HYROK, les chiffres

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©Jim Shaw

Certains ont pu voir, ces derniers temps, que je m’intéressais aux nombres, aux chiffres (à leur représentation). C’est qu’ils sont comme les images, ils parlent, ils signifient. J’aime beaucoup les chiffres. Or je viens de recevoir, de mon cher éditeur – un moment que je l’attendais –, le premier arrêté de comptes pour mon roman, HYROK, paru il y a un an précisément. J’en ai profité pour faire un petit bilan – chiffré donc – de cette expérience humaine riche en enseignements que fut l’aventure, totale et stupéfiante, de la rédaction et de la publication de ce « grand premier roman » – je reprends ici l’expression d’une des mes peu nombreuses (mais ô combien fidèles) admiratrices. C’est donc avec une réjouissance non feinte, presque fébrile, que je m’empresse ci-dessous de vous faire partager ces données « chiffrées »… (D’autant qu’on aborde, selon certains observateurs drôlement perspicaces, l’ère de la « transparence ». Soyons précurseurs.)

Vous avez tout loisir de commenter après lecture, bien entendu. Voici :

ÉDITEUR :

Ouvrage : HYROK (roman) ; 516 pages. Prix public : 19 euros.

Éditions Leo Scheer, collection « M@nuscrits ».

Dernière version du tapuscrit remise à l’éditeur : fin mai 2009

Début des corrections : fin août 2009

BAT (Bon à Tirer…) : 17 septembre 2009

Sortie imprimeur : 23 septembre 2009

Exemplaires imprimés : 1000

Exemplaires « presse » envoyés aux journalistes et blogueurs : 89 (dont une bonne moitié avec un mot perso de l’auteur).

Sortie publique : 7 octobre 2009

Exemplaires  « pour l’auteur » : 20 (j’en ai gardé 4, le reste a été distribué, offert.)

Exemplaires « mis en place » par les libraires (près de 4000 points de vente en France, Suisse, sites en ligne…) : 724

Ventes nettes au 30 juin 2010 : 216 exemplaires.

Retours : 508 (la plupart, un peu abîmés donc invendables, seront envoyés vraisemblablement au pilon.)

Dans les « mouvements d’inventaire » : 61

Stock neuf chez le distributeur au 30 juin : 106

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TRAVAIL :

Temps de prises de notes, plan, documentation, réflexion, etc (pour autant que ce soit quantifiable en heures, la nécessité d’écrire HYROK étant intervenue pour moi début 2005) : 1h par jour, soit environ 400 heures.

Temps d’écriture effective de la version 1 du manuscrit : 4h/jour exactement, du 1er mars au 26 octobre 2006, dimanches non compris, soit environ 960 heures.

Temps de réécriture et travail des versions suivantes (2 à 9 – cette dernière apparut en ligne sur le blog des Editions Leo Scheer de septembre 2008 à juin 2009, occasionnant plus de 500 téléchargements) : environ 400 heures.

Temps de corrections avec Julia Curiel, éditrice aux éditions Léo Scheer : environ 30 heures.

Temps de fabrication des tapuscrits initiaux, envois, lettres manuscrites à 26 éditeurs, puis dépôt en personne à 20 d’entre eux : environ 25 heures.

Total : 1915 heures (soit 239 journées de travail d’un ouvrier, quasi une année calendaire).

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COÛTS de PRODUCTION (pour l’auteur) :

Frais de fabrication de 17 tapuscrits (à dos collé) envoyés à 26 éditeurs (en plusieurs vagues, donc avec réutilisation possible des tapuscrits retournés en bon état) ; 28 euros x 17 =  476 euros

Frais d’envois de 6 tapuscrits (les autres ayant été déposés par mes soins, comme j’habite Paris) : environ 40 euros

Frais personnels d’envois du livre publié : environ 50 euros

Buffet/boissons pour la Soirée HYROK du 11 mars 2010 organisée par moi-même : 517 euros

Frais divers :  env. 100 euros

Total : 1183 euros

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RÉSULTATS DES EFFORTS :

Nombre d’articles parus dans la presse « papier » : 3 (deux courts articles en presse périphérique, dus à la bienveillance d’une connaissance perso ayant sincèrement aimé le roman ; plus un « confetti » dans le Service Littéraire, qui m’a fait plaisir malgré ses deux lignes top chrono.)

Nombre de blogs ayant rédigé une critique ou un avis sur le roman : 9

Nombre d’ouvrages vendus (voir plus haut) : 216 (autant dire : aux amis, amis d’amis, à la famille, pour une grande part.)

Montant du chèque établi à mon nom par l’éditeur le 29 septembre 2010, suite au relevé de juin : 302 euros.

Emissions de radio/télé, parlant de HYROK : zéro

Lectures / Salons du livre / Signatures librairie : zéro

Prix littéraire : 1 (le Prix Léo Némo 2010, de l’Université Méditerranéenne de Pataphysique – très grand honneur. Si si !)

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DIVERS :

Amis véritables (de longue date…) perdus lors de l’aventure : 2 (une femme, un homme). Jalousie possible, incompréhension, déphasages divers, doivent absolument être pris en compte lors des processus abyssaux d’écriture/publication (et plus globalement de création). Créer isole. Et c’est indépendant de la réussite (ou de l’échec) de l’oeuvre. Bon à savoir.

Relations virtuelles sympathiques (sur le web, les blogs divers) engendrées pendant l’aventure, un peu moribondes depuis (ben oui, tout passe) : environ 10 (faudra songer à réactiver hein, à l’occasion…)

Relations réelles, et intéressantes, avec suivi IRL, engendrées pendant l’aventure : 3 (ouf ! quand même. Ils se reconnaîtront.)

Animosités déclarées, personnes haineuses à mon endroit, engendrées pendant l’aventure : 8 (Eh oui, la littérature est un sport violent.)

Personnes chères qui, par leur silence, leur peu de soutien, leur absence totale d’intérêt ou leur hypocrisie, m’ont déçues : 27 (mais je ne leur en veux pas, c’est la vie.)

Personnes inconnues ou peu connues de moi, qui, par leur lecture attentive, leur enthousiasme, leur mots, leur implication, m’ont apporté de la joie : 11. Venez là que je vous embrasse.

Poids (en kilos) pris par l’auteur entre le printemps 2006 (début de l’écriture) et l’été 2010 : 10. La station assise, les soucis, l’état semi-dépressif, peuvent chez certaines personnes engendrer une nette prise de poids. C’est bien connu.

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Voilà pour un premier bilan chiffré, que j’ai souhaité le plus exact possible, le plus proche de la réalité des faits.

Chacun tirera les conclusions qu’il voudra, selon son expérience, ses propres souhaits, et aussi ses fantasmes. Je lui laisse aussi aussi le soin, s’il aime étonner ses amis, de jouer à l’arithmétique amusante (argent dépensé vs argent gagné, productivité du travail, quotient psycho-énergétique, coefficient de plaisir net, etc.). C’est trépidant vous verrez.

(J’entends à l’instant les derniers chiffres d’audience de « Secret Story », dingue ! : vous avez été plus de 3,5 millions à regarder l’émission ! Oui : millions ! Mille fois mille ! Comme dirait un vieux copain ufologue : « c’est phénoménal !… »).

Tiens, en parlant de MILLIONS, j’y retourne

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77 Réponses to “HYROK, les chiffres”

  1. christiane Parrat Says:

    Nicolaï,
    ton roman est magnifique. Une lecture inoubliable qui revient souvent en ma mémoire.
    Tu es un homme heureux car tu as été au bout de ton rêve d’écriture.
    Le reste est sans importance…
    Belle soirée.
    J’aime Louison et la petite Vio. Ils sont maintenant de ma famille pour toujours.
    Amitié d’une lectrice que tu as passionnée !
    christiane

  2. Zoë Says:

    Sais pas si je fais partie des chiffres quelque part mais vous pouvez m’ajouter au nombre des bienveillantes (uh uh) qui vous ont poupoulé dans leur blog et vous ont promu (uh uh) auprès des copains copines. Bon pour le reste tout ce que vous démontrez chiffres à l’appui me renforce dans ma position : mes tapuscrits dorment tranquillement dans leur tiroir, ils ne m’ont coûté que le bonheur de les écrire. Les propulser plus avant , pffff! rien que l’idée, ça m’épuise. (Et ce sont de petites choses comparées à votre ouragan). Songez seulement à ce miracle : vous êtes vivant ! Des bises à Louison et à Vio

  3. Pas envie de dire mon nom ! Says:

    Soupir… Que dire ? Je plains l’auto-édition ! Signé : la ribambelle.

  4. Sophie K. Says:

    Nico, tu sais ce que j’en pense : tu as bien fait d’écrire ce livre magnifique. Je ne suis pas loin de penser qu’il reverra le jour, plus tard, et autrement plus visible.
    Sinon, ton idée de compter de cette manière les coups et les coûts est excellente, mais terrible ! Je pourrais multiplier par X moi itou les investissements improductifs, sur le plan pognon, de mes « élans » créatifs. Pourtant, tous m’ont été fructueux, là sur des plans autrement plus enthousiasmants : amour, amitiés, créativité et…plaisir, en fait, malgré les galères.
    Je suis sûre que tu as oublié de comptabiliser ton plaisir, dans tout ça. Et je suis certaine qu’il y en a eu.

  5. Ange Amadei Says:

    Seulement voilà, LE PRIX LEO NEMO 2010 a une valeur, pour l’instant, inestimable. Tout ce que tu évalues, si bien, sont des dépenses d’investissement…
    Qu’en est-il de ton contrat avec ce cher Leo Scheer? Un seul livre et ciao?

  6. Vinosse Says:

    Buffet/boissons pour la Soirée HYROK du 11 mars 2010 organisée par moi-même : 517 euros

    Pfiouuu…. Là c’était trop, beaucoup trop … Déjà l’idée de faire une « soirée » …
    Mais bon, je vais voir si je peux trouver un exemplaire de votre livre…

    Y’avait quoi au menu du pot ?

  7. Nicolaï Lo Russo Says:

    Tiens, des champignons ont poussé pendant la nuit. Un bonheur ce mycélium !

    @christiane. Merci, grande lectrice ! Venant de toi (on peut se tutoyer c’est bien vrai !) et sachant le nombre incalculable de livres que tu as lus, et de très bons, tes lignes me font chaud. Toujours. Puissé-je ne jamais me réveiller de mon « rêve d’écriture », il y a encore tant à dire ; le plus important est d’aimer ce qu’on fait, tu as raison, et je ne regrette rien, j’ai appris beaucoup de choses, sur l’humain, la vie, le fonctionnement de la machine. C’est essentiel. Je ne considère ce billet que comme une sorte de radiographie froide d’une aventure qui fut. Sans jugement, j’expose des données. Ce n’est pas très important, même pas du tout, mais je pense que c’est intéressant, cet angle-là.

    @Zoë. Oui, vous fûtes présente et bonne. Le bonheur de les écrire, oui. C’est déjà grand – surtout vu de votre fenêtre qui donne sur la lande et le ciel… (Mais je pense que c’est un plus grand bonheur encore que celui de partager ensuite.) Ne manquerai pas de transmettre les bises :)

    @Sophie. ;) Ben oui, pour les dépenses des artistes c’est tout à fait vertigineux. C’est pour ça que je trouve être un bon exercice, parfois, de comptabiliser TOUT. Pour voir. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’on arrive à des sommes relativement colossales, qu’on a l’impression qu’on est dans le gouffre, tout au fond, mais qu’on est toujours vivant (comme dit Zoë). On arrive à se débrouiller, un peu comme les accros aux casinos, aux putes ou à l’héro. Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible. Dieu merci je n’en suis pas encore là mais j’avance (dangereusement).

  8. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Ange (gardien ?). Mon contrat avec Léo Scheer ne fait pas apparaître l’obligation ni même la possibilité d’un second ouvrage. Ce qui ne me dérange aucunement, au contraire. Je suis totalement libre, comme une jeune fille sur le Pont des Arts. Qui retrouve le frais. (Et qui, oui, investit :)

    @Vinosse. Haha ! Je reconnais ici votre pragmatisme terrestre… Que vous répondre ? J’aime que les gens soient contents, qu’il y ait du bon vin, de la nourriture de qualité. Voilà. Pour le « menu » je ne me souviens plus très bien, mais il y avait de quoi voir venir. Et puis je savais que ce serait la seule soirée autour de ce livre, donc j’ai redoublé d’attention.

  9. Gaël Says:

    Nicolaï,
    Je suis consterné. Depuis pas mal de temps déjà puisque je pressentais un peu tout cela, mais là, avec tous ces chiffres, ces « signifiants » comme tu dis très justement, je trouve déplorable d’aboutir à un tel résultat. J’en ai touché deux mots l’autre jour à Carole F (refusée comme moi par LS), Hyrok méritait tellement autre chose…
    Pour en reparler si tu souhaites…
    G.

  10. Michel Says:

    Nicolaï, vous faites preuve d’un rare courage à publier ces chiffres en effet consternants. Une malediction plane sur votre roman, je ne vois pas autre chose. Vos ennemis vont apprécier. Quant à vos suiveurs si je puis dire (j’en suis), ils voient que ce dont vous parlez si bien dans Hyrok à propos de la difficulté d’être un artiste dans ce monde se retrouve cyniquement dans le monde littéraire (votre débâcle en est la preuve vivante). Il y a dans ce phénomène répétitif un quelque chose d’impénétrable, une fatalité qui dépasse l’entendement, comme un cri étouffé par le système, impossible à sortir. J’imagine votre frustration; (en même temps je vous crois assez costaud pour continuer, votre projet pour la Shoah parle pour vous). Peut être devriez-vous (c’est une simple suggestion faites en ce que vous voulez) proposer cet article au Monde des Livres, car il est éclairant à plein d’égards, il pose des questions systémiques. Je reste persuadé qu’un jour la bombe qu’est Hyrok éclatera, c’est tout le mal que je vous souhaite. Avec mes cordialités et ma sympathie. Michel Dubreuil

  11. Marie Says:

    Cher Nicolaï;
    je suis en accord (comme toujours ) avec Gaêl. C’est consternant. Sur l’étagère juste à côté de mon lit, il y a les livres que j’ai préférés ces vingt dernières années et je vois donc Hyrok tous les jours et je me dis que votre livre est vivant pour des lecteurs qui ont été épatés par votre talent. Et on aurait tellement aimé être au moins plusieurs milliers !
    Il faut absolument que dans les années à venir il y ait un autre roman de vous en librairie, ce n’est pas possible autrement ! Et celui là marchera. Et du coup, on ressortira Hyrok. Vous écrivez vite en plus: pour faire un pavé comme Hyrok, il m’eût fallu dix ans ! Non, je suis consciente de mes limites: même en 30 ans j’y arriverais pas;)

  12. ФДAK Says:

    Oui mais bon. Van Gogh aurait pu rester au lit aussi. Les chiffres, cela ne veut rien dire du tout dans aucun domaine artistique. Il ne restera rien dans rien ni de Shakespeare, ni de vous, ni de personne. 10 000 ans, 100 000, il ne restera rien. Le concept d’echec est une illusion tout comme celui de reussite.

  13. Sophie K. Says:

    Ça, c’est du Lao Tseu, ФДAK ! D’où ma notion, pas si simplette que ça, du « plaisir de faire » (je ne parle bien évidemment d’un plaisir superficiel) et ce malgré les difficultés. (En sus, un lecteur enthousiaste est une victoire totale dans l’absolu.)

  14. Sophie K. Says:

    * correction : « un SEUL lecteur enthousiaste », bien sûr, scusi.

  15. Mikael Says:

    Bon post, Nicolaï, courageux et tout…
    Mais, c’est justement dans l’adversité, au fond du gouffre que l’on distingue finalement ceux qui ont ça en eux et trouveront la force de continuer (d’une manière ou d’une autre) et ceux qui, découragés, laisseront tomber. Ce n’est pas la réussite qui fait le tri.
    Celui qui réussit, par ailleurs, est souvent celui qui a échoué plus et plus souvent que les autres. Le vrai loser, lui, abandonne au premier échec.

  16. Marco Says:

    Sur le fond de l’affaire et les perspectives, d’accord avec Michel et Mickaël. (c’est pratique d’arriver en 15° position, d’autres commentateurs ont tout bien dit, y a juste à mettre du +1)
    Sur la forme, j’adore ce genre de bilan (faut dire que j’adore les listes en général). Parmi tous tes chiffres enchanteurs, il y en a un que j’aime particulièrement, bien énigmatique: « Frais divers 100 euros ». (diable, de quoi peut-il s’agir?).
    Cependant, un chiffre manque, et pour cause: le nombre de lecteurs. En dehors des 216 ventes et indépendamment de la sortie « officielle ». Par exemple, il y a une semaine je parlais avec un copain passionné par la photo/la peinture et qui évoquait la fermeture du système; du coup je lui parle d’un roman qui justement, entre autres choses… lui très intéressé… et hop, un Hyrok de nouveau en vadrouille, un an après, et par delà tous les chiffres possibles et imaginables.

  17. angelique Says:

    ouh, j’ai l’impression de voir les chiffres de mes 2 premiers romans (même si j’avais eu la chance d’avoir des à-valoirs). Le 3e décolle doucement, mais doucement, doucement…
    ça ne sert sans doute à rien de vous dire ça, d’autant moins que, je le reconnais, je n’ai pas lu votre livre, mais je compatis avec vous devant ce vaste tableau de gâchis… pourtant, il faut continuer! Comme il est dit plus haut, des invisibles vous ont lu. Promis, j’en ferai bientôt partie.
    écrivez vous autre chose?
    il me semble qu’on pourrait ajouter à votre liste le tarif horaire et absurde de votre travail:
    1183 euros perdus -302 gagnés = 881 divisés par 1915 heures de travail = seulement 46 centimes de perdus par heure de boulot!

  18. Virginie Says:

    Puta…! Voilà un post qui remet les pieds sur terre quand au monde de la littérature,le « plus » vécu par nombres d’auteurs, et certainement le moins communiqué. Je trouve cela d’autant plus dur pour HYROK, il mérite vraiment plus de lecteurs. Et surtout, je lirai volontiers un prochain roman de Mr Brosse Gherta!
    Alors pour les gens qui n’ont pas encore lu HYROK, je vous donne en quelques chiffres des raisons de l’acquérir:
    Plaisir immédiat (lecture): 18000 secondes
    (prix) : 0.001 euros la seconde de lecture
    Plaisir différé (après lecture): 350 jours
    (prix) : 0 euros

  19. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Gaël. Ta compassion me touche. En reparler, oui mais de quoi ? Les jeux sont faits de toute manière. Je ne sais pas si c’est très utile de ressasser. Je ne me lamente pas, j’expose des faits chiffrés. J’y trouve une substance intéressante, nutritive. Comme un matériau nouveau. Des faits qui auraient pu être plus favorables, plus « normaux » au niveau de la publication et de ses conditions. Une lectrice vient de m’écrire un mail où elle me dit, sympathiquement, que malgré tout le livre existe et que l’éditeur m’a sorti de l’anonymat. Qu’en somme c’est mieux que rien. Je suis en train de me demander ce qu’est, en fait, l’anonymat. C’est une question d’échelle je crois. Et puis est-ce bien de « sortir de l’anonymat » ? Je ne sais pas. Moi j’aimerais juste que des gens lisent ce livre, c’est tout. Même en bibliothèque, peu importe. Car je pense qu’il y a de bonnes choses à l’intérieur, éclairantes ; et c’est dommage de passer à côté. Je dis cela très sereinement, avec recul.

    @Michel. Un rare courage, ah bon ? Vous savez il y a, depuis quelques temps, quelque chose qui s’est détaché, que je vois avec une certaine distance. Quelque chose que j’avais là, dans moi, une vraie douleur, lancinante et quasiment incommunicable. Celle du silence et de l’échec. Je ne crois pas que ces chiffres soient honteux, ou quoi que ce soit. C’est comme ça. Pas monté dans le train qu’il aurait fallu, la bonne gare, etc. Il y a pire dans les tristes histoires. Mais ce que vous dites est très juste sur le côté cyclique et hermétique de l’affaire, et ce quel que soit le domaine. On a beau danser sur la tête, avoir un « vrai talent », rien ne se passe si l’on a pas le bon outil pour percer le mur. Et se faire entendre. C’est un véritable problème qui pourrit la vie d’une masse croissante d’artistes en tout genre. Trouver l’outil, c’est ça le plus difficile dans le fond. Une fois que vous avez l’outil, peu importe ce que vous créez, ça marche, ça se vend, on en parle. Même si c’est de la grosse merde, ce que vous produisez – et c’est souvent de la grosse merde, ce qui est produit massivement, que les gens reçoivent. C’est un peu le monde à l’envers quoi. Pour ça que moi j’ai un peu de peine. On ne se refait pas. Pour l’article à proposer au Monde, franchement là je ne sais que vous dire. Je me vois mal faire ça moi-même. Non ? (peut-être ne suis-je pas assez gonflé, ça doit être ça…) Le matériau est là, que ceux qui veulent s’en saisir s’en saisissent.

    @Marie. Merci pour votre optimisme. Puisse Dieu vous entendre ! :) A part ça je ne crois pas que j’écrive particulièrement vite. Ce doit être la moyenne pour un tel volume.

    @ФДAK. Certes, certes. Dans 100.000 ans de toute façon il n’y aura que des robots bioniques qui se montreront leurs attributs holographiques par tunnel synchrone sur Facebook. Alors c’est sûr que Vincent et William…

    @Mikael. Ouf ! je ne suis pas un loser alors ! Je m’disais bien (on est très copains, l’adversité et moi). Merci de votre passage, et bon vent à votre livre à vous.

    Bon, je fais une pause là, j’ai soif.

  20. Chr. Borhen Says:

    Vous êtes hanté par les listes.

  21. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Marco. Hahaha, coquin. Oui ces 100 euros je les ai mis un peu au pif j’avoue tout de go. Mais il y a les verres offerts, les livres achetés au Salon du livre pour faire style « je m’intéresse à ce qui s’écrit en ce moment » (sur le stand de Marion Mazauric, par exemple, avec ce cher Jaenada), les ronds de jambes chiants et obligatoires, le téléphone hors forfait, les cartouches d’imprimantes à 30 boules, tout un petit bordel qui s’accumule et qui vient sensiblement alourdir la facture du « primo-écrivain-qui-cherche-un-éditeur »…
    Pour le nombre de lecteurs alors là… Il est immense, sans aucun doute ! Comment ai-je pu oublier ça, dame ! (Merci de prêter HYROK à vos amis, c’est une excellente idée.)

    @angelique. « Gâchis » est un mot qui fait sens. J’achète ! (comme dirait l’autre). La défaite n’est certes pas totale, d’aucuns ont lu et profondément aimé ce roman, ce qui est une source intarissable de plaisir pour moi, mais au final oui, il y a tout de même un peu de gâchis par rapport au résultat espéré. Pour vous répondre, je compte écrire autre chose, oui. De toute évidence. Mais je n’ai pas encore (re)commencé. Un certain projet assez important m’occupe, un peu éloigné de la littérature. (Quand je dis « m’occupe » je veux dire qu’il m’occupe aussi l’esprit, ce qui est envahissant.)

    Ah calculs absurdes comme je vous aime !

    Qu’écrivez-vous, angélique ?

    @Virginie. Oui, c’est certain, on oublie volontiers certains paramètres quand on parle édition… Il est bon de soulever parfois les pierres pour voir ce qui grouille en-dessous, dans le noir humide :) Quant à votre calcul, il me semble décoiffant, mais j’ai peur de n’en saisir qu’une partie (le début, moins la fin…)

    Merci à tous pour vos messages.

  22. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Christophe. Hanté, je ne crois pas, mais intéressé, oui. Les listes sont des mots-images, elles offrent un champ sémantique qui convoque l’imaginaire, tout en mettant le doigt sur des points précis, clairs, ordonnés. Elles permettent la synthèse rapide de la pensée volage. Rien de tel, quand on veut y voir, qu’une bonne liste. Vous devriez essayer :)

  23. Christian Says:

    Nicolaï,

    Sur ces sujets, je suis assez lunatique. Les chiffres révèlent, mais disent souvent peu comme l’ont souligné Christiane, Zoë, Sophie… Sont-ils vraiment étonnants ? Non, ils sont juste aujourd’hui ordinaires. Hyrok méritait-il de sortir de cet ordinaire ? Oui, certainement. Mais, Nicolaï, Hyrok n’est pas fini. Un an ce n’est rien pour la vie d’un livre, d’un texte. Le considérer comme tel serait baisser les bras et se dire que seuls les flux et leur rapidité de circulation comptent.

    Marco te donne un exemple (UN), je t’en donne un autre (DEUX), dans la petite bourgade de Gallésie où j’ai décidé d’habiter, lors d’une soirée littéraire – si, si – j’ai parlé plus particulièrement de deux livres d’auteurs peu connus (en passant anonyme, veut dire qui n’a pas de nom, pas autre chose), l’un des deux était Hyrok ; je ne l’avais pas sous la main (j’avais juste un passage de Zweig dans ma poche) et leur ai demandé si cela les intéressait que je l’apporte la fois suivante, j’ai eu cinq oui vifs sur 6 – nous étions six.

    Il faut juste prendre le temps de transmettre, flâner le long des berges et laisser le centre du lit au courant dominant.

    Bref, Nicolaï, ne fait pas ton Louison.

  24. CP Says:

    Christiane dit à Christian : chapeau ! et à Nicolaî : vous venez d’écrire, me semble-t-il, la première page dun nouveau roman dont le titre pourrait être : « Lignes » !!!!

  25. christiane Says:

    CP c’est christiane, la même !

  26. Franswa P. Says:

    Comment ça, « presse périphérique » ? Je… Mais… Oui, bon, tu as parfaitement raison. Du coup, promis juré et tu le sais, si j’avais eu à l’époque un tout petit peu plus d’envergure en termes de diffusion médiatique, tu sais ce qu’il en aurait été, hein. Notamment, ceux qui prennent le train, à mon avis, auraient appris à t’aimer eux aussi.
    Je me comprends, toi aussi, la vie est belle, dans mes bras.
    Quant à cette histoire de soirée, tu sais aussi ce que j’en pense : même si elle fut magnifiquement orchestrée, elle fait juste la preuve d’un certain renversement pervers du monde (n’ayons pas peur des mots). Aujourd’hui, un auteur qui publie un livre doit inviter son éditeur à boire à l’œil. C’est super normal. Mais bon, on ne va pas revenir là-dessus.

  27. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Christian. Ô sagesse du Passeur, qui dissipe mes brouillards. J’aime bien l’image de la berge. J’y vois des promeneurs curieux, qui se penchent, osent un orteil. Et un an, c’est vrai, n’est pas grand chose dans la vie d’un livre. (Mais attention, selon Lao Tseu ci-dessus, ce n’est plus rien du tout dans cent mille ans – en fait, faut voir entre-deux. Y a d’la marge.

    @christiane. Bonne idée. Ou Pêche à la ligne peut-être ? (depuis la berge).

    @Franswa. Oui dans mes bras cher Franswa ! Je sais tout ça. Et tu sais que je sais que tu sais. Je prends le TGV bientôt, forcément je vais penser à toi (enfin, encore plus à toi que d’habitude – où je pense déjà pas mal à toi). Pour le reste je sais ce que tu penses ; et on pense la même chose. Vu que nous somme des pinsons penseurs. Le monde n’arrête pas de se renverser (surtout à l’aube). Ce matin j’avais la tête en bas, en me levant du nid, c’est dire.

  28. Frédérique M Says:

    Vous ne m’apprenez rien, mais cette démonstration éloquente a le mérite de faire le point sur le sujet. Je communique autant que je peux en interventions, sur la réalité affligeante de la vie des auteurs, du montant de leurs droits et de la durée convulsive d’un livre. Beaucoup confondent les auteurs avec les dix pimpins qui hantent le poste de télévision. C’est trés dur, c’est une réalité pour une grande partie des publications actuelles, ce n’est pas une raison pour nous priver des bons livres que vous pourriez encore écrire. Sophie a raison, votre livre peut aussi être réédité par la suite, surtout si vous en sortez un second.

  29. Sophie K. Says:

    Message perso : Franswa, c’est quand qu’tu r’viens sur Strictosse, spice de Très Grand Voyageur, dis ? (mouahahahahahaha !)

  30. yannick bourg Says:

    Nicolaï,

    qu’ajouter à ton froid constat? Ma petite expérience. Après avoir publié 4 romans, dont le dernier m’a coûté quatre années d’écriture ( bien sûr, le temps passé sur l’ouvrage n’est pas un gage de réussite…), 7 versions successives et une publication chez Calmann-Lévy en 2004, se soldant par 228 exemplaires vendus ( mais j’avais négocié un bon à-valoir, je sais être féroce en affaires ), pas un article de presse ni aucun retour média ( hormis une critique dithyrambique sur le Net ), et quelques belles réflexions de rares lecteurs, j’ai néanmoins continué à écrire. Aujourd’hui, je suis simplement fatigué. Fatigué surtout de l’attitude des éditeurs, pour le dire vite, qui n’ont même plus ( pour la plupart ) la courtoisie de répondre à mes sollicitations ( et je suis loin d’être le seul dans ce cas ). Ou bien, quand ils ont lu et que ça leur plait, l’un ( l’une ) en l’occurence, me propose 400 euros d’à-valoir ( mais depuis, je n’ai plus de nouvelles et je déclinerai l’offre ) et un autre me répond ceci;
     » Cher Yannick,
    je ne prendrais pas « La voix des maisons »
    je l ai lu hier am et hier soir
    tu ne devrais pas le comparer à l’oeuvre de Dantec, cela te dessert
    et puis c est beaucoup plus sexuel, carné que Dantec (je ne suis pas un grand fan de l’aigle de Montréal)
    moi ca m a plus fait penser à Kaa et certains auteurs délirants du Fleuve Noir années 80
    juste je ne saurais pas vraiment défendre dans la Série Noire ce texte difficilement classable, j ai deja un ou deux ovnis dans la collec et je ne peux pas les multiplier
    mais comme tout junkie littéraire, je reste curieux de te lire dans le futur
    n’hésite pas
    rock on
    Aurelien  »
    Ce mail, en date du 3 sept’ 2009, est d’Aurélien Masson, le jeune boss de la Série Noire, et il est représentatif, je crois, de l’attitude générale ( pas de risques ).
    J’ai pondu un autre roman « ovni », mais je ne sais même pas à qui l’adresser…
    Alors, en attendant des jours meilleurs, j’auto-publie mon recueil de nouvelles, « Dans le rouge », avec une maquette originale, sans demander mon reste à personne ( quoi?! Tout ça pour en arriver à une vile auto-promotion, quelle honte!… ). Et puis je crois que je vais passer à autre chose.

  31. Michel Says:

    Témoignage intéressant, Yannick, qui rend compte de la frilosité générale dans un monde toujours plus formaté par les groupes de tête. Le problème des « ovnis »  (je ne connais pas votre travail mais Hyrok en est un bel exemple) est l’énergie qu’ils doivent certainement nécessiter en terme d’écriture, pour un résultat aléatoire, rarement payant. Un tel projet est un coup de poker de l’auteur. Ou ça passe (parce qu’on a le réseau pour propulser) ou ça casse (mais on est naïf au point de croire qu’on va révolutionner la littérature juste à la force d’un grand texte, et au final, personne ne se jette dessus – pour différentes raisons, dont le silence médiatique n’est pas étranger). Nicolaï, en artiste qu’il semble bien être, ne s’est sans doute pas posé toutes ces questions, il a écrit son roman, point. On y sent d’ailleurs une nécessité « à tout prix », c’est aussi ce qui en fait la force. Un roman passionnant -vraiment, j’en relis souvent des passages -mais qui aurait pu se décomposer en trois ouvrages progressifs, ou successifs (là c’est du marketing je vous l’accorde) de deux cents pages sur l’art, la photo, le cybersexe, le monde qui se désagrège, etc. Prenons Houellebecq, (à qui vous avez rien à envier Nicolaï à part la reconnaissance et ce qui va avec), qui traite de thèmes assez similaires, l’a lui bien compris; je n’ai pas lu tous ses romans mais on sent l’homme qui sait distiller les problèmes de société livre après livre, avec intelligence et sens des affaires…. A trop mettre de billes dans le même panier on finit par perdre temps, donc argent, et envie d’écrire – ce qui est plus gênant pour un auteur… Comme un peintre qui voudrait tout peindre dans un seule fresque ( Dufy avec la Fee Electricité p ex. l’a pourtant fait mais c’était une commande je crois) Ce qui honore Nicolaï, est que son pari insensé fonctionne quand même, littérairement la construction tient debout, alors qu’il est très périlleux de « tout mettre » dans un roman sans que ça devienne une sorte de bazar boiteux. Et puis comme l’affirme Christian, un an à l’échelle d’un roman n’est pas une vie entière, terminée; pour Hyrok c’est juste une naissance, il ne faut pas se focaliser sur le présent et avancer sur le suivant (avec plus de calcul, mais pas moins de passion, challenge dur à tenir j’en conviens!) Vous avez des lecteurs, qui viennet parler sur votre blog, c’est deja en soi une victoire, Nicolaï

  32. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Frederique M. « Beaucoup confondent les auteurs avec les dix pimpins qui hantent le poste de télévision. » C’est certain !

    @yannick. Merci beaucoup pour ton témoignage. Je comprends que tu sois fatigué après ces aventures, qui me font songer à un livre que je lisais autrefois : « Les Conquérants de l’Inutile », sur la passion dévorante des alpinistes de haut niveau… Parfois on se dit mais à quoi ça sert de vouloir aller là-haut, dans le froid et la solitude, alors qu’on pourrait se la couler douce aux Bahamas… A quoi ça sert. Il y a toujours cette voix qui nous pousse, et contre laquelle on ne peut rien : il faut y aller.
    Le mail que t’as reçu est typiquement le genre de document qui rend fou (en passant, je me fais l’hébergeur d’un courrier à caractère privé, je ne sais pas si c’est passible d’un remontage de bretelles, ça… Mais bon, y a rien de diffamant, ça craint pas, on va dire qu’on est dans l’info « no risk »…)
    L’auto-publication, oui. On y vient gentiment. Faut apprivoiser l’idée (pour le public surtout). Mais là c’est carrément un tout autre chapitre qui demanderait grand développement. Editeur ou non éditeur ? Pour dire, la collection M@nuscrits de Léo Scheer version bêta (celle où j’ai essuyé les plâtres) se situe un peu entre les deux. Quid de la suite ? Ça semble bien moribond en tout cas, cette « expérience »…

    @Michel. Merci de vos aimables lignes, très plaisantes et instructives (sacré tableau le Dufy ! le plus grand du monde paraît-il). Vous faites bien de mettre entre parenthèses le « ça c’est du marketing… », parce que je peux vous dire qu’une nécessité (comme vous le dites très justement) ne se commande pas – puisqu’elle est nécessaire. Et reste donc très loin du calcul, de la stratégie. (Peux t-on user de la « stratégie amoureuse » quand on est VRAIMENT amoureux ? Bien sûr que non, on est comme un con, naïf et tout.) Je suis quelqu’un d’entier, et même si dans le fond vous n’avez pas tort, il m’aurait été très pénible d’appliquer ce que vous préconisez (Diviser HYROK en trois romans, trois thèmes, etc.) Je voulais justement rendre compte dans ce livre de la complexité, de l’enchevêtrement des sujets, des modes de communication, etc. Avec le risque de jouer gros, en effet ; de « tout mettre » (mais on ne met jamais tout, rassurez-vous, si vous saviez…) et d’être un peu vidé pour rien. Or je me rends compte que le rien n’existe pas. Il y a comme dit plus haut des lecteurs, quelques lecteurs, des dizaines, c’est déjà bien c’est vrai, à qui ce texte a parlé. C’est Kirkegaard je crois qui estimait qu’avoir un « Lecteur Unique » c’était gagné. La déception de cette publication s’éloigne alors que j’écris ici, sur mon blog, et je me sens de mieux en mieux. Je vais me remettre à écrire bientôt. Ça picote. Sérieusement. Cordes, piolet, bivouac. Schnaps. Avec dans un coin de ma tête ce que j’aurais appris ces mois passés.

    Vous remercier tous pour votre bienveillance.

  33. Sophie K. Says:

    Yesss, Nicolaï !!!
    (La vache ! Alors mwa, pitite pomme de rien, j’ai paraphrasé Kirkegaard sans le savoir ? Y’a des trucs surprenants dans la vie, quand même, hahahahaha !)

  34. r1 Says:

    Nicolaï,

    Bah regarde, mon grand, regarde comme on t’aime et comme on a aimé ton livre. Alors comme l’écrit Christian, fais pas ton Louison, hein? Et puis t’es un grand garçon, tu sais bien qu’on ne décide pas d’écrire ou de peindre ou de photographier, vraiment je veux dire, avec les tripes et tout et tout, pour gagner sa vie. On le fait, après il y a des passeurs, plus ou moins habiles, plus ou moins honnêtes, plus ou moins rompus aux règles de l’autre monde, celui des deals, et puis des lecteurs. Mais quand on écrit pour, je pèse mes mots, changer le monde, et non pour distraire, on ne s’arrête pas à des exercices comptables étriqués et à des bilans de fin d’année mesquins – même si je vois l’intérêt subversif de la démarche, contrepoids petit remède aux grands mots.
    Tu n’es pas seul, Nicolaï, et les gens autour sont frères et des soeurs, au moins aujourd’hui peux-tu être sûr de cela.
    Le reste… Le reste n’est qu’Audimat et sourires de façade.
    Et souviens-toi que l’aigreur, c’est bon pour les cornichons !

    Ton pote r1

  35. alain g.cor Says:

    moi aussi je l’ai passé à des connaissances mais qui n’étaient pas des journalistes (c’est probablement ça qui manque le plus à ce genre de livres, que le bouche à oreille relaie, c’est le relais presse.) Enfin 216 ce n’est déjà pas si mal (tu risques même d’en vendre un peu plus avec le billet de ce matin chez wrath)
    Re-bon courage (pour Faulkner) !
    ps : ah ! les cartouches d’impression à trente boules…

  36. TSF Says:

    Comme j’avais perdu beaucoup de temps avec les éditeurs, je me suis lancé fin 2009 tout seul comme un grand dans l’autoédition via le statut d’autoentrepreneur. Je ne dois rien à personne, ça ne m’a pas rapporté un zloty, mais je n’ai pas perdu d’argent non plus et j’ai écoulé 90% de mon stock qui vient de faire l’objet d’une nouvelle impression. Une expérience à la satisfaction toute simple de voir un texte circuler : http://blog.thomassenfout.fr/post/2010/08/10/Un-bilan#comments

  37. Savina Says:

    Et moi, il est temps que je me bouge pour toi également. Crénom.
    Je fais ça aujourd’hui. Priorité.

  38. Sophie K. Says:

    Encore un petit mot, tiens, puisque je viens d’apprendre à la faveur des infos que, peu ou prou, en tant qu’illustratrice/traductrice/adaptatrice/styliste/etc. (oui, je suis une cumularde, c’est vrai), je gagne en moyenne la même chose que les éboueurs (pardon : les Agentsd’entretiendelavoierie) de Massilia, soit environ 1500 euros par mois. Certes, ils culminent eux à 1200, mais ils ont le chômdu et le treizième mois en sus ; quant à moi, j’ai supprimé quelques postes depuis onze ans (comme les vacances ou la bagnole) afin de pouvoir acheter le matos plutôt cher de mon (de mes) métier(s). Bref, étant donné que l’on conviendra aisément que la corporation du nettoyage est (et je le dis sans rire) essentielle à la bonne marche du pays, je constate donc que je suis, moi itou, considérée comme absolument essentielle ibidem, ce qui ne laisse pas de me remplir de joie.
    (Je constate également que l’égalitarisme si cher au cœur des staliniens de jadis est en très bonne voie de réalisation.)

  39. knighty Says:

    Pacifions (avant se refoutre sur la gueule)

    naan mais … t’en connais beaucoup toi des mecs qui vendent, même un peu ? Je veux dire personnellement, t’en as déjà rencontré ?

    Des mecs édités déjà c’est pas courant, mais qui vendrait plus de … mettons, 5 ou 600 ex, 800, allez tiens, délirons, 1 000 ! T’en connais beaucoup, toi, des mecs qui gagnent au loto, mettons d’un coup 5 ou 600 euros, 800, allez tiens, délirons, 1 000 ! Non, t’en connais pas. Sauf que toi, tu vas y arriver hein .? … t’y crois un minimum, sinon tu ferais rien, même pas pour la beauté du geste (soyons honnêtes) ni même et encore moins pour l’art (qu’est-ce qu’on s’en carre). Tu le fais parce que t’espères obtenir mieux que l’autre abruti qui s’était planté juste avant toi. On en est tous là, un moment ou un autre. Et bien sûr ça rate et tu trouves ça injuste, exactement comme l’autre abruti avant toi. Puis tu finis par y laisser ta santé, bouffer ta camisole, taper ton chien et tout maudire.

    C’est peut-être dommage, mais quoi ?

    Entre autres définitions de la démence, celle-ci : Faire la même chose encore et encore en espérant un résultat différent.

  40. Nicolaï Lo Russo Says:

    @r1. Pourquoi mettre en face, mon cher Erwan, écrire « pour changer le monde » (ah bon ? J’ai quand même pas cette ambition-là, pour le coup oui, je serais hyper naïf…) et se livrer à des « exercices comptables et des bilans mesquins ». C’est vraiment ton avis ? Non, pas possible, t’es quand même plus intelligent que ça. T’as compris ! :) Hein ? Dis moi que t’as compris. L’ami.

    @alain. Oui, j’ai vu ça. Je me demandais si elle parlerait une fois de HYROK, et en écrivant mon billet, je me suis dit que l’occasion serait trop belle pour qu’elle ne s’en saisisse pas. Touché ! Mais rien n’a été téléguidé, je ne lui ai strictement rien demandé (comme pourraient le penser certains, j’imagine). Comme dit Marco, les échanges sont « intéressants… ». Sacrée Wrath. (Faulkner oui, c’est compliqué, tordu, mais suave, faut lire en ayant un peu fumé…)

    @TSF. Bien. J’irai lire votre lien. Merci de votre visite.

    @Savina. :)

    @Sophie. On est bien semblables toi et moi, je veux dire mode de vie et tutti quanti… L' »accumulation » que tu évoques est bien un phénomène contemporain. C’est la réponse à l’éclatement dont je parle quelques schémas plus bas…

    @knighty. Oui, c’est bien, tu te frottes un peu les pieds avant d’entrer, tu vois, là ça passe. Pour te répondre : oui, j’en ai rencontré.

  41. Sophie K. Says:

    Pardon, rien à voir, mais Lettres Libres, le blog de Christophe Borhen, vient d’être tout bonnement supprimé (sans qu’il en soit prévenu) par un webmaster ignare de la plate-forme Zeblog.com sous prétexte « d’un article déplaisant » (????). Tout a disparu en un clin d’oeil.
    CENSURE, donc, je ne vois pas d’autre mot, sans compter que je trouve le procédé immonde.
    Les gars, nous sommes aux mains des souris grises, ça y est.

  42. christiane Says:

    je lis, effarée le com de de Sophie ! quoi ! un blog effacé comme cela d’un coup de censure ?

    J’étais venue poser cela pour faire sourire Nicolaï… Eh, bien, il est paru ce livre et a commencé à être lu et bien lu, par des lecteurs passionnés !
    https://brossegherta.wordpress.com/2009/09/27/retro-resurrection-hyrok-j-10/

  43. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Sophie. Supprimé ? En général c’est pas comme ça que ça se passe, il y a d’abord un avertissement, puis la page incriminée est supprimée si le blogueur ne la supprime pas lui-même. Mais un blog entier, là c’est étrange, j’ai jamais vu ça. Doit y avoir une info qui nous échappe. Et je ne vois pas de quel article il pourrait s’agir — cela dit je n’ai pas tout lu et je ne connais pas du tout « Ze blog ».
    Tiens-moi au courant by mail.

    @christiane. Aussi bonne en lecture qu’en pêche à la ligne je vois ;-)

  44. knighty Says:

    Nicolaï, beuhhhh

    je m’essuie les santiags avant d’entrer, du coup ça passe c’est cool. C’est une chance, j’avais peut-être marché (du pied gauche) dans la merde hein, c’est vrai avec les mecs de mon acabit on sait jamais

    Donc, t’en as rencontré, des chanceux qui écrivent, des pistonnés, et même des bankables si ça se trouve. Bah, moi pas. Je t’ai rencontré vaguement entre deux portes et un petit four, mais comme apparemment t’es pas bankable, ça compte pas vraiment.
    Et donc, ils sont contents les écrivains à succès ou semi succès ? Raconte.
    J’espère juste qu’ils ont un minimum d’auto dérision, ça reste une qualité rare on dirait. Parce que pour te dire, si il a même pas ça, alors ça vaut pas lourd et pis surtout ça vaut pas le coup.

    Une conclusion s’impose, si j’en juge tous les blogs d’écrivains aspirants, ça rend plutôt malheureux et neurasthénique. Vois-tu, Cher Nicolaï, Je serai sûrement jamais édité, mais perso je vois aucune raison de faire une manif’. Je manquerai pas à la littérature, restons lucides et fun un minimum.

    Réalise donc seulement un peu ce qui nous sépare, des milliers de kilomètres, une vie, un monde.

  45. peh Says:

    Liberté, égalité, comptabilité.
    La nouvelle devise.
    On est passé des conteurs aux compteurs ?
    Les chiffres, les nombres, la mesure, quantifier le monde, quantifier le beau ?
    Tu le sens que tout est compté. Même le temps. (Quelle angoisse ;))
    Mais en ouvrant Hyrok, le temps s’arrête, le décompte avec.
    Merci pour ça et surtout, toi, ne t’arrête pas.
    Car quand on aime …

  46. Cécile Fargue Says:

    Ah! si je puis me permettre, il y a une erreur dans la comptabilité.

    « Nombre d’émissions radio parlant de Hyrok : 0″…Faux! Il en a été question fin septembre sur radio Primitive (www.radioprimitive.fr). Une chronique de 3 minutes que j’ai conscarée au livre.

  47. Deville Says:

    Nicolai,

    L’écriture est une chose qui ne se décompte pas, si je puis… après le résultat des ventes en est une autre et le public qui reçoit, tout autant plein de mystère parce que complété de nombreux individus aussi disparates les uns que les autres.
    Votre livre (que je n’ai pas lu d’ailleurs) est là présent et cela seul devrait compter pour vous en tant qu’écrivain.
    Laissez les chiffres aux comptables, mais continuez à les surveiller ces chiffres. La réalité est toujours à l’opposé du rêve, n’est-ce pas pour cela que vous écrivez ? (ne me répondez pas, la réponse est dans la question).
    Courage, c’est qu’une réelle rencontre avec un éditeur n’a pas encore eu lieu, enfin il me semble. Je sais, c’est hyper difficile, mais c’est ainsi et comme le dit l’une de nos consoeurs et nénamoins amie
     » Vie l’écriture libre ! »

  48. Nicolaï Lo Russo Says:

    @peh. Ben ça si c’est pas un message de peh ! J’avais un poulet au frigo pour ce soir, mais je vais aller acheter une colombe :)

    @Cécile Fargue. Hola ! mais comment ça a pu m’échapper ? Euh ‘tendez… Je crois que j’ai une réponse : j’étais pas au courant. Ben oui. Un p’tit MP3 en souvenir ? Ou un flux quelconque à me télépodcaster ? Merci (grand) en tout cas pour cette émission, que je regrette de n’avoir pu écouter en live. HYROK dans les ondes ! Dans la radio ! Ça a dû êt kek choze ‘tain !

  49. Cécile Says:

    Je pense qu’un mp3 doit être repêchable dans les archives…je vais m’y employer en tous cas. Pour ce qui est de ne pas vous avoir prévenu et bien..je crois que nous etions contact FB un temps…puis vous avez disparu…bref, aucun moyen de vous contacter. D’ailleurs, un moyen, il faudra m’en donner un si je retrouve le mp3!

    Bonne journée!

  50. knighty Says:

    Deville, tu bois.

  51. Yola Says:

    J’ai un peu, non beaucoup, de mal avec les chiffres. Mon cerveau n’a probablement pas été configuré tout à fait comme il faudrait (une erreur de programmation…). Alors, je m’en tiens aux mots, et les vôtres, ceux de Hyrok, m’ont touchée, amusée, étonnée, émue…
    A quand le prochain Lo Russo?

  52. Savina Says:

    Nicolaï…

    Au risque de répéter les autres : je trouve tout de même que cette publication « Hyrok » est positive.

    Avec le recul, tu pourras en retirer les côtés positifs et négatifs pour la suite.

    Cela reste une belle expérience, je trouve.

    Et avec ce « bilan + et -« , tu pourras sortir un second, l’esprit plus aiguisé tant sur ta propre écriture que sur le monde de l’édition.

    Je pense aussi que l’écriture, tout comme la publication (vente etc.) reste une course de fond. Du moins pour la majorité. Oui, il y a des exceptions qui cartonnent du premier coup. Mais, me semble-t-il, il s’agit là avant tout d’une alchimie entre la qualité d’un roman et celle entre l’auteur et l’éditeur, ce qui est le propre de chaque maison d’édition (je pense notamment à Gavalda et Gaultier etc.)

  53. Deville Says:

    à Knighty : quand tu veux…

  54. Ludivine Cissé Says:

    C’est d’une classe, d’une élégance, cette petite comptabilité de l’échec. Vraiment, bravo. J’applaudis de toutes mes mains, réelles et virtuelles, je m’incline bien bas devant la précision de l’entomologiste. Bon, certes, je me demande vaguement pour combien je compte dans les animosités déclarées – une, deux, ou davantage – et cela me fait un peu douter de ma courbette. Mais peu importe, n’est-ce pas, l’approximation peut bien être mise sur le compte de l’émotion, brute, vraie, dans ce déferlement lacrymal où triomphe l’aigreur chiffrée du post-coïtum éditorial. Foin donc des autres ruminations qui pourtant m’inspiraient quelques réflexions malvenues mais bien senties, je me contenterai par charité d’une remarque factuelle, objective, à l’image du contenu de ce billet. Il s’agit de la théorie de l’engraissement stoïque où l’auteur maudit voit la raison déprimante de sa prise de poids. Je crois en fait que l’explication se trouve plutôt du côté du fameux syndrome de la grosse tronche, phénomène qui a pour nom scientifique le melon, du fait qu’à l’instar du fruit, la tête du sujet se gorge de flotte et finit par le transformer en hydrocéphale. D’où les yeux brouillés devant le spectacle froid du cuisant plantage. Mes condoléances, Rocky.

  55. Maerlyn Says:

    « Coûts de production pour l’auteur », « Travail », « Résultats des EFFORTS » – depuis quand une activité artistique est-elle assimilée au dur labeur au lieu d’exister par elle-même et juste pour elle-même ?
    Pourquoi remarque-t-on un net souci de rentabilité, aussi bien en termes de finance que de notoriété qui découle de ce qui est, a priori, une passion ?
    Ecrire a l’air de vous causer bien des tracas, en brisant vos amitiés, alourdissant votre silhouette et vos propos et de représenter, à vous lire, un investissement bien trop important pour un gain si piètre.
    Ce qu’on a envie de vous suggérer, par conséquent, c’est d’arrêter, en vous rappelant que rien ne vous y oblige.
    Et de vous mettre par exemple à jouer en bourse, ou bien au poker. Par exemple.

  56. Ludivine Cissé Says:

    Il va sans dire que je plussoie le commentaire de Saï Maerlyn. Et j’ajouterai que l’auteur, puisqu’il se comporte en syndicaliste ouvrier de la chose écrite et semble vouloir comme négocier le labeur qui l’accompagne, devrait songer en ces temps de conflits sociaux à se mettre en grève reconductible du babil, voire simplement illimitée (on peut rêver), ne serait-ce que par solidarité pour ses bouillants camarades d’oppression. Nul doute que les Français soutiendraient unanimement sa lutte, à défaut de celle des autres, quitte à se priver d’un autre pavé dans le sable.

  57. r1 Says:

    Yeah ! Punk’s not dead !

  58. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Yola. Merci de vos mots. Le prochain Lo Russo ? Franchement, je n’en sais rien encore, mais ce sera un jeudi.

    @Ludivine Cissé (Mlle Karl Mengel) et sa copine Marylin (Manson of course). Ha je me demandais quand les Pieds Nickelés V 2.0 allaient débarquer (avec leurs godes à moteur et leur combi en vinyle). C’est fou la jalousie quand même, ça ne mollit jamais. Ça va les filles ? (Une sorte de boeuf hermaphrodite, et une blonde acnéique subnulle – pour ceux qui l’ignorent.) Vous avez tout compris, c’est bien. Vous savez saisir les degrés avec une puissance de vue sidérante, je dois dire ; pertinence et sens de l’analyse me laissent chez vous sans voix.
    Bref. Comme vous manquez un peu de buzz et de lecteurs (moi comparé je suis Marc Levy…) je vous fais miséricorde de laisser vos crottes de gerboise sur mon blog. (Fair-play le mec.) Puis fallait bien illustrer le chiffre 8 de mon billet, isn’t it. Qu’on comprenne un peu. Cela dit – et tout à fait entre nous – je comprends que vous ayez les foies. Grave. Dans le fond je ne vous en veux pas ; j’aurais même presque un début de bribe de compassion. Si si. Mais maintenant allez vous enfiler plus loin, merci.

  59. Cécile Grenetta Says:

    Ah, ça y est, donc. Monsieur Rousso, votre post (puis-je vous vouvoyer ?) a encore atteint une résonance suffisante pour vous attirer les disgrâces spongieuses de LudiCi-collectiflobbying et de Maerlyn-j’écris d’accord, mais après toi ok ?
    Que tout ceci, ces commentaires pensés trois heures et relus quinze fois (tout ça pour ça, sérieusement ? J’imagine les embrassades téléphoniques et, les « ouais, t’as raison, on y va franco, ce coup-ci, mec » extrêmement 80’s », est allumé d’une flammèche mollassonne, tristement métallique mais pourtant – on ne sait jamais, va savoir, qui sait, Internet est grand, l’important, c’est d’y chier, pas vrai ? Des gens nous liront peut-être dans vingt ans qui se caresseront sur les VHS -, sobrement surchargé, délicatement lourdingue, tellement mâtiné d’une défense corporatiste ne disant pas son nom. Tellement évidente, pourtant, et pour « cause ».
    Cela dit, Monsieur Rousso et vos amis, ne vous inquiétez pas de trop : vos livres seront ici, tandis que les leurs, à jamais, seront soit encore campés dans leurs crânes d’arrivistes, soit validés « Fake » par le journal grotesque dont elles sont nées, collectivement, et comme un projet – allez comprendre.

  60. Marie Says:

    Les deux pitbulls se sont échappés de leur cage underground où ils s’ennuient ferme…

  61. Frozen Piglet Says:

    Salut
    Ça fait longtemps que je n’étais pas passé
    je trouve ce post fascinant
    je reviendrai pour lire tout le reste

  62. RitonLaZone Says:

    Salut à tous,
    Je l’ai acheté, mais pas encore lu ;-)))
    Je parle de Hyrok bien sûr.

    Je comprends ton désappointement cher NLR,
    Mais comme je suis éditeur,
    Je comprend pleinement le problème.

    Un conseil pour le prochain livre. Un scène scandaleuse et improbable dans les premières pages, et peut-être un truc sordide avec un « jeune » auteur qui se tape tous les plateau télé, tu as l’embarras du choix, mais il faut faire parler de toi.

    A+

    Portes-toi bien

  63. Alan Spade Says:

    Bonjour,

    Merci pour cette démonstration qui rejoint ma propre expérience, puisqu’après m’être autoédité, j’avais aussi trouvé un éditeur avant de décider de repasser du coté de l’autoédition. Je mets le lien sur mon blog.

  64. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Cécile Grenetta. Monsieur « Rousso » dites-vous. Quel étrange honneur vous me faites là ! Quelle truculence ! Vous vouliez peut-être dire Rousseau ? (ha si seul vers la fin). Enfin bon, moi hein, si jamais, c’est Lo Russo. Quant à votre diatribe à l’endroit des deux monstresses, sachez tout de même qu’elle a connu une réponse d’une des victimes (la plus velue), que j’ai modérée pour éviter ces fâcheux points d’escalade qui ennuient globalement les lecteurs. Les font fuir vers le frigo (où ils se gavent de choses sucrées pour oublier la violence du monde). Voilà voilà. Toucas, merci pour la visite.

    @Marie. Vous avez eu droit, vous aussi, à une pichenette de la divine (je vous l’enverrai par mail si vous y tenez absolument.)

    @Frozen. Fais, fais. Quand tu veux c’est ouvert. 24h sur 24.

    @RLZ. Nous nous comprenons, alors c’est bien. Comme ça parle pas mal de photo, en tout cas au début, tu me feras un retour à l’occasion. S’tu veux. Bonne lecture.

    @Alan Spade (wow ! what a terrific name !). OK. Je ne sais pas si je « démontre » (en tout cas ce n’était pas mon but). J’expose des chiffres. Sinistres, certes.

  65. Luc Doyelle Says:

    Article intéressant. Je n’ai pas engrangé de tels chiffres, mais à vue de nez, je peux apporter un témoignage un peu différent.
    tout d’abord, mes tapuscrits m’ont coûté moins cher (pour un roman final de 240 pages) : 11 euros pièce.
    Ensuite je n’ai perdu aucun ami depuis que j’écris. J’en ai même gagné beaucoup. Je dirai : plus d’une cinquantaine. Bien sûr, pas des amis très intimes avec lesquels je pars en vacances, mais des lecteurs qui me suivent depuis le début, qui s’enthousiasment et qui viennent tous les jours sur mon mur Facebook. Avec à la clef, des vraies rencontres, en chair et en os.
    Des gens qui m’ont déçu ? Zéro.
    Des jalousies ? aucune.
    Relations virtuelles sympathiques : plus d’une centaine.
    Prise de poids : zéro. Je garde le même poids depuis 15 ans, malgré l’arrêt du sport pour cause de hernie discale.
    tout cela sans aucun contrôle d’un huissier. Donc aucune chance de figurer dans le livre Guiness des records.

  66. Marie Says:

    @NLR: j’imagine très bien le contenu de la pichenette pour avoir déjà eu droit aux amabilités de l' »engin » dans le passé. Et la créature vous reproche d’avoir le « melon » !!! Alors que c’est-elle qui considère comme des ploucs cacographes, du haut de son tout petit rocher, tous ceux qui n’ont pas la grâce (grasse ?) d’être ELLE: un GENIE; on se demande comment ELLE n’a pas encore la notoriété littéraire qu’ELLE mérite); à part Madame la Divine, qui a un peu de valeur dans la blogosphère littéraire ? Et bien personne. A peut-être, à la rigueur, trois ou quatre personnages triés sur le volet ( en gros, ses éditeurs et sa pote écrivaine). Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre de son opinion ? Ben…. pas grand chose. ^^

  67. RitonLaZone Says:

    Dans la rubrique divers,
    Les pertes relationnelles !!!

    J’ai pas mal publié d’ouvrages qui contiennent mes photographies, je ne sais plus combien de titres, mais pas mal.
    Et un titre plus gros qu’un autre il y a qq années, 3-4 Kg chez un editeur parisien, m’a fait perdre quelques pseudo amis, le poids de l’ouvrage sans aucun doute ;-)))

    RLZ

  68. La gitane Says:

    Ouah, je crois que je n’ai jamais vu personne résumer aussi parfaitement la douce réalité de beaucoup d’auteurs…frustrant, pas vrai? Surtout la partie où les gens nous déçoivent…L’idéal c’est que débarrassé des parasites, on peut ouvrir nos portes à d’autres mieux intentionnés.

  69. Ange Amadei et Claude Doglio Says:

    Il faudrait peut-être que Leo Scheer s’apprête à une réédition, je sens comme un nouveau frémissement, qui va se concrétiser en 2011, quand on entendra un peu plus encore, parler du Prix LEO NEMO.
    Garde tes 4 exemplaires, cher Nicolaï.

  70. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Ange. L’heure n’est pas à la « réédition » entre les ELS et moi. De loin pas…

  71. tilly Says:

    Et hop 217.
    Mais je comprends à travers ce billet que vous n’avez pas besoin d’être « consolé » : c’est ce qui me pousse à vous lire « en vrai ».
    C’est aussi une façon de me consoler moi, d’avoir dû acheter (et lire) le Houellebecq (je ne peux quand même pas faire la promo de l’oeuvre de Nabe, et de son système d’antiédition sur mon blogue, sans faire de vraies comparaisons…)
    A vous lire bientôt, donc.

  72. Nicolaï Lo Russo Says:

    @tilly. Il y a, je crois, des résonances entre ces trois livres — dont le dernier Nabe. A vous de voir lesquelles :) Merci en tout cas.

  73. tilly Says:

    > A vous de voir lesquelles :)

    Défi relevé… enfin presque parce qu’il faudrait en dire long effectivement !

    Celle (résonance) qui m’a le plus touchée et amusée est celle avec Le Bonheur, premier « roman » de MEN. Comme chez vous, Le Bonheur, c’est le titre d’une œuvre du personnage principal d’un roman (éponyme).

    J’aime bien le titre HYROK, je rajouterais un sous-titre : L’Homme qui arrêta de photographier.

    Avec MEN et MH vous semblez partager un sens inné du désastre. C’est bien.

    C’est bien les résonances mais attention, quand les soldats défilent au même pas sur un pont, le phénomène de résonance peut être dramatique… tous à l’eau ;)

    J’ai dévoré HYROK. C’est passionnant. Très courageux.
    Pour une nab’olâtre comme moi, évidemment je vous place un cran en-dessous de MEN pour le style et l’émotion venant directement de l’écriture.
    Mais sur mon échelle, vous dépassez haut la main MH, même pour le style !

    J’avais visité votre site professionnel nlorusso.com avant de lire HYROK, et m’en suis félicitée à la lecture. J’ai rêvé d’une publication multimedia futuriste qui permette en vous lisant d’être environné par vos « images ».

  74. 24h Says:

    Hé bé, que de chiffres et de temps passé à les calculer… Je suis rincé ! Ils ont une magnifique froideur, une vérité qui blesse. Avec tant de pertes humaines (et financières, mais cela n’est pas très grave !), Hyrok vous aura permis de faire le vide autour de vous (que ç’eut été volontaire ou pas), voilà qui est effrayant. Ou collatéralement dommageable, ou même salvateur, c’est selon.
    Merci pour ces bons moments passés avec Vio et bonne continuation quoi que vous entrepreniez !

  75. Nicolaï Lo Russo Says:

    @Tilly. « L’homme qui arrêta de photographier », ça me va. L’emprise nabienne vous donne de bonnes idées. Quant au style — et selon votre échelle —, de « dépasser haut la main » le dernier Goncourt, whaaaouw, voilà qui devrait gonfler d’orgueil mon (ancien) éditeur, vous devriez lui dire il sera ravi ! Merci pour ces fleurs en tous cas :)

    @24h. Merci. « Magnifique froideur », ça sonne bien.

  76. Gondolfo Says:

    Nicolai

    Et ton goodwill t’y a pensé ?
    Toutes ces survaleurs incorporelles qui sentent bon demain.
    Des chiffres et des lettres.

    Good wind.

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