Archive for juillet 2007

De la relativité du mot « encombrant »

31 juillet 2007

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183 Euros. C’est la flute au sel que vous risquez si vous déposez dans une rue de Paris un « encombrant », (alors que vous auriez dû appeler le 3975, espèce de saligaud). Coup de fil angoissé de ma femme qui veut se débarrasser d’une série de pots en terre cuite un peu ébréchés : « Dis donc Ghert’ ça veut dire quoi pour toi « un encombrant » ? c’est très relatif, non ? A partir du moment où on peut trébucher dessus, moi ça me semble encombrant… » J’ai pas su quoi lui répondre.
Le Petit Robert tente de nous éclairer un peu au sujet de cet adjectif (transformé en substantif par la Mairie de Paris) : « Qui embarrasse, obstrue, gêne. Exemple : objet encombrant. » Je demeure perplexe : l’autre jour j’ai failli glisser sur une tringle à rideaux, boulevard Vincent Auriol. Heureusement, l’affiche camionnée ci-dessus nous donne la clé de l’énigme : Il faut au moins le volume d’une bonne machine à laver des familles pour être « encombrant ». Ou d’un congélateur. Ou d’une bibliothèque en merisier. Le gros machin incontournable, quoi. Donc si vous voulez vous débarrasser de votre ordinateur, de votre machine à coudre, d’une chaise ou deux, aucun problème. C’est plus modeste en taille, et ça fera toujours la joie des SDF ou des antiquaires. Avant que Paris ne ressemble définitivement à un musée sans âme ni rien qui dépasse.

Si un flic cherche à vous verbaliser parce que vous avez déposé un pouf et un aspirateur, sortez lui une photo de l’affiche ou demandez lui la définition exacte du mot encombrant. Vous aurez forcément raison. Mais surtout ne lui dites pas que c’est lui le plus encombrant dans l’histoire. Vous auriez tort…

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Les mosaïques de la Bastille

29 juillet 2007

Technologiquement – entre autres –, les américains n’en finissent pas de botter le cul de toute la planète, ça c’est pas nouveau. Pourtant, j’avais eu, en feuilletant le très bavard (et rarement pertinent) Science & Vie daté août, qui présente le site Géoportail, comme un vague espoir que la France n’était pas en reste. Qu’elle aussi savait montrer ses muscles quand c’était nécessaire. Qu’en matière de base de données, par exemple, elle n’était pas totalement à l’arrêt. Je dois me rendre à l’évidence : On est battu a plate couture, comme le démontre hélas cet édifiant comparatif de vue aérienne entre geoportail.fr et l’impressionnant Google Earth (logiciel à télécharger).
Géoportail (dont le maître d’ouvrage est le ministère du Budget et des Comptes Publics – eh oui !) a la particularité, lui, de pouvoir superposer des cartes IGN avec le rendu photographique. Or, à l’heure de la quasi standardisation des dispositifs GPS dans les foyers français, ça n’a guère plus d’intérêt. (Ou alors faudrait qu’on m’explique !) Par ailleurs, j’ignore quel aéronef (français ?) a commis ces malheureux clichés surexposés mais il gagnerait à nettoyer l’objectif de sa caméra… Les deux vues ci-dessous (brutes, non retouchées) montrent la Place de la Bastille au grossissement maximal. Comme qui dirait y a pas photo, hein. Quand en plus on s’aperçoit que Géoportail a cru malin, lui, de balancer des « watermarks » à son effigie sur les cartes « pour ne pas se faire pirater », on a la certitude d’être vraiment à Paranoland…
Je me dis quand même que c’est pas possible d’être aussi mauvais, que les « vraies infos » sont classées secret défense… Même si Science & Vie, dans un pitoyable cocorico, clame naïvement en parlant de la dernière version « 3D » de Geoportail : « Bienvenue dans une nouvelle dimension !  » On se fend vraiment la gueule.

Géoportail view « max »:

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Google Earth view « max »:

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Le blé ne se couche plus

27 juillet 2007

Pour des questions de blé. J’ai difficilement pu résister à l’envie de vous faire partager cette vidéo « Alerte Babylone », glanée sur Daily, et dont l’auteur (bravo à lui) demeure introuvable. Introuvable : c’est ce qui fait le charme piquant de la diffusion à tout va : l’auteur finit par perdre le contrôle de son travail, surtout s’il n’y a pas de générique. Copié/collé, copié/collé, copié/collé, etc. C’est aussi ce qui fait s’arracher les cheveux aux boîtes de prod. Génial ! . Et ça va pas aller en s’améliorant : tout semble appartenir à tout le monde sur le babel houeb. Surtout les bonnes informations, à l’instar de cette édifiante séquence, qui devrait vous donner envie de préparer vos valises pour aller sur Mars. (Bon, paraît qu’il y a une bonne file d’attente au guichet, hein. Et ils ont un peu de retard avec la navette, on nous dit de patienter…)
En attendant, vous reprendrez bien un peu de salade ? D’ici que le blé se recouche et que la voix de ce courageux ingénieur se fasse enfin entendre…

Merci Monsieur GHERTA

26 juillet 2007

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Mr. GHERTA appelle NUMERICABLE (ex Noos depuis Septembre)
Musique différente, pas du tout comme avant. Mais 10 minutes d’attente à 34 ct la minute. Tout à fait comme avant.
Enfin :
– Amar Raza, Numericable à votre service que puis-je pour vous ?
– … Bonjour… Je suis pas chez Noos ?
– Non monsieur. Vous n’êtes plus chez Noos monsieur.
– Comment ça ?
– Votre numéro de client s’il vous plaît monsieur.
– Je suis pas chez Noos ?
– Vous êtes chez Numericable, monsieur. Noos c’était avant. Vous avez dû être informé par courrier. Votre numéro de client s’il vous plaît monsieur.
– Ah bon… ça a dû être noyé dans les courriers publicitaires alors, on arrive plus à suivre… Et euh, vous allez changer de nom combien de fois encore ?
– Je ne sais pas monsieur. Votre numéro de client s’il vous plaît monsieur.
– Euh.. attendez je l’ai pas sous la main… Voilà… xx xxx xxxx xx
– (…) Que puis-je pour vous Monsieur GHERTA ?
– Une petite montée en puissance pour le même prix ; là je suis à deux mégas ça commence à faire short pour télécharger des films de boules russes.
– C’est à dire Monsieur GHERTA ?
– Quoi c’est à dire ?
– Vous voudriez accéder à notre bouquet numérique « super plus » si je vous comprends bien Monsieur GHERTA.
– Ah non pas du tout. J’aimerais juste passer à.. par exemple 8 voire 10 mégas, mais pour le même prix que je paye actuellement, 35 Euros, voyez…. Vos concurrents sont à 20 mégas pour ce prix-là, et avec la télé, eux ! J’ai l’impression de me faire entuber depuis quelques mois, j’aime pas beaucoup ça… Les tarifs baissent pour tout le monde sauf pour les fidèles abonnés… C’est quand même un comble, non ?
– Il faut vous adresser à votre service commercial Monsieur GHERTA. Puis-je répondre à d’autres questions Monsieur GHERTA ?
– Mais j’y suis pas là ? au service commercial ?…
– Vous êtes au service technique téléphonie Monsieur GHERTA. Avez vous d’autres questions Monsieur GHERTA ?
– Ah bon? pourtant j’ai bien tapé sur la touche 5 en dernier… Oui, j’en ai au moins une de question…
– Je vous écoute Monsieur GHERTA.
– Vous trouvez pas aliénant de devoir dire « Monsieur GHERTA » toutes les trois secondes? Vous pourriez pas vous détendre un peu ? J’ai l’impression de parler à un robot…
– Ce n’est pas moi qui fixe le règlement interne Monsieur GHERTA. Nous avons des devoirs et somme surveillés Monsieur GHERTA. Avez-vous d’autres questions Monsieur GHERTA ?
– Wow ! Ça va vous ? enfin je veux dire la santé, la famille, le bled, enfin tout ça quoi…
– Avez-vous une question en rapport avec le service technique téléphonie Numericable Monsieur GHERTA ?
– Non.. Non, ça va… merci… C’est…
– Numericable vous remercie de votre appel et vous souhaite une excellente fin de journée Monsieur GHERTA.
– Euh, merci.. vous aussi hein…
– Merci Monsieur GHERTA.

Les grandes marques

24 juillet 2007

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Outre qu’il me fait voyager un peu partout dans le monde sans payer (et sans décalages horaires), mon trépidant métier a un avantage considérable : celui de me faire gagner énormément d’argent. Ce qui permet à ma femme de dormir longtemps le matin, évitant ainsi qu’elle n’ait à s’ensardiner dans les boîtes exiguës que nous offre la RATP dès 5h30. (Et jusqu’à 9h30, après ça décoince un peu.) En revanche, la faculté qu’a ma femme de dormir sans bouger n’est pas sans poser de problème au niveau de la ventilation de son épiderme (et de l’irrigation des capillaires). Sans aller jusqu’à risquer une douloureuse esquarre, l’immobilité nocturne de ma femme – qui par ailleurs bouge énormément lorsqu’il s’agit de passer aux galipettes ou qu’elle aperçoit une araignée au plafond – est confrontée à l’évident manque de qualité du méchant coton composant les housses de couettes de grandes marques.
Désormais, nous allons dormir dans de la soie du Tibet. From Belleville.

Rayon frais

22 juillet 2007

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Que Paris se vide de quelques (centaines de) milliers d’âmes dès fin juillet c’est une bonne chose. On y voit plus clair. L’air revient, on respire, on musarde sous les néons, tranquille. Et y a pluss de place Boulevard des Yaourts, forcément. Mais il y fait plus frais aussi : avec les frigos qui carburent à fond, sans résistance, la température descend en schuss en dessous-de la barre des 10°C dans certaines grandes surfaces. (Le Bon Marché ici, je crois, à moins que je me trompe). Alors on ressort les parkas, les écharpes PSG, pour braver la banquise. On peut même observer certaines caissières (presque immobiles du matin au soir, les pauvres) travailler avec des mitaines.
Cette année c’est sûr, c’est pas la canicule.

Sagem bien

20 juillet 2007

 

 

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Les photos bruitées à cause du manque de lumière, ça fait pas pro hein ! Eh ben justement pour moi l’amateur c’est parfait. Fallait quand même que je montre à mes nombreux lecteurs (ça va ça va, poussez pas ! y a d’la place pour tout le monde…) l’appareil responsable de la plupart des images de ce blugg. (Pas mal « blugg », ça fait tout de suite beaucoup plus tendance non, allez je me ressers un wiski avant d’aller déposer le nom).
Donc, il s’agit d’un précieux modèle de téléphone portable : le Sagem MyX-6-2 (sorti juste avant le NzY-7-3 et après le LxW-5-1, donc). Grâce à son manque d’ergonomie absolu, sa surcharge pondérale, je ne l’utilise pratiquement plus que pour faire des photos ratées (floues pour la plupart, désaturées ou trop saturées, « minables » quoi). Ce qui a l’avantage de nous porter loin de ces photographes pros qui se battent à coup de megapixels, pour nous concentrer sur ce qu’il y a de plus intéressant, finalement : le sujet.
Vous noterez au passage combien j’ai dû ruser pour d’une part vous montrer l’outil sur ces nombreuses faces, et d’autre part rester moi-même assez discret devant la glace. Le montage multi-miroirs, le calcul des axes optimums, m’ont quand même pris deux heures et demie. Faut pas croire que ça vient tout seul le talent, hein.


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