Joyeuses Pâques !

février 10, 2008 by Nicolaï Lo Russo

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Devant la caisse d’un supermarché, dans le 7ème.

- Ah vous avez déjà les lapins en chocolat ??
- Ben oui madame…
- Non Kevin, tu reposes ça ! … J’ai dit NON !
- Ouiiiinnn…
- C’est pas un peu tôt?…
- Vous savez, on met en place ce qu’on reçoit, on n’a pas le choix c’est comme ça.
- Kevin tu reposes ce lapin j’ai dit ! T’as même pas fini la galette des Rois…
(…)

Pour la P.H (petite histoire) Kevin aura quand même droit au petit modèle (Bunny,160g ; 50% de cacao)

Il fut un temps où le consommateur pouvait encore compter sur des plages de repos. Quelques semaines salutaires, par ci par là, entre Noël et la Saint-Valentin. Entre La Fête des Mères et la fête à Toto. Où il mettait un peu ses élans en veilleuse. Où il attachait sa gourmandise à un pied de table. Sans qu’elle souffre trop. Où il pouvait respirer deux minutes.
Cette époque est terminée.
Désormais donc, pour peu que vous soyez vaguement affaibli, sous l’hypnose de la publicité, sous les coups de boutoir du marketing SLV (sur le lieu de vente), vous avez le portefeuille constamment ouvert. On appelle ça überconso (avec ce préfixe germanique qui n’est pas sans rappeler le surhomme Nietzschéen, sa volonté de puissance, de dépassement, etc.)
C’est très efficace.
Nous avons depuis quelques années des cerises en janvier, février, mars, etc. (exit le Temps des Cerises)
Nous avons également les rentrées littéraires. Depuis peu il y en a deux, mais bientôt il en aura probablement trois ou quatre. Voire plus (la rentrée poche, la rentrée “bronzage”, la rentrée “thrillers” avec les sempiternels “nouveaux maîtres du suspens”, la rentrée “love stories”, la rentrée des essais, la rentrée des enfants, des animaux, etc.
Il serait question, chez Coca Cola, de proposer bientôt un Père Noël en maillot de bain pour Juillet-Aout. (Où la dinde du 25 sera remplacée par des steaks d’autruche texane, avec séquoia nain à la place du sapin, etc…)
Bref, nous allons tranquillement vers le “Tout, tout le temps”. On n’aura même plus le temps de désirer, de se réjouir de : ce sera déjà là. A dispo 24h/24. (PayPal et hop !)
En fonction de votre fameux “pouvoir d’achat” vous aurez deux alternatives : baver ou acheter. Au moins, vous n’aurez pas à réfléchir, c’est déjà ça.

Le pouvoir d’achat est-il soluble dans la technologie ?

février 4, 2008 by Nicolaï Lo Russo

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GROS PROBLEME avec ma connexion internet, j’appelle Numéricable (…)

a) Si… tapez 1, si… tapez 2, si…tapez 3 (je tape)

b) Si… tapez 1, sinon tapez 2 (je tape)

c) Si… tapez 1, si… tapez 2, si… tapez 3, si… tapez 4 (je tape)

d) Si… tapez 1, si… tapez 2, si… tapez 3 (je tape)

e) Si… tapez 1, si… tapez 2, si…, si…, si…, si vous désirez parler à un opérateur tapez 9 (Wow ! je tape ! je tape consciencieusement !)

Boucle musicale

“Le temps d’attente est inférieur à 2 minutes. Un opérateur va vous répondre, merci de patienter”

Boucle musicale
(je mets le haut-parleur, m’éloigne du téléphone pour ne pas rester comme un imbécile l’appareil collé à l’oreille. J’attaque ma vaisselle.)

Deux minutes plus tard :

“Le temps d’attente est inférieur à 1 minute. Un opérateur va vous répondre,
merci de patienter.”

Boucle musicale (énervante)

Cinq minutes plus tard :

“Le temps d’attente est inférieur à 2 minutes. Un opérateur va vous répondre, merci de patienter.”

Boucle musicale (insupportable)

Cinq minutes plus tard :

“Le temps d’attente est inférieur à 5 minutes. Un opérateur va vous répondre, merci de patienter.”

Boucle musicale (terrifiante)
(…)

Au bout de 24 minutes de connexion (à 0,34 ct €/min), un type décroche, fait “allo? allo ?”, et raccroche au bout de 3 secondes. Pas assez pour moi pour me jeter sur le combiné et lui parler. J’aurais bien aimé savoir quel temps il a à Casablanca.

Prêts ? Fartez !

janvier 21, 2008 by Nicolaï Lo Russo

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A l’ère de la vitesse, c’est presque enfoncer une porte ouverte que de dire que la mode est à la lubrification. Lubrifier, c’est gagner en pouvoir de pénétration (dans l’air, dans l’eau ou dans ce qui vous fait plaisir). Gagner des centimètres, des mètres, de “précieuses secondes”, voilà l’affaire. Que ça glisse bien – mieux – dans l’air opaque du temps incertain. Une société britannique, la Wildfire Snowsports Ltd. a quant à elle trouvé la solution pour gagner en vitesse avec des skis alpins : un système auto-lubrifiant farte vos skis pendant la descente ! Pour éviter la perte de matière ! La fixation libère un petit jus gras sous la semelle pendant que vous slalomez… Nickel ! Une vingtaine d’ingénieurs bossent là-dessus depuis plus de cinq ans, maintenant c’est prêt. Chaud bouillant ! Désormais donc, plutôt que vous traînasser à 120 km/h dans un schuss, vous ferez du 122 ! Ils ont fait des tests en labo, on gagne facile 1 à 2%. Plutôt que faire douze descentes dans la journée, vous en ferez douze virgule deux si vous êtes équipés de cette merveille de technologie. Wildfire : le feu sauvage du Progrès ! La double fracture du péroné en prime ! Il va pour sûr faire fondre la neige dans les stations ce brevet ! Et terrasser les chronos ! De toute façon moi je m’en fous je ne fais que de la luge…
Ce qui risque aussi d’être lubrifié dans un avenir proche ? La publicité sans doute, pour qu’elle entre mieux dans le cerveau, plus vite. La politique à Sarko, pour qu’elle pénètre mieux les sondages. Quoi encore ? Les pays “émergents” ! L’A6 le matin à 8 heures ! Les CRS ! les colis postaux ! les CDD! les hotlines ! les coulisses du pouvoir ! le trou de la Sécu ! Un tas de choses! Ça va beurrer sévère ! Huiles ! Silicones ! Graisse de phoque ! Polymères ! C’te vitesse maintenant ! Le grand Tournus ! Et qu’ça saute ! Prêts ? Fartez !

Les nouveaux artistes

janvier 12, 2008 by Nicolaï Lo Russo

C’est pour bientôt. C’est déjà là. Musiciens, jongleurs, trapézistes, rhabillez-vous. Rangez vos instruments. Installez-vous dans votre fauteuil, le Nouveau Spectacle va commencer. Bien gentiment, comme dirait l’autre.
Les images de synthèse – la “3D” pour les intimes –, ainsi que la musique samplée (réalisée à partir d’échantillons sonores réels ou virtuels) ont fait d’énormes progrès ces dernières années, c’est peu de le dire. Ça n’arrête pas. Un monde ex nihilo existe tous les jours un peu plus. Il croît, sous nos yeux analogiques, un univers immatériel totalement constitué de bits, de lignes de codes, de pixels en furie. Pendant que vous jardinez ou que vous donnez à manger à Roro. Les écrans colonisent notre quotidien, partout, dans les sacs, sur les murs, des aéroports jusqu’à votre poignet, d’en haut des tours jusqu’au troisième sous-sol. Essayez de compter le nombre d’écrans que vous croisez dans une journée dite “normale”. Les analystes appellent ça hyperscreen society. C’est vers là qu’on va. Vertigineuse extension du champ perceptif. Par ailleurs, il est dit que dans quelques décennies, il n’y aura plus la possibilité de distinguer les “vraies” images des “fausses” (3D fakes). Celles prises en réel par une webcam par exemple, de celles conçues de toutes pièces par des opérateurs numériques virtuoses. Et le son itou. Fabriquer totalement la voix de la Bruni qui dit à son mari “Allez, fait pas la gueule et passe-moi le beurre, Mister Président”, eh bien ce sera du tout cuit. The same voice. On aura le sentiment assez vif d’un “deuxième monde”. Et là c’est la société de l’information qui risque de prendre un sérieux coup dans le bide. Quand tout ça se sera mis en place. Parce que ce sera quoi finalement une information ? Hé hé.
En attendant ces réjouissances, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, cette vidéo est vraiment étonnante. Du tout grand art. Annonciateur de demain sans aucun doute. C’est chez Animusic et ça s’appelle “Pipe dream”. Pour une meilleure qualité vous pouvez commander un DVD. (c’est pas dans mes habitudes de faire de la pub, mais là faut reconnaître que…)

Fais péter !

janvier 5, 2008 by Nicolaï Lo Russo

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Me revoilà. Pfouuu.
Ça a d’abord été la fameuse “fin de l’année”. Carrefour des angoisses autant qu’appel d’air. Pour beaucoup, la sale période des derniers soubresauts. Des derniers espoirs qu’on n’en finisse quand même pas là, comme ça. C’était pas possible on s’est dit. Fait chier putain. Tous ces espoirs à ce point déçus, ces attentes vaines. Ces cafouillages des ultimes jours, ces petits oui qui sont des non. Ces promesses en balsa, ces signatures en carton. Quels fiascos ! Que des bouchons ! Fallait faire le bilan juste avant le sapin. Pour qu’on soit tranquille au moins entre les guirlandes et la Saint Syl’. Entre le Nordmann à boules et le Château Vomi-Castagne 2008.
Le bilan fut lourd évidemment. En un mot : TROP. De temps sur le web, de dossiers en suspens, de dossiers tout court, de femmes juste croisées, de sourires qui s’en vont, de violences inutiles, de spams allonge-zob, de questions sans réponse, de bruit dans le quartier, de fringues dans l’armoire, de baffes qui se perdent, de cartes de fidélité, d’infos superflues, de musiques d’attente, de filles ipodiques, de boîtes qui débordent, de repas trop chargés, de films “de l’année”, de réductions de 5%, de maris infidèles, de pubs assommantes, d’occasions à ne pas manquer, de mecs qui bandent mou, de nouvelles nouveautés, de fistons pistonnés, d’images “inédites”, de surveillances électroniques, de cancers galopants, de succès éphémères, de yaourts en rayon, d’interdictions de stationner, ou de séjourner, de récits incroyables, de porcs nographiques, de longues jambes en bas Dim, de coeurs éplorés, de mensonges numériques, de magazines consternants, de fumée dans les bars, de légumes à farcir, de monde au départ, de livres édités, de kilos à faire fondre, de mamies qui tremblotent, de prix usurpés, de rois du polar, d’avenirs incertains, de pseudos blacklistés, de lois à la con, de loyers augmentés, de reclus qui crevotent,  d’amis surbookés, de flotte dans la viande, de désirs aiguisés, de pets végétariens, d’envies étouffées, de pognon dans les fêtes, d’obsédés sexuels, de sucre au dessert, de budgets explosés, de foie gras à Noël, de poumons qui s’essoufflent, d’énergie dépensée…

Pour en arriver là.
A l’année du Rat. Petit rongeur d’espérance, qui court comme un imbécile.

Alors Bonne Année frère humain ! BONNE ANNEE mon gros ! Bienvenue dans la Vallée Nouvelle ! Tu vas voir tu vas te régaler !
Mais te gêne pas pour tout faire péter, hein. Champagne !

Une petite merveille, vraiment

décembre 20, 2007 by Nicolaï Lo Russo

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Une petite faim dans ce froid qui pince ? Une envie de se laisser envoûter les papilles, avec ce feuilleté brebis-épinards qui vous fait de l’œil ? Pour ma part je me suis laissé tenter. Pour la seconde fois.
La première, c’était il y a au moins deux ans. Ça m’est revenu, maintenant. Un petit traiteur franco-grec, pas loin d’une sortie de métro. J’avais pris la même chose. Le même feuilleté. Exactement. Et j’avais trouvé ça dégueulasse. Atrocement rance. La sale chèvre. Le feuilleté humide, qui plie sous la dent au lieu de croustiller. Il avait une belle gueule pourtant. Comme là. Je croque dedans : limite immangeable. Faut vraiment crever de faim.
Deux ans. Ça fait donc deux ans que ce traiteur fait des brics dégueulasses. Et ça se vend. Des dizaines de feuilletés infects par jour. C’est à peine croyable. Moi je comprends pas. Les gens vont aller bouffer ça chacun dans leur coin. Puis aller gerber un peu plus loin, c’est pas possible autrement.
A moins qu’ils trouvent ça bon eux va savoir. Au fond, c’est une question de référentiel. D’étalon. Chacun son système de jugement après tout. Y avait une dame assez bien mise, avec une veste en goret, qui poussait des mmmh alors qu’elle venait de s’enfiler la dernière bouchée. Enchantée de son petit feuilleté elle était la dame. Mmmh. Une petite merveille, vraiment. Pourquoi se plaindre.
C’est marrant, j’aurais assez facilement tendance à tracer des parallèles moi. TF1. La culture du feuilleté mou. Dans son emballage à paillettes. La « littérature française » qu’on livre à pleines palettes à l’entrée de la FNAC (bah pourquoi droper des noms, y a qu’à ouvrir les yeux.) Allez, mettez-m’en quatre c’est pour offrir.
Le plus terrifiant c’est que moi aussi je me fais avoir. On a faim. C’est là. On craque. Pas se prendre la tête. Et on refait la connerie : Dégueulasse. Ce qui me console, c’est que je me dis qu’une sortie de métro c’est un lieu de passage. On ne fait que passer en général. En vitesse. On revient rarement.

Cl3CH

décembre 10, 2007 by Nicolaï Lo Russo

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Je. Moi, donc. Je suis un lecteur. Particulier. Image morphique. Dans la glace. Orphique. Je me regarde. Lire. Le cerveau-image. Oui j’aime. Je m’interpénètre que voulez-vous. Au dedans du dedans. Je m’aime lisant oui. Mon image. Image lisante de la femme lisante “de soi”. A soi si seule. Tout comme ma part féminine (forcément) dont je ne sais qu’elle. Et. J’emmerde. Il n’y a que moi devant la glace. Et ce livre-sexe lu. Par moi le lisant. Parfois je la sors. Ma bite d’amarrage. Et je me marre. Ma bite en main d’amarrage peu importe. Peu peu peu peu peu importe à quoi ça rime. Quel livre aucune idée pas d’importance de toute façon. Evacuer le message. Emetteur je me le mets. Mépriser l’écrivain oui. Où je pense. Toujours peu importe les mots sont à moi. Ce sont les miens que les miens ce sont mes mots de lisant. Où je pense oui. Où je ME pense lisant ce livre-cul dans la glace. (Plus rarement aux toilettes). Vacuum cleaner. Vade retro. Aspiration du Diable. Queue du diable rouge cortical. Cinabre. Violacée glandouiller dans ce fauteuil rouille de lisant. Image d’image. Echine oui je m’échine ah ces secondes de feu souterraines dont s’embrase la perception tellurique de la race lisante si nouvelle si pure si extatique. Ah là là oui. Il a fait que. Il aura fallu. Le gisant hasard. Mais j’avais voulu quand même. Vouloir. Essayer. Voir. Pour voir. Une fois au moins. Une seule fois. Toute petite petite. Oui petite dans l’ombre ricanante. Essayer. Try it ! Projet littéraire de lisant gisant sous tes reins. Oui je m’éclate moi oui toi pas écrivain toi non. Non. Enfin si. Chloé Delaume. L’essayer. Essayer ce lumineux projet-baume. Mettre mon projet de lisant devant son projet-phare. Son projet-dôme zonal. Et puis attendre le message violacé. La promesse de nacre. La juteuse idée cérébrale volcano-tellurique. Urique d’urée morte. La giclée unique. La lézarde blanche dans l’azur. M’amarrer aux marines foetales et attendre oui. Secondes. Minutes. Ultimes. Ah non pas ça. Ne pas s’endormir — fléchir. Chloé aide-moi-me-mich (mir). Ô. C’est mon premier. Livre-Verbe. Livre toi de toi. A moi le lisant et son projet de lisant-image corticale. (Quoique le gyrus anthracite soit parfois plus impliqué.) Bite me. Mords-moi avant la somnole. Qui me gagne abrupte brutale. Et swinguée finalement. Caressée llulose. Cette odeur abyssale de papier sémantique et sacré. Ah Chloé. Ô. Divine forme. Sans fond t’as pas pied. De nez humal animal. Forme Chloé. ZZZ. Ça me gagne je glisse dans le sommeil comme un serpent. ZZZZZ. 5. Indigestion crottale. Rot-forme hiatale. Chloé rot-forme. Chlo-Chlo. Roforme. (Cl3CH)