Archive for the ‘Conso’ Category

Une dent contre la pub?

1 avril 2013

pepsismile

©Susan Tempa

Pour le moment on connaissait les rappeurs et leurs dents baguées de métal précieux, leur clapoir embagousé jusqu’aux molaires. Yo, man. Eh bien le sourire Fort Knox c’est du passé. Le bling-bling va se voir bousculer par une toute nouvelle tendance, plus soft : le sourire publicitaire, au sens le plus trivial, le plus désespérément basique du terme. Ça devait arriver, je me disais bien. Et, forcément, arriver des Etats-Unis (what else?!). Une start-up californienne, Smile&Ads, vend depuis quelques semaines des espaces pub sur une des rares surfaces immaculées encore disponibles : la dentition des people ! – blanchie et nickel, le plus souvent.

Bill Tempa Jr., dentiste esthétique à San Diego, a mis au point une technique de gravure de logo émaillé sur les incisives supérieures. (Une autre option, non permanente, est basée sur un collage à chaud, quasi indolore, pour environ trois semaines – largement le temps d’un festival de Cannes, par exemple.) Smile&Ads intervient dans l’organisation, la mise en relation des annonceurs avec les stars ou leur agent. D’ici l’été et même avant, on devrait ainsi voir fleurir des sourires Coca-Cola, Mac, AT&T, etc. dans les pages de Gala, Voici et compagnie. Excitante perspective. Notons tout de même qu’à une certaine distance, cette mini-pub est peu visible ; on pourrait penser plutôt à un morceau de salade coincé dans les dents. Mais pour les portraits et les couv’, l’effet est saisissant. Cheeeese please ! Eh hop ! Clic-clac ! Sourire Pepsi ! Pour ma part je trouve ça un peu too much, limite mauvais goût ; à quoi bon se blanchir les dents si c’est pour les transformer en panneaux publicitaires? Certes, le contraste est plus marqué et le logo bien visible en cas de tête à tête ou de portrait rapproché. Et le regard du « spectateur » accroche immédiatement sur « l’inquiétante étrangeté » dentaire (étrange pendant combien de temps ? là est la question ; on s’habitue tellement vite à tout…) Quoi qu’il en soit, l’information – merci à Katy Schlum agency – demeure discrète sur le gain financier de la star qui, rappelons-le, se voit le plus souvent offrir des accessoires de marque, des vêtements, contre une simple apparition médiatique. L’avantage avec cette nouvelle technique étant de ne pas se cantonner bêtement à la mode et au luxe. Ford, Dell, Exxon, Bank of America, ont déjà été aperçus sur quelques dentitions connues (Sylvester Stallone aurait déjà sa dent FedEx ; Angelina Jolie, sa dent Vuitton…). J’ignore si de ce côté-ci de l’Atlantique Renault ou la SNCF (ou Chanel, why not) ont pris contact avec Vanessa Paradis, dont les ravissantes « dents du bonheur » devraient faire un carton en la matière. Avec les présentateurs de télé (chaînes privées), les acteurs, dans une moindre mesure les sportifs, sont évidemment aux premières lignes de cette tendance. Depardieu aurait, lui, été approché par une célèbre marque de charcuterie ainsi que par un brasseur belge. La lutte pour la dent, entre annonceurs, promet d’être âpre et tendue. Gageons que d’ici bientôt certaines célébrités choisiront de se garnir toute la devanture, pour mettre un peu de beurre dans les rutabagas. C’est la crise pour tout le monde, hé ouais.

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De la perception du parfum (1)

20 juin 2012

Depuis quelques temps je m’intéresse à la création de parfum et, vraiment, je me régale. D’abord par goût : mon défunt pharmacien de père, grand amateur de plantes et de fleurs, m’a depuis toujours rendu très attentif aux odeurs de toutes sortes, bonnes ou mauvaises, voire épouvantables – encore que tout soit relatif et personnel… ; ensuite parce qu’aborder un parfum sur le plan créatif ou simplement olfactif est une expérience perceptive multi-sensorielle intéressante, fascinante si l’on y prête un peu d’attention : sauf à faire un test à l’aveugle, on ne sent pas qu’avec le nez, oh non, mais aussi avec les yeux, le bout des doigts ou des papilles, parfois même avec l’ouïe… Par exemple l’odeur du zeste de citron fait appel à l’image d’un citron ; ainsi même en l’absence du fruit perçoit-on cette odeur comme jaune clair et vive, (si l’on nous demande de la dessiner mettons…) contrairement à l’odeur du chocolat, perçue généralement comme brun chaud… Il y a presque toujours association odeur-image, c’est la dimension synesthésique de l’odorat. Un son grinçant, pour parler de l’ouïe, évoquera plus l’odeur aigre du tabac froid – et sa couleur grisâtre – que celle de la rose ou la rondeur laiteuse du magnolia…  Eh oui : on sent avec le cerveau surtout, avec ce qu’il a « appris » (une sorte de bibliothèque née de l’expérience, du vécu), c’est lui qui appréhende l’ensemble, fait le tri et juge – s’il y parvient, car pour certains la « bibliothèque » est très réduite. Sans compter l’aspect mémoriel, donc émotif, de l’affaire (la fameuse madeleine de Proust).

C’est donc une expérience de perception assez complète qui s’offre là, et je me devais de m’en rapprocher un jour où l’autre, d’autant que ce qu’il y a autour du parfum, c’est à dire « l’image », son étude, a été pour une bonne part de ce qui me fait courir en ce monde jusqu’à aujourd’hui. S’il est un domaine où l’image est capitale entre toutes c’est bien celui de la parfumerie ; par image entendez le « contenant », l’emballage, l’habillage flacon, le discours-produit, la publicité, le « rêve » instillé, etc.
Dans le domaine du vin on dit souvent « on boit l’étiquette » ; entendu que la perception du breuvage est peu ou prou influencée par la provenance de la bouteille, son prix – très important le prix ! –, les conditions psychologiques de dégustation, et même parfois le décolleté de la femme du patron ; en fait le contexte. Même des professionnels s’y font prendre.

C’est encore plus vrai pour le parfum. On sent l’étiquette. Ainsi que le prix du flacon : un parfum très cher aura tendance a sentir très bon, à être « sublime »…

Mettez, sans le dire, du Chanel N°5 dans une bouteille de Heineken munie d’un spray et faites tester la fragrance sur un parking d’hypermarché ; il y a de fortes chances pour que celle-ci soit perçue plutôt négativement (même pour les accros au N°5), alors que si l’expérience est conduite dans une boutique feutrée des Champs Elysées, avec le flacon d’origine et Brad Pitt dans les environs (il est la nouvelle égérie du parfum (!) ), la fragrance sera jugée « divine » (même au nez de ceux qui ne la connaissaient pas).

L’expérience inverse est tout aussi troublante : mettez du jus de pastèque dans un flacon design « Comme des Garçons », vous trouverez un nombre considérable de « perfumistas » qui trouveront ce parfum « léger mais très intéressant, très frais »… (avant de se rendre compte qu’il colle un peu – pardon qu’il est un peu « sticky »…)

Il faut faire avec cette forme de conditionnement psychologique : on voit ce que l’on compte voir. On lit ce que l’on compte lire. Et bien sûr on sent ce que l’on compte sentir. Tout est dans le cerveau, en amont. C’est surtout ce phénomène qui m’intéresse. Le contenant et le contexte face au contenu. L’habit qui, chose de plus en plus commune dans notre société de l’apparence, fait le moine. Et parfois se moque un peu de nous. A notre insu, mais avec le contrôle et le savoir-faire de ceux qui ont tout orchestré.

Peu de gens savent que le prix de revient du « jus » d’un flacon de parfum (« jus » est le terme adéquat, même si c’est assez laid) correspond à moins de 10% du prix total en boutique. Le parfum est sans doute le seul produit du marché qui accuse un tel différentiel entre le prix du produit réellement consommé – matières premières + alcool dénaturé – et son emballage, sa mise en scène, sa (re)présentation… En somme son spectacle (relire Debord…)

L’Eau Sauvage, de Christian Dior, eau de toilette assez ancienne, était un peu moribonde, oubliée, quoiqu’excellente dans sa formulation. On l’a ressuscitée du jour au lendemain en lui collant l’image d’Alain Delon dans sa période beau gosse-rebelle, à grands renforts de publicités un peu partout. Plus que ressuscité même : cette eau fraîche (mais sauvage !) est sur le podium des meilleurs ventes actuellement. Merci Alain.

L’image. Le marketing. La mode du « revival » et le star-system. Quatuor gagnant du temps cyclique. L’odeur vient bien après. (Il faut quand même que ça sente bon. Minimum syndical.)

Certes, je suis un peu taquin. Mais vous me connaissez. Et puis dans le fond je n’ai rien contre ce phénomène de perception « faussée », car choisir un parfum concerne et convoque TOUS les sens, y compris celui du sacrifice (il y a des flacons à 300€ les 50ml, voire bien davantage…), c’est là le secret de cette industrie dite « du luxe ».

Outre les sites commerciaux ou très techniques, il y a peu de blogs intéressants sur le monde du parfum, par rapport à ceux consacrés à, mettons, la littérature, le cinéma, le sport ou la cuisine… En France il y en a une dizaine, c’est à peu près tout – qui sont excellents cela dit, et rédigés par des professionnels ou des passionnés érudits, cultivés. Les pages de magazines, quant à elles, sont quasi muettes – et rares – sur ce sujet ; à part les abondantes pages de pub (flacon + mannequin ou star), rien de bien captivant, ce ne sont que des réécritures de dossiers de presse. C’est que la critique un tant soit peu objective du parfum est complexe : on ne sait pas parler des odeurs avec des mots pertinents sans dire trop de bêtises. On n’a pas appris à le faire, ni à l’école, ni nulle part. Le nez, organe pourtant fondamental, est le parent pauvre des sens quand il s’agit de caractériser une fragrance, de la décrire. La poésie olfactive est d’un abord difficile. Le commun des mortels dira « oui, ça sent bon, ça me rappelle ceci ou cela, c’est fleuri et ça tient bien » ou « il est super mais pas sur moi, il vire sur ma peau… », les mots s’arrêteront là. (Alors que pourtant il est accro, il « adore » ce parfum, ou « déteste » celui-ci sans savoir exactement expliquer pourquoi.) Quand il entendra ou lira « L’envolée hespéridée, soutenue par un petitgrain bigarade du Paraguay fusant et rieur, enveloppé dans la verdeur ombrée et humide du galbanum, laisse venir sans trop y croire un coeur de fleurs blanches dosées comme il faut – l’oeillet, magnifique et finement poivré, veille à l’équillibre d’un jasmin Sambac bousculé de violettes –, charpenté par un bois de rose-iris très « Chloé » dont la vibration poudrée mais modernisée à l’hédione ravira de toute évidence la femme « à bouquets » (etc.) », quand il lira ceci donc, il est probable qu’il reste interdit en levant les sourcils, ou qu’il éclate de rire. Mais il y a peu de chance qu’il saisisse réellement ce qui s’est dit ici. Les arcanes d’une fragrance sont assez mystérieuses pour le profane. C’est peut-être ce qui l’attire d’ailleurs. Ce mystère insondable, cette alchimie protégée. Il ne veut pas savoir si ça se trouve, il veut juste que ça lui convienne, que ça l’enchante, voilà. D’autre part, l’amateur de parfum ne dispose pas, secret oblige, de la liste complète des constituants de sa liqueur préférée, malgré quelques indications sur l’emballage ou sur des sites spécialisés comme l’excellent Fragrantica (base de donnée exhaustive de près de 200 mille parfums, des plus anciens aux plus récents. Vous avez bien lu : deux cents mille). (Autant vous dire qu’il y en a pas mal qui se ressemblent de ces parfums…)

Pour parler, justement, de « ceux qui se ressemblent », la question qui se pose est : quid de la nouveauté en parfumerie ? (Ceux qui me suivent savent à quel point je suis intéressé par cette problématique-là.)

La nouveauté en parfumerie fera l’objet d’un second volet, traité ici prochainement. On parlera aussi des parfums « de niche », loin du marché mainstream des grandes marques (conçu pour plaire à toute la planète). En attendant, je retourne à mes huiles essentielles, macérations et autres absolues…

PS : au fait, qui a une réponse à la question suivante : on dit « nez » en parfumerie pour désigner le créateur de parfum. Pourquoi ne pas dire « oeil » quand il s’agit d’une création visuelle ? Ou « oreille » dans une création musicale ? (Mon beau-frère est « oreille » chez Universal Music, ça sonne bien non ? Ou Karl Lagerfeld est « oeil » chez Chanel – alors que Jacques Polge en est le « nez »…)

Tableau noir (3)

3 septembre 2011

 

Retina, serial killer

22 août 2011

Nous voici plongés dans une polémique qui n’a pas tout à fait fini de faire « couler de l’encre » – encore que l’encre se voit détrônée par des pixels depuis un moment déjà – : Le match Ecrans vs Papier. L’ère des écrans va-t-elle définitivement, irrémédiablement, remplacer celle du papier ? Avec des questions corollaires du type : Quelle est désormais l’espérance de vie d’une librairie (traditionnelle) ? Est-il toujours pertinent d’investir dans une imprimante ? (voire dans une imprimerie…)

Pour le moment on peut parler de « cohabitation » douce ; l’offre se dédouble, non sans allégresse. Nombre de livres, de magazines (et de publicités), existent tant sous forme analogique que numérique. Présence physique de « l’objet », ou présence immatérielle des « pages écran ». Et l’on choisit un peu ce qu’on veut, selon nos habitudes, nos préférences, notre budget ; selon aussi la place dont on dispose sur nos étagères… (et là ça se complique assez vite, quand on consomme beaucoup…)

Dans ce combat technologique, j’ai toujours cru dans la victoire du papier. Je me disais que son odeur, sa présence fibreuse, le bruit-que-ça-fait-quand-on-tourne-la-page, faisaient la différence ; et puis cet objet livre c’est quand même quelque chose. Un livre, oui, avec la reliure, le soin apporté à la couverture, le vernis UV ah comme c’est beau. Comme ça claque. C’est irremplaçable je me disais. Ce fétichisme.

Jusqu’à hier soir.

Hier soir mon avis s’est tranché de manière quasiment définitive en faveur de l’écran, après, il faut le dire, une certaine période de latence. Ça avait débuté l’an dernier en juillet ce doute, ce questionnement métaphysique, lors de mon acquisition d’un iPhone4. Ce petit outil de communication conçu par Apple, ma foi bien pratique – j’en suis devenu comme beaucoup inséparable – a une caractéristique qui peut paraître anodine aux yeux de certains, mais qui selon moi se révèle capitale : la qualité extraordinaire de son écran Retina. On est très au-dessus de n’importe quel écran d’ordinateur (bureau ou portable). La technologie IPS permet de monter ici à 324 ppp (pixels par pouce) – je n’entre pas dans les détails rébarbatifs, pas d’inquiétude –, plaçant le rendu (contraste, netteté, et surtout modelé) au-dessus d’un tirage photo ou d’une page de livre d’images « bien imprimées »… Outre que, RVB oblige, le rendement lumineux, par nature additif, est supérieur à celui de n’importe quelle impression (lumière dite soustractive). D’aucuns ont pu d’ailleurs remarquer combien la « présence » d’une image (entendre son « réalisme ») était plus importante sur un écran (même d’assez mauvaise qualité) que sur une photographie ou une reproduction.

Je ne connais pas de personne ayant regardé une photo sur un écran Retina qui ne s’est pas dite « bluffée ».

Or il se trouve que Apple, dans sa grande mansuétude et selon des rumeurs tout à fait vraisemblables rapportées récemment par le Wall Street Journal, s’apprête à munir de cet écran Retina la gamme de ses iPad ! (iPad3 printemps 2012, paraît-il). Comme c’est gentil. Je me disais bien que cette belle qualité n’allait pas rester cantonnée à un écran si petit (celui de l’iPhone)…

Ce n’est pas qu’une bonne nouvelle : c’est une révolution.

Révolution amorcée, au grand dam de certains, avec les « liseuses » et autres e-book, vous savez ces petits boîtiers numériques qui vous permettent (ou vont vous permettre) de transporter votre bibliothèque partout… (Mais pour les liseuses je me disais bon, ce ne sont que des fichiers pdf, la typo vectorielle ok c’est bien net, aussi net que dans les livres imprimés, mais l’image ? Si la qualité et surtout la taille de l’image ne suit pas, il y aura toujours des livres illustrés de « magnifiques photos » !… Ça existera toujours !… Que dire des magazines ? La même chose. Je me disais que les liseuses ne remplaceront jamais les livres, les « vrais livres ».)

Et puis là hop ! un sacré tournant s’amorce. Parce que cette technologie IPS, bien entendu, ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Des écrans de plus en plus grands, donnant des images de plus en plus parfaites, réalistes, vont envahir nos vies (nos cartables, nos tables, nos murs…).

Alors oui le problème du prix. Souvenez-vous les imprimantes de bureau : au début des années 90 c’était assez cher. Puis peu à peu ils nous les ont presque données ces imprimantes, le prix a chuté : ce sont les « consommables », les cartouches et le papier qui sont devenus chers. Classique.

Pour les « tablettes » numériques, continuité réjouissante – et ironique – des antiques tablettes d’argile, comme pour l’heure le prix est manifestement un frein (tout le monde ne dispose pas de plusieurs centaines d’euros juste pour s’informer), il est à parier qu’un tour de passe-passe marketing sera inventé pour les rendre tout à fait abordables. Le prix d’un abonnement à votre magazine préféré, par exemple, guère plus. Le contenu finit souvent par financer le support. Un jour les tablettes seront distribuées « gratuitement »…

Ce que je vois disparaître dans un avenir assez proche (allez, on va dire un maximum de quinze ans, histoire que la nouvelle (screen) génération de « geeks » prenne le pouvoir) :

• Les kiosques à journaux…

• Les librairies. (Les seules échoppes qui subsisteront seront des librairies d’ouvrages rares, d’occasion, et très spécialisées – seul endroit d’ailleurs où le « conseil du libraire » n’est pas un vain mot.)

• IKEA supprimera son espace « bibliothèques, étagères, serre-livres, etc.», devenu désert.

• Les tireuses « minilab » et leur satanés « 13×18 » qui engorgent les boîtes en cartons dont le couvercle ferme toujours mal.

• Les galeries de « photographie contemporaine » dont les onéreux tirages encadrés « sous diasec » ne se vendront plus, car trop encombrants et ne présentant chacun qu’une seule image fixe. (On préférera de loin se doter d’un grand écran type Rétina et passer les images de l’artiste au gré de l’humeur, pour un meilleur confort visuel et plastique.) D’ailleurs les musées et autres galeries de renom feront l’acquisition de dizaines d’écrans « qualitatifs » pour présenter leurs expositions : sauf exception(s), finis les fastidieux « accrochages-décrochages », tout se fera par fichiers numériques HHD (Hyper High Definition), en quelques clics et en cinq minutes.

• La profession de « colleur d’affiches ».

• Les cartes routières accordéon (qu’on ne parvient jamais à replier convenablement…)

(J’en oublie, il y en a plein…)

Sans compter les bouleversements que va connaître l’industrie du papier et de l’impression. Des secteurs entiers seront abandonnés. Redéfinis.

Ça fait pas mal de trucs qui vont disparaître non ? On peut considérer cette affaire d’écrans comme un « sous dossier » du basculement numérique, mais c’est tout de même une petite révolution…

(Oui, oui, je sais : « Et l’énergie dans tout ça ? Sacrée facture d’électricité tous ces écrans dans la ville ! » – Je pense que l’amélioration des capteurs solaires et des batteries (énergies autonomes) devrait y pourvoir.)

D’ici là, le débat continue…

(Note : je fais volontairement l’impasse sur les « habitudes de lecture à l’aube du Troisième millénaire », sujet sociologique en soi, mais qui pourra faire l’objet d’un autre billet ; on peut par contre en discuter.)

Ouv’la fenêtre, ma caille…

31 mai 2011

Amateur de volaille, je mangeais l’autre jour des cailles (c’est très bon, très fin), et je me demandais comment elle étaient arrivées dans mon assiette. Je veux dire : comment elles avaient vécu et comment elles étaient décédées. (Parfois ça me prend de songer au destin des animaux, des insectes, des plantes, voire des cailloux.) Brève enquête : Elles ont eu une vie pas terrible : courte, très agitée, et sont mortes par étouffement. Oui : industriellement, on tue en général les petits gallinacés par étouffement. C’est simple et efficace : on les met dans une grande boîte hermétique (avec hublot de contrôle), bien serrés, et on fait le vide d’air. Ça fait juste un peu de bruit dans la boîte au début, il y a de l’agitation, des petits cris, mais le silence finit par se faire. On réouvre grand la boîte et voilà, c’est prêt ; on plume à la cire, on éviscère et on emballe (avec la tête). C’est sûr que c’est moins contraignant que de les attraper un par un pour leur tordre le cou, ces oiseaux « Label Rouge ». Ou leur mettre une balle dans la tête, qu’ils ont petite. C’est sûr.
Mais bon, y a un truc qui me chagrine tout à fait dans cette histoire d’étouffement collectif. D’autant que dans certains cas l’abattage se fait au dioxyde de carbone, selon un protocole dit « à atmosphère contrôlée » ; c’est un poil plus rapide.

(Ce modus operandi sévit en France aussi sur les pigeons, soi-disant en « surnombre ». Et qu’on gaze discrètement dans les communes.)

Parce qu’autrement, au niveau de l’élevage disons familial, dans des « unités de production » plus modestes, la technique d’abattage des cailles diffère. Une visite bucolique des forums fermiers consacrés au sujet nous renseigne :

Quelques extraits (orthographe et syntaxe corrigés) :

« Moi je les lance violemment par terre. C’est une technique simple, sauf qu’elles se cassent souvent une aile ou deux au moment du choc. C’est pas trop gênant pour les manger, mais c’est l’aspect pour la vente qui laisse un peu à désirer car à l’endroit de la cassure, il y a un gros hématome. »

« Moi je leur tord le cou. J’attrape la tête et je tourne, ça casse la colonne.
Et ensuite je les saigne. »

« Je sais que pour les cailles, il existe un assommoir électrique, mais je ne sais pas si ça fait une grosse différence. Car j’ai déjà essayé de les assommer avant la guillotine et ça leur fait deux fois un choc car les cailles sont très solides. Elles sont donc plus souvent étourdies qu’assommées. »

« Personnellement, je les tiens dans une main et leur assène un coup de gourdin derrière la nuque. Ensuite je coupe la tête avec une paire de ciseaux très affûtée. Je les plume quand le corps est encore tiède. […] Ensuite, je les vide. Il ne reste plus qu’à les cuisiner… » (jusqu’à ce qu’elles avouent, ai-je envie d’ajouter).

« Pour l’abattage, je les tiens aussi dans ma main mais c’est au moment du coup sur la tête que parfois ça se passe mal. […] Les miennes ont une faiblesse au niveau du squelette. Faudrait que je donne plus de minéraux. »

Avant de les présenter « nues sous film ».

Vendredi, c’est poisson.

2011 l’innovante

7 janvier 2011


2010, que d’aucuns pressentaient comme néogène (pardon : génératrice de nouveauté), a vu la création s’embourber dans la redite, la revisite, la resucée. La re-re-re. Bref : dans l’affligeant ennui. Et ce n’est pas les quelques voitures électriques en forme d’oeuf de grue ni l’iPhone4 qui nous feront changer d’avis, n’est-ce pas. Ni bien sûr la soporifique collection été de Rolf-Hussein McSchmittendonck, où le gris remplace son copain le beige. Encore moins l’économe à pastèque de Starck le Malin. Sans parler de la chansonnette de… du roman-ruisseau de euh… (qui vous voulez, y a le choix). Non, soyons clairs : on s’est copieusement emmerdés sous les sunlights et dans les chômières (mot-valise), de Tokyo à Goussainville et de Capetown à Zvovsk-plage. (La preuve : on a reparlé de Patrick Juvet.)

Cependant, pour 2011-2012, certains observateurs et chasseurs de tendance très au courant – comme moi (mais bon moi c’est normal : la prospective ultra-futur c’est un peu mon métier…) – annoncent quelques innovations cette fois résolument novatrices. Eh oui. Enfin du vrai Nouveau. Et j’ai le très grand plaisir, en tant que membre à vie du Comité Supérieur du Jugement, de vous faire part de l’existence prochaine (sur nos marchés européens) d’un certain nombre de réjouissances technologiques et diablement excitantes. Le magazine Science & Vie leur consacrera d’ailleurs un numéro Spécial Progrès l’automne prochain, mais comme sur le web éclairé on est toujours un peu en avance, en voici (brièvement) déjà trois en avant-première.

Le « Music Plate »

Surgi des profondeurs corticales des plus éminents chercheurs du MIT (Massachusetts Institut of Technology), le Music Plate est l’aboutissement d’un programme mené depuis 1994 sur ce que les spécialistes appellent la consistance phonique isobare (à savoir la matérialisation d’impulsions sonores sur support polymère tendre). Lors de la prise de son, un détecteur d’onde (sorte de micro) transmet l’énergie acoustique à une rondine extra-plate et grave rotativement, au carbure, l’image exacte du relief musical ! C’est saisissant. Il suffit, pour la restitution, de faire passer (à l’aide d’un doigt métallique tangentiel) une pointe de cristal dans la trace laissée dans la masse, et d’amplifier. Fini la piètre qualité immatérielle des vieux MP3 ! Les fichiers qu’on efface par inadvertance… Place au solide ! Au durable ! A la musique concrète. Des tests montrent par ailleurs que la dynamique, la pression sonore, sont bien plus importantes qu’auparavant. Le son serait meilleur, plus chaud. De plus, ces Music Plate étant significativement plus généreux que les anciens CD, les graphistes et autres photographes pourront s’en donner à coeur joie pour élaborer les pochettes (on parle de surface équivalant deux feuilles A4 environ, soit quatre à cinq fois plus grande qu’un vulgaire cédé !) L’industrie de l’ameublement oeuvre déjà à la conception d’espaces de rangement décoratifs spécifiques pour recevoir ces précieux objets du futur. Que de travail en perspective !

Le « Stay&Speak®»

C’est cette fois MitsuTek, un Japonais du nord, qui nous prépare en lieu et place des portables tactiles et compliqués qui traînent dans nos poches (oui mais où ?) un véritable « must-have » pour demain, combinant esthétique ET simplicité d’utilisation. Il s’agit d’une sorte de double cornet en duraflex moulé, muni en sa base d’un cadran numéral mécanique de haute précision (circulaire), pour appeler dans la plus totale décontraction un correspondant sans risque de se tromper de « contact ». Fonctionne aussi pour répondre : il suffit de soulever l’appareil au moment de la sonnerie. Un support mural (ou de table) est prévu pour poser l’engin juste après la conversation. Génialissime. Un vrai plaisir de technophile adepte du minimalisme. Délibérément simple, efficace et solide, d’une indiscutable élégance, le Stay&Speak® enchantera les intérieurs les plus raffinés, tout comme la soupente des budgets plus modestes. Un système filaire sécurisé et auto-alimenté, assuré par la Compagnie Transnationale des Lignes, nous fera oublier très vite nos anciens petits compagnons si grésillants en « l’absence de réseau » et si vite fatigués en l’absence de recharge. Appeler son prochain sera désormais un acte choisi, mûri, et non bêtement compulsif. Avec l’espace de liberté enivrant qui en découlera de toute évidence, corollaire attendu d’une approche rationnelle et mesurée de la téléphonie moderne. La dictature de la disponibilité à tout prix semble toucher à sa fin ; qui s’en plaindra ?

Le « Touch »

Quand une chorégraphe soudanaise croise un psychologue behaviouriste dans un laboratoire canadien, parfois ça fait des étincelles. Mouvement et comportement pour allumer le feu nouveau de la grâce, voilà l’histoire. S’appuyant sur l’estimable somme théorique du sociologue des réseaux Paul Fluviens, ces deux créateurs ont mis au point une sorte de parade amoureuse destinée à renouer les fils qui s’étaient dénoués à cause de Facebook, Meetic et autre techno-parade nombriliste et sans issue. Comprenons bien : les fils physiques et réels, tactiles, entre humains de sexe opposé – voire de même sexe. Ainsi est né le Touch, jeu à deux protagonistes, qui consiste, lors de soirées organisées dans des espaces cosys un peu sombres, à proposer (poliment et à voix basse) à une personne de se coller contre soi pour évoluer pas à pas au son d’une musique calme, rythmée à 30 pulsations par minutes (BPM). C’est tout à fait prodigieux cette lenteur langoureuse. Ce retour au Jardin des Délices. En terme de séduction et de réel contact, on est loin de l’agitation sudoripare et décérébrée qui fait encore fureur sous nos  ciels « hype » et sans étoiles. Tonk! Tonk! Tonk! oubliez… Imaginez plutôt deux corps enlacés, verticaux jusqu’à quand, des mains posées tendrement sur des épaules nues ou des hanches, des visages qui se cherchent, se frôlent dans la moiteur, se parlent en direct… Halala. C’est le Touch, mesdames et messieurs. Le Touch de Vancouver. Qui va débarquer en France et dans toute l’Europe d’ici, si tout va bien, deux à trois ans en commençant par Ibiza (of course). Une cellule expérimentale a été conduite l’automne dernier dans le Limousin, les résultats sont prometteurs. Outre le protocole d’approche de « l’autre », on a salué la relative facilité d’apprentissage du pas, bien moins complexe et désuet que le paso-doble, la salsa, la valse ou le tango péruvien. Donc la pénétration au niveau des jeunes risque d’être élevée et de conduire au succès sans alcool. Il faudra néanmoins réapprendre à s’apprivoiser physiquement, vaincre la timidité que les réseaux distants ont façonné entre les personnes. A ce titre des brochures anti-peur seront distribuées, des animateurs-formateurs engagés, enfin tout un monde qui va se remettre à bouger pour la cause de l’Homme sensuel et joueur, animal social entre tous. Créer du lien, du vrai. Encore un peu de patience mais faites vos jeux mesdames et messieurs. Faites vos jeux.

Douce année à vous.

Plastic life

8 décembre 2010

© Chris Jordan

Ça commence assez abruptement, par des images de laboratoire. Nous sommes en présence, en gros plans, de pénis de bébés, affreusement malformés, dont on imagine sans forcer que leur petits propriétaires aux joues roses, encore innocents, en feront les frais plus tard – et quels frais : pénis HS, circulez les filles !…
Il s’agirait de « perturbations hormonales » nous dit une voix off, calme et nette. Ben ça alors, pas de chance les mouflets… On nous parle ensuite de diabète infantile « alors que rien n’y prédisposait », de baisse de la fertilité chez l’adulte, de cancers inexpliqués, d’obésité anormale, d’allergies étranges, de troubles du comportement, etc. Que des réjouissances, quoi.

Non, ce n’est pas un documentaire sur Tchernobyl. Aucune zone sinistrée post soviétique peuplée de malheureux freaks sous dioxine. Aucune trace de vilenies génétiques dans le propos (on verra ensuite que pourtant si, et même jusqu’à trois générations ça se transmet…) Non : Il s’agit simplement du début du premier volet de l’émission « Pièce à convictions » passé lundi soir sur la 3 : « Plastique : menaces sur la santé » (réal : Elise Lucet). On est en France.

Tu parles d’une menace : selon une étude à grande échelle, il y aurait du plastique dans les urines de 90% de la population mondiale. Et le plastique dans le corps ça peut être dangereux.

Je ne vais pas refaire ici le déroulé exact de cet excellent documentaire, aussi alarmant qu’effrayant ; il faut juste le voir d’urgence (des rediffs sont prévues sans doute, ou alors peut-être sur YouTube). Bref, le coupable de ces maux terribles est le plastique, au sens large, et tout particulièrement les phtalates et le « biphénol-A » qu’ils contiennent dans leur grande majorité. Parce que voyez-vous, grands buveurs d’eau en bouteille (plastique), biberonneuses contrexophiles à sac stylé, ces deux substances qui passent lentement (mais sûrement) du contenant au contenu liquide sont, selon de toutes récentes études américaines et canadiennes, « hautement toxiques à faible dose ». Eh ouais ! Ça diffuse méchant dans les bouteilles, ils l’ont mesuré il y a quelques mois. Le thé de la mort dans ton Longchamp, chérie. En douce et en toute impunité… (Une édifiante démonstration à base d’escargots qui se multiplient selon un schéma erratique semble l’attester – entre autres expériences édifiantes).

Et comme hélas les études françaises (surtout dans l’agro-alimentaire) sont soit en retard d’un train de marchandises, soit complètement bridées par les industriels européens et leurs lobbies surpuissants, qui c’est qui trinque ? Qui c’est qui s’envoie les molécules délétères par grappes de douze ? Ben nous. Pas que les bébés. (Bébés pour qui l’Assemblé nationale, vaguement alarmée par les USA, vient de décréter l’interdiction de commercialiser les biberons « pouvant présenter des risques », tiens tiens… Des risques. Plus de biberons en plastique sur le territoire. Finito subito. On applique vite le « principe de précautions », en espérant que ce ne soit pas trop tard.) Y’aurait donc de l’eau dans le gaz, docteur ? Euh oui, j’en ai bien peur.

Mais pour les bouteilles, les canettes, les boîtes de conserve à revêtement interne, les bouilloires, tout un tas de trucs en plastoc vendus par mégatonnes dans les magasins, on fait quoi alors ? Rien. On continue. On s’enfile à chaque gorgée des micro-particules « hautement toxiques », mais on continue. On accumule. A chaque bouchée aussi d’ailleurs – pour les aficionados du « tout préparé » et des « barquettes micro-ondes ». Cool ! A nous les palettes de yaourts aux phtalates (et, tout à fait accessoirement, au bifidus). C’est très sympa le cancer, vous verrez. Ce qu’il fera à l’intérieur se verra aussi à l’extérieur, c’est garanti.

C’est que c’est complexe, tout ça. Très. Je veux dire les intérêts en jeu. Il y a d’un côté les puiseurs d’eau, Maîtres de Sources, Grands sorciers basaltiques, qui disent que l’eau « du robinet » c’est grosso modo de la merde chlorée (ils ont tort, évidemment), et qui vendent de l’eau mille fois plus cher, « meilleure parce qu’elle vient du fond du tréfond de la Terre, coco, pas d’un simple robinet ! » ; d’un autre côté le consommateur un peu benêt qui veut voyager léger et va pas s’embarrasser d’une lourde bouteille en verre dans le métro (manquerait plus qu’ça !) ; d’un autre encore, l’emballeur industriel, expert es-plastiques hi-tech depuis des lustres (et son pote le designer sur polymères), qui a compris le marché à investir – à inonder –, qui s’en porte fort bien, et qui est un peu en retard sur la conception de bio-plastiques non toxiques (surtout qu’il a de sacrés stocks à écouler, des études à rentabiliser, etc., alors on va se calmer sur le sanitaire pour l’instant…). Et d’un dernier côté (en face) l’Instance… Sanitaire ! et le Législateur, qui font des grosses teufs à Deauville, Thonon-les-Bains, avec leur potes de chez Nestlé et Danone, le tout avec des conseils d’administration infiltrés (c’est le mot), des commissions lobbyées aux petits oignons, et j’en passe. Le Saint-Pognon mon neveu, voilà le vrai coupable ! Halala.

Parce qu’à cent lieues de ce polygone dantesque et plein de côtés opaques où nous, pauvres quidams, y voyons aussi clair que dans une narine de gorille – mais où il se boit énormément de Champagne pour fêter « les chiffres en hausse » –, il y a les petits labos indépendants. Qui bossent tranquille, à leur rythme, et avec un amour visible du travail bien conduit. Américains pour la plupart (le mec barbu avec ses wagons d’escargots, par exemple.) Parfois français, soyons fairplay ; il y a bien un ou deux nutritionnistes gaulois sur le coup, c’est vrai, mais c’est encore trop rare (et ça n’a pratiquement aucun poids). Ensuite ils publient leurs chroniques dans des revues scientifiques, naturellement, et dans l’indifférence générale. (Quoique quelques cols blancs toussent un peu, mais bon ça va : Greenpeace et consorts c’est de toutes petites structures hippies, minoritaires, pas de quoi s’inquiéter pour l’instant.)
Que cette émission documentaire passe à une heure de « grande écoute » c’est presque un miracle, une sorte de dysfonction économique, une faute de goût. Profitons-en, c’est comme un vendeur de parapluies dans le Sahara, c’est rarissime.

J’ai beaucoup aimé le dernier volet du docu (qui en comporte trois), plus généraliste, où on voit l’estomac éclaté d’une tortue marine rempli de brosses à dents, de bouchons divers, de sacs poubelles déchiquetés, de bouts de pneus… Le visage du biologiste surtout, consterné devant le cadavre ouvert du reptile. C’est à se demander si de temps en temps ça lui arrivait de croquer un poisson, à cette pauvre bête. J’entends : un poisson qui n’aurait pas lui aussi absorbé du plastique… Ça nous vient du Pacifique cette image, océan sublime qu’on nomme maintenant « La soupe de plastique » dans les milieux autorisés (pas dans le catalogue Kuoni, par contre, pas déconner !). Non c’est vrai, je ne plaisante pas. La chaîne alimentaire marine est vérolée par le plastique, de A à Z. L’alpha et l’omega du fief de Neptune sont reliés par un filin de PVC meurtrier. Quand on trempe la main dans l’eau du Pacifique, paraît que c’est un peu gras désormais, huileux ; car le plastique, à part les gros morceaux, s’est dissout (en même temps que les dérivés du pétrole et les crèmes solaires des surfeurs…). Par ici la bonne soupe. La Méditerranée, on y arrive gentiment. Des montagnes de plastique devant les murs de béton des chaînes d’hôtels… C’est parfait. Vive les vacances. Et les vacanciers.
Hé, Trenet ! Reviens Charlie, avec tes golfes clairs… Reviens !

Non franchement, merci France 3 et bravo, vous avez fait du bon boulot ; je prends note de toute cette merde, des détails que j’ignorais ; désormais je vais boire que du pinard, moi. Dans une bouteille en verre soufflé, avec un bouchon en liège sauvage. Et quand j’irai aux ordures, je ne mélangerai plus le chlorure de polyvinyle avec les autres polymères sulfurés non recyclables, promis. C’est pourtant pas compliqué le tri.

Santé la Planète !


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