#8217;eau du Pacifique, paraît que c&#8217;est un peu gras désormais, huileux ; car le plastique, à part les gros morceaux, s&#8217;est dissout (en même temps que les dérivés du pétrole et les crèmes solaires des surfeurs&#8230;). Par ici la bonne soupe. La Méditerranée, on y arrive gentiment. Des montagnes de plastique devant les murs de béton des chaînes d&#8217;hôtels&#8230; C&#8217;est parfait. Vive les vacances. Et les vacanciers.<br />
Hé, Trenet ! Reviens Charlie, avec tes golfes clairs&#8230; Reviens !</p>
<p>Non franchement, merci France 3 et bravo, vous avez fait du bon boulot ; je prends note de toute cette merde, des détails que j&#8217;ignorais ; désormais je vais boire que du pinard, moi. Dans une bouteille en verre soufflé, avec un bouchon en liège sauvage. Et quand j&#8217;irai aux ordures, je ne mélangerai plus le chlorure de polyvinyle avec les autres polymères sulfurés non recyclables, promis. C&#8217;est pourtant pas compliqué le tri.</p>
<p>Santé la Planète !</p>
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		<title>HYROK, les chiffres</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Oct 2010 20:26:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolaï Lo Russo</dc:creator>
				<category><![CDATA[insolite]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature & Edition]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Chiffres de l'édition]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman à compte d'éditeur]]></category>
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		<description><![CDATA[©Jim Shaw Certains ont pu voir, ces derniers temps, que je m&#8217;intéressais aux nombres, aux chiffres (à leur représentation). C&#8217;est qu&#8217;ils sont comme les images, ils parlent, ils signifient. J&#8217;aime beaucoup les chiffres. Or je viens de recevoir, de mon cher éditeur – un moment que je l&#8217;attendais –, le premier arrêté de comptes pour [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brossegherta.wordpress.com&amp;blog=1348785&amp;post=1793&amp;subd=brossegherta&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/10/jim-shaw.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1794" title="Jim Shaw" src="http://brossegherta.files.wordpress.com/2010/10/jim-shaw.jpg?w=450&#038;h=336" alt="" width="450" height="336" /></a></p>
<p style="text-align:center;">©Jim Shaw</p>
<p style="text-align:justify;">Certains ont pu voir, ces derniers temps, que je m&#8217;intéressais aux nombres, aux chiffres (à leur représentation). C&#8217;est qu&#8217;ils sont comme les images, ils parlent, ils <em>signifient</em>. J&#8217;aime beaucoup les chiffres. Or je viens de recevoir, de mon cher éditeur – un moment que je l&#8217;attendais –, le premier arrêté de comptes pour mon roman, <a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article2007" target="_blank">HYROK</a>, paru il y a un an précisément. J&#8217;en ai profité pour faire un petit bilan – chiffré donc – de cette expérience humaine riche en enseignements que fut l&#8217;aventure, totale et stupéfiante, de la rédaction et de la publication de ce &#8220;grand premier roman&#8221; – je reprends ici l&#8217;expression d&#8217;une des mes peu nombreuses (mais ô combien fidèles) admiratrices. C&#8217;est donc avec une réjouissance non feinte, presque fébrile, que je m&#8217;empresse ci-dessous de vous faire partager ces données &#8220;chiffrées&#8221;&#8230; (D&#8217;autant qu&#8217;on aborde, selon certains observateurs drôlement perspicaces, l&#8217;ère de la &#8220;transparence&#8221;. Soyons précurseurs.)</p>
<p>Vous avez tout loisir de commenter après lecture, bien entendu. Voici :</p>
<p><em>ÉDITEUR</em> :</p>
<p>Ouvrage : HYROK (roman) ; <strong>516</strong> pages. Prix public : <strong>19</strong> euros.</p>
<p>Éditions Leo Scheer, collection &#8220;M@nuscrits&#8221;.</p>
<p>Dernière version du tapuscrit remise à l&#8217;éditeur : fin mai 2009</p>
<p>Début des corrections : fin août 2009</p>
<p>BAT (Bon à Tirer&#8230;) : 17 septembre 2009</p>
<p>Sortie imprimeur : 23 septembre 2009</p>
<p>Exemplaires imprimés : <strong>1000</strong></p>
<p>Exemplaires &#8220;presse&#8221; envoyés aux journalistes et blogueurs : <strong>89</strong> (dont une bonne moitié avec un mot perso de l&#8217;auteur).</p>
<p>Sortie publique : 7 octobre 2009</p>
<p>Exemplaires  &#8220;pour l&#8217;auteur&#8221; : <strong>20</strong> (j&#8217;en ai gardé 4, le reste a été distribué, offert.)</p>
<p>Exemplaires &#8220;mis en place&#8221; par les libraires (près de 4000 points de vente en France, Suisse, sites en ligne&#8230;) : <strong>724</strong></p>
<p>Ventes nettes au 30 juin 2010 : <strong>216</strong> exemplaires.</p>
<p>Retours : <strong>508</strong> (la plupart, un peu abîmés donc invendables, seront envoyés vraisemblablement au pilon.)</p>
<p>Dans les &#8220;mouvements d&#8217;inventaire&#8221; : <strong>61</strong></p>
<p>Stock neuf chez le distributeur au 30 juin : <strong>106</strong></p>
<p>*****************************************</p>
<p><em>TRAVAIL</em> :</p>
<p>Temps de prises de notes, plan, documentation, réflexion, etc (pour autant que ce soit quantifiable en heures, la nécessité d&#8217;écrire HYROK étant intervenue pour moi début 2005) : 1h par jour, soit environ <strong>400</strong> heures.</p>
<p>Temps d&#8217;écriture effective de la version 1 du manuscrit : 4h/jour exactement, du 1er mars au 26 octobre 2006, dimanches non compris, soit environ <strong>960</strong> heures.</p>
<p>Temps de réécriture et travail des versions suivantes (2 à 9 – cette dernière apparut en ligne sur le blog des Editions Leo Scheer de septembre 2008 à juin 2009, occasionnant plus de 500 téléchargements) : environ <strong>400</strong> heures.</p>
<p>Temps de corrections avec Julia Curiel, éditrice aux éditions Léo Scheer : environ <strong>30</strong> heures.</p>
<p>Temps de fabrication des tapuscrits initiaux, envois, lettres manuscrites à 26 éditeurs, puis dépôt en personne à 20 d&#8217;entre eux : environ <strong>25</strong> heures.</p>
<p>Total : <strong>1915</strong> heures (soit 239 journées de travail d&#8217;un ouvrier, quasi une année calendaire).</p>
<p>********************************************</p>
<p><em>COÛTS de PRODUCTION (pour l&#8217;auteur)</em> :</p>
<p>Frais de fabrication de 17 tapuscrits (à dos collé) envoyés à 26 éditeurs (en plusieurs vagues, donc avec réutilisation possible des tapuscrits retournés en bon état) ; 28 euros x 17 =  <strong>476</strong> euros</p>
<p>Frais d&#8217;envois de 6 tapuscrits (les autres ayant été déposés par mes soins, comme j&#8217;habite Paris) : environ <strong>40</strong> euros</p>
<p>Frais personnels d&#8217;envois du livre publié : environ <strong>50</strong> euros</p>
<p>Buffet/boissons pour la Soirée HYROK du 11 mars 2010 organisée par moi-même : <strong>517</strong> euros</p>
<p>Frais divers :  env. <strong>100</strong> euros</p>
<p>Total : <strong>1183</strong> euros</p>
<p>*********************************************</p>
<p><em>RÉSULTATS DES EFFORTS</em> :</p>
<p>Nombre d&#8217;articles parus dans la presse &#8220;papier&#8221; : <strong>3</strong> (deux courts articles en presse périphérique, dus à la bienveillance d&#8217;une connaissance perso ayant sincèrement aimé le roman ; plus un &#8220;confetti&#8221; dans le Service Littéraire, qui m&#8217;a fait plaisir malgré ses deux lignes top chrono.)</p>
<p>Nombre de blogs ayant rédigé une critique ou un avis sur le roman : <strong>9</strong></p>
<p>Nombre d&#8217;ouvrages vendus (voir plus haut) : <strong>216</strong> (autant dire : aux amis, amis d&#8217;amis, à la famille, pour une grande part.)</p>
<p>Montant du chèque établi à mon nom par l&#8217;éditeur le 29 septembre 2010, suite au relevé de juin : <strong>302</strong> euros.</p>
<p>Emissions de radio/télé, parlant de HYROK : <strong>0</strong></p>
<p>Lectures / Salons du livre / Signatures librairie : <strong>0</strong></p>
<p>Prix littéraire : <strong>1</strong> (le Prix Léo Némo 2010, de l&#8217;Université Méditerranéenne de Pataphysique – très grand honneur. Si si !)</p>
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<p><em>DIVERS</em> :</p>
<p>Amis véritables (de longue date&#8230;) perdus lors de l&#8217;aventure : <strong>2</strong> (une femme, un homme). Jalousie possible, incompréhension, déphasages divers, doivent absolument être pris en compte lors des processus abyssaux d&#8217;écriture/publication (et plus globalement de création). Créer isole. Et c&#8217;est indépendant de la réussite (ou de l&#8217;échec) de l&#8217;oeuvre. Bon à savoir.</p>
<p>Relations virtuelles sympathiques (sur le web, les blogs divers) engendrées pendant l&#8217;aventure, un peu moribondes depuis (ben oui, tout passe) : environ <strong>10</strong> (faudra songer à réactiver hein, à l&#8217;occasion&#8230;)</p>
<p>Relations réelles, et intéressantes, avec suivi IRL, engendrées pendant l&#8217;aventure : <strong>3</strong> (ouf ! quand même. Ils se reconnaîtront.)</p>
<p>Animosités déclarées, personnes haineuses à mon endroit, engendrées pendant l&#8217;aventure :<strong> 8</strong> (Eh oui, la littérature est un sport violent.)</p>
<p>Personnes chères qui, par leur silence, leur peu de soutien, leur absence totale d&#8217;intérêt ou leur hypocrisie, m&#8217;ont déçues : <strong>27</strong> (mais je ne leur en veux pas, c&#8217;est la vie.)</p>
<p>Personnes inconnues ou peu connues de moi, qui, par leur lecture attentive, leur enthousiasme, leur mots, leur implication, m&#8217;ont apporté de la joie : <strong>11</strong>. Venez là que je vous embrasse.</p>
<p>Poids (en kilos) pris par l&#8217;auteur entre le printemps 2006 (début de l&#8217;écriture) et l&#8217;été 2010 : <strong>10</strong>. La station assise, les soucis, l&#8217;état semi-dépressif, peuvent chez certaines personnes engendrer une nette prise de poids. C&#8217;est bien connu.</p>
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<p>Voilà pour un premier bilan chiffré, que j&#8217;ai souhaité le plus exact possible, le plus proche de la réalité des faits.</p>
<p>Chacun tirera les conclusions qu&#8217;il voudra, selon son expérience, ses propres souhaits, et aussi ses fantasmes. Je lui laisse aussi aussi le soin, s&#8217;il aime étonner ses amis, de jouer à l&#8217;arithmétique amusante (argent dépensé vs argent gagné, productivité du travail, quotient psycho-énergétique, coefficient de plaisir net, etc.). C&#8217;est trépidant vous verrez.</p>
<p>(J&#8217;entends à l&#8217;instant les derniers chiffres d&#8217;audience de &#8220;Secret Story&#8221;, dingue ! : vous avez été plus de <strong>3,5 millions</strong> à regarder l&#8217;émission ! Oui : millions ! Mille fois mille ! Comme dirait un vieux copain ufologue : &#8220;c&#8217;est phénoménal !&#8230;&#8221;).</p>
<p>Tiens, en parlant de MILLIONS,<a href="http://brossegherta.wordpress.com/2010/09/19/six-millions-au-festival-1212/" target="_blank"> j&#8217;y retourne</a>&#8230;</p>
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