Aladin et la langue merveilleuse

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L’intelligence artificielle fait de grandes avancées. Ça n’arrête pas. Premiers à en bénéficier (à part le Pentagone et Steven Spielberg) : les éditeurs. Voyez ce progiciel américain (évidemment) d’aide à la « décision de publication » : Aladdin Words Genius 1.0 (actuellement en version beta). Le principe est simple : On lui soumet un texte (roman, essai, etc.) et le logiciel donne son verdict quant à l’intérêt de ce texte – qu’il parvient à « lire » –, en fonction de critères pré-programmés et d’algorithmes basés sur l’analyse sémantique de grandes bases de données comparatives. Dans ces critères on a par exemple, pour les oeuvres de fiction :
– dramagraphe (diagramme du suspens)
– coefficient de pertinence socio-culturelle (pour une époque donnée)
– détection des (éventuelles) zones soporifiques
– détection de la tranche d’âge cible (avec indice de pénétration probable)
– coefficient d’intégrabilité (dans une collection, pour autant que l’éditeur nourrisse des critères pertinents)
– coefficient de traduisibilité (28 langues disponibles pour l’instant)
– indice d’adaptabilité (livre à film)
– taboumètre
– évaluation plastico-morphologique (le style, j’imagine)
et finalement,
– indice de publiabilité (en tenant compte – ou pas – de facteurs géopolitiques)

D’autres critères sont actuellement à l’étude, parait-il. Bon. Qui a dit qu’éditeur est un métier qui se perd ? Il semble en tout cas qu’il soit en mutation.

Aux dires des concepteurs, les premiers essais sont assez concluants. Sur 1000 manuscrits analysés (envoyés par la Poste), 74 exemplaires auraient un indice de publiabilité passant la moyenne de 6 (sur une échelle de 10). Par contre, sur 500 manuscrits « copinage » – et dont un tiers a été édité ! – il est saisissant de constater que seuls 11 passent la barre fatidique. Marrant, ça. Surtout quand on sait qu’un manuscrit « postal » a (en France en tous cas) grosso modo une chance sur mille de se voir publier. Bref. Les progrès de la science ne cessent de m’étonner.
Et une bonne nouvelle : Une version grand public Aladdin Words Genius light, devrait sortir fin 2011 (selon des estimations non officielles). Sympa pour les écrivains en herbe désireux d’avoir une évaluation de leur travail, avant d’envoyer leur manuscrit aux éditeurs – toujours très occupés. (Et qui vont bientôt se munir, eux, de la version pro. Attention, donc…)

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7 Réponses to “Aladin et la langue merveilleuse”

  1. Marco Says:

    Ex-cel-lent!!
    Je le veux!
    La version familiale!
    Quel que soit le prix!
    Je veux aussi le « Merlin Words Genius 1.0 »! Et le « Gandalf Words Genius 1.0 »!!
    Pour être plus performant!
    Et tellement plus littéraire!
    Il était temps!
    Enfin de la rationalité pour devenir génial!!
    Et de l’espoir pour des millions de gens trop approximatifs!
    (et faut prévenir Léo, hein :)

  2. flibustier Says:

    ah oui j’en aurai bien besoin de ce logiciel, surtout pour le dramagraphe et le taboumètre :)) je télécharge la version pirate des ce soir.. 22 manuscrits copinages sur 1000 ça me parait peu quand même, surtout qu’il ya au moins 50% de journalistes ou critiques litt. (c’est souvent comme ça..). Info ou intox?

  3. Daniel Fattore Says:

    … vous allez voir la grève que ça va déclencher dans les comités de lecture!

  4. Femmedepersonne Says:

    Sur un blog vous marquez ceci Nicolaï  » On pourrait croire, avec ces chiffres, qu’un écrivain a plus de chance d’être publié qu’avant, puisque le nombre de titres a triplé. Eh bien non : le nombre d’écrivants – de manuscrits reçus par les éditeurs – aurait augmenté lui d’un facteur 5 à 8, selon certains observateurs, et ce en un quart de siècle »

    Nicolas est ce que les femmes n’écrivent pas plus qu’avant depuis un quart de siècle? Ce serait une explication à cette augmentation de manuscrits.

  5. Femmedepersonne Says:

    Et sur le même sujet, la population de la France a augmenté également énormément de 1975 à ce jour, ce qui explique aussi que plus de manuscrits soient envoyés et plus de livres achetés.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:France_demographie.png#filehistory

  6. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Femmedepersonne. je pense que les femmes n’écrivent pas plus qu’avant. Elles montrent plus volontiers ce qu’elles écrivent, en revanche. Elles se libèrent du mythe de « l’écrivain, cet homme solitaire » ». Les blogs contribuent à accélérer ce phénomène je crois. Il suffit, parfois un peu vite hélas, de se voir être capable d’aligner deux mots sur une page internet pour se dire : « et pourquoi pas moi? ». C’est une des parties de la « démocratisation » de l’art. Et pas des moindres. (Ce dernier point concerne autant les femmes que les hommes, bien évidemment.)

  7. Cendrillon Says:

    le cadeau de Noël 2008 à offrir aux maisons d’éditions! excellentissime :)

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