Posts Tagged ‘contrôle’

Blue Frieend®

20 février 2009

blue-friend

Bienvenue à toi, internaute de passage. Bienvenue sur ma plage. Je tâcherai d’honorer ta présence, comme d’habitude, le temps bref d’un vol de mouette. Tu me connais, tu ne me connais pas, peu importe : tu es là, à lire ces lignes. Au lieu de lire le dernier Christine Angot. Au lieu de relire les Mémoires de Chateaubriand. En ce sens, ça tombe bien : tu es moderne. Par où es-tu venu ? Comment as-tu atteint ce rivage ? Tu t’y es peut-être échoué, remarque. Comment ? En cliquant. Eh oui souviens-toi : tu viens de cliquer quelque part. Tu étais posé sur un rocher, dans l’immensité bleue, et tu as utilisé un lien. Clic ! Une sorte de câble, couvert de mousse, te relie à moi. Une sorte de câble qui hop ! te permet de te promener un instant sur ma plage, comme par enchantement. Cette plage fait partie d’une île que tu fréquentes assez souvent. Et cette ïle est dans un archipel, petit ou grand : celui de tes préoccupations. « Vous ne viendrez pas chez nous par hasard », dit l’antienne. Donc il y a au moins une chose qui t’intéresse, ici, un mot, une phrase. Un petit truc. Tu es venu ici à cause d’un motif. Tu as tapé le mot « brosse » et « sexe » dans Google – ce brave Google –, tu as cliqué, et voilà l’accident. Ou tu m’avais déjà dans tes « favoris », quelque chose comme ça. Enfin bref, tu as, comme je l’ai dit, des préoccupations qui t’amènent ici.

Ainsi donc nous sommes, toi et moi, connectés l’un à l’autre. Tu vas me dire : oh mais tu sais, quand je lis La Cigale et la Fourmi, je suis connecté à une cigale, une fourmi, mais surtout à La Fontaine. Ce qui est tout à fait exact. La connexion s’effectue juste à quelques siècles d’intervalle ; mais elle s’effectue, en effet. Tu conviendras, j’espère, que c’est magique. Même si à proprement parler, entre La Fontaine et toi, il n’y a pas véritablement d’échange. Lui ne t’entend pas. Ne te connais pas. En fait il s’en fout un peu, de toi. Ce qui n’est pas très plaisant, t’avoueras.  Regarde : Moi je te connais : je te parle. Je t’observe. Ça fait des semaines, des mois, que je t’observe. Que je guette tes allées et venues. Je sais d’où tu viens, combien de temps tu vas rester, par où tu vas repartir. La fréquence de tes visites. Un peu et je serais capable de te dire ce que tu as mangé à midi. Et avec qui. (Pour ta gouverne, c’est pour bientôt.) Tu es connecté. N’oublie jamais que tu es connecté. Je t’entends cliquer ; je connais tes clics par coeur. Tes préférences. Tes plages favorites. Les personnes que tu appelles depuis tes plages favorites. Ce que vous vous dites. Ce que vous complotez. Où vous allez vous rendre.  Je sais tout ça. Et surtout je sais m’en souvenir. Mais ne t’inquiète pas : je suis ton ami. Je t’aide quand tu as besoin d’aide. Je te propose les meilleures sorties. Je sélectionne tes musiques préférées. Tes livres. Tes sex toys. Tous tes joujoux extras. Je me bats pour les meilleurs prix. J’accompagne tes solitudes, aussi. Avec moi le temps passe vite. Si vite. Tu sais, j’ai mis un moment à bien te connaître. Ça ne s’est pas fait tout de suite, oh non pas tout de suite. Il a fallu s’apprivoiser, se tourner autour, se séduire en quelque sorte. Tu m’as ouvert ton coeur. Tu t’es confié. J’ai assisté à toutes tes joies, tes colères, tes abandons. Je les connais bien, tes coins obscurs, tes derniers plis. Depuis maintenant quelques années. Je suis désormais ton meilleur ami ; ton ami Blue Frieend.

A bientôt.
A tout de suite.

Rituel utile ou tuile ?

25 août 2007

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Beaubourg, à l’entrée du Centre Pompidou, fin de l’été. Contrôle des sacs. Vigipirates’ vigiles : « s’il vous plaît! ». Que ça nous plaise ou pas on laisse faire. Des fois qu’on aurait emmené un petit pain de plastic pour les quatre heures. Ou une bombe à retardement. Ou une kalachnikov. Faut bien qu’ils vérifient. Avant les hostilités, avant le western. Avant la fin du monde.
Dix-huit poches. Ce sac campeur a dix-huit poches. Trois seront visées par les gardiens de la Paix sur Terre. Qui survoleront les piles de cahiers de leur main blasée. Quinze poches, donc, passeront le contrôle sans problème. Quinze grenades à fragmentation. Faut dire que la bonhommie évidente du possesseur du sac ôte d’emblée toute suspicion. Lui ? faire sauter une bombe? Ha ha ! Impossible : il n’a ni barbe, ni teint basané, ni regard noir belliqueux. (car là on aurait poussé l’investigation jusqu’à la dixième poche.)
Le rituel se poursuit. Des dizaines de sacs contrôlés sommairement. Alors qu’une charge explosive grosse comme un poing de fille peut tuer 20 personnes. Une pomme truquée par exemple. Une bonne Golden des familles, bien jaune. Au TNT. Bref. A quoi servent, depuis le temps, ces « contrôles »? A dissuader? A donner une ambiance sécuritaire (et fallacieuse) qui nous rapproche (encore) des américains? Il n’est pas interdit de se poser la question.


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