Le rhume de l’homme heureux

by

rhume.jpg

J’aime bien avoir un petit refroidissement de temps en temps. Progressif. Qui commence chez moi par la sensation d’avoir un Lego coincé dans la gorge. Ce plastique aux coins piquants, vous savez. Et puis le nez ensuite. Qui ferme lentement ses portes aux premières senteurs du printemps. Les yeux coulent, les narines sont bouchées, la tête est comme enflée, trop lourde. Le mal s’installe pour quelques jours et le corps va devoir lutter.
J’aime cette lutte. Elle me rassure. Oh une escarmouche, rien de bien violent ; une ou deux boîtes à la pharmacie, un peu de patience et s’est réglé. Pourquoi est-ce que j’aime ça? Pourquoi est-ce que je l’attends presque ce refroidissement? avec comme une étrange impatience? Parce qu’il me permet de me dire que ce qui m’arrive n’est pas très grave. Mais que, malgré tout, quelque chose m’arrive. Que mes anticorps ne sont pas là pour rien, en arrêt de travail. En arrêt maladie. Non : ils vont pouvoir montrer leurs muscles, là. Sortir leur bleu. C’est pas bon du tout de ne rien faire pendant trop de temps. De rester bras croisés à attendre la Dame. C’est même angoissant à la fin de ne jamais rien avoir.
Le rhume commun, quant à lui, ne connaît aucun adversaire à sa taille. C’est un virus qui échappe a toute tentative d’éradication. Depuis des millénaires il est le plus fort. Il rentre dans une carcasse, reste un peu, batifole, et puis s’en va comme il est venu : tranquillement. On ne traite que les symptômes, en fait. On ferme les vannes des liquides, mercenaires chimiques, et on attend. C’est un véritable plaisir, je trouve, de sentir cette victoire proche, cette fin annoncée.
Qui n’est pas sans me rappeler d’ailleurs ce petit rituel saisonnier, qui me prend quand il commence à faire très chaud : ces jours d’août où je porte des mocassins une pointure en-dessous, pour avoir le plaisir infini de les ôter en rentrant. Quelle bénédiction quand j’ôte ces saloperies de mocassins trop petits ! Et que mes pieds retrouvent leur espace vital, leur respiration ! leur belle ampleur de pieds heureux !

Advertisements

Étiquettes : , , , ,

2 Réponses to “Le rhume de l’homme heureux”

  1. Daniel Fattore Says:

    Schnouarf!
    Notez que la saison des rhubes s’achève – ou qu’elle commence, puisque c’est justement quand on oublie de faire gaffe que le virus se déchaîne.
    Allez, un petit mouchoir virtuel…

  2. Grand Schtroumpf Says:

    Votre ironie est épatante. Enfin disons que j’espère que c’en est… Moi il m’arrive de courir derrière un taxi, ainsi j’ai l’impression d’économiser le prix d’une course et ça me fait du bien. Vous avez dit masos?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :