Posts Tagged ‘hyperchoix’

Le tableau noir (2)

30 juin 2010

Version commerciale :

1/1000

28 juin 2010

Représentation (en vert) de la probabilité moyenne d’être publié par une maison d’édition, en envoyant son manuscrit par voie postale. Un manuscrit sur mille reçus connaîtra une vie – courte – en rayons. (Cliquer pour agrandir.)

Oui, ça peut décourager. Mais bon travail quand même, amis du verbe ! L’essentiel étant d’y croire…

(powered by Processing & the Numbers Drawing Machine (V3). Coded by Pierre-Emmanuel Huc & NLR)

Fruit mûr

7 avril 2010

Une fois n’est pas coutume, je vous propose un petit schéma.

(Cliquez dessus pour agrandir.)

Et puis de toute façon les coutumes hein.

Renterrée ?

16 septembre 2008

Paris bat t’as pensé (son ventre plein), à mettre de l’eau scolaire ? rentrée littéraire Y vont rafler romans déjà morts, prix des cartables-fleurs, trous chrysanthèmes d’éditeurs, du cul d’auteurs inconnus encore nains ‘taing t’as vu ça même la phnaque et librairies la place arnaque la pile fuck ! Devant ! Toujours allouée les ! – un style à couper le souffle – évidemment pfff Angot, mêmes Rentrées Pfff chaque mot-année après année ! concurrentielle rentrée ! saleté misère mise en place impitoyable marché Gynecoco (le méchant des armées), et l’autre amant, là, y’en a que pour avec son – Premier Roman – j’hallucine et moi-nous-si-loins ? Tous ces pousse-toi moi moi c’est pas vrai 676 (seulement !) tu te rends compte, pavé érudit ? Attachée de presse purée lundi oui Millet et bronzés, se va pavaner la nana à Saint-Chatte, là (Germain, derrière) de toute façon d’art content comptant les Prix pour rien Prix Prix Prix ! Moi Moi Moi quel 676 tu veux me dire ! Non la liste – à lire de toute urgence ! – la première jalousie Femina, Lacrimosa, Tralala, Charabia, (pleure pas, Régis) 676 Goncourt brothers et machin Intersaucisse, gosses de réseau, signature signe ! Chez Taddeï et si blogosphère il y a la télé-bousculade. Aucun piston riche, rien, jeune prodige – une écriture ciselée, aïe ! –, chance site de Prix B bébé Wrath rate, mal digéré ça change rien la haine. Z’ont raison (Révolution !) édition numéricon va bientôt et ma thune alors enculé??? Et Possibilité mort netocratique de rire d’une île Houellebecq ! ha ha ha wannabe la FIAC aussi wannabe soon ! t’as vu écrivain mystère m’étonne à peine son Scheer gourou chien formatique ! étrange film les salauds, bon M@nuscrits (quoi quoi quoi ?) et deux bières alternatives à boire de novembre à Versailles – immense – s’il vous que du cul-cul (encore du) ! The Flore Rabbit expérience se prend pour Dieu-fiction t’as les blogs-laboratoires avec renvoi d’ascenceur Koons (charge max: 100’000 kg) ; critique j’achète l’interview tique — moi aussi je t’aime, baby — y lent (non, si rapide) restera quoi après la Fashion week, de tout ça ? Hic ! Brooh ! Quoi dis-moi ?

Qui a raison ?

14 juin 2008

« Mon si beau laurier rose sèche, perd ses feuilles une à une et ne fleurit plus, il est au soleil, faut-il l’arroser davantage? lui mettre de l’engrais? », se désespère « Jean-Daniel », de Courbevoie, sur un forum de jardinage comme il en existe désormais des milliers sur le web. « Cerise78 » vient à la rescousse : « Ma voisine a le même problème tous les ans, elle pulverise un produit et hop ça s’arrange, c’est une maladie de laurier, tapez « maladie de laurier » dans google et vous en saurez + «  Suivie du conseil très éclairé de « François.B », un retraité de Montluçon : «  L’année dernière le mien m’a fait la même chose, je lui avais mis un paillage en mulch de cacao et il n’a pas aimé du tout. Mais cette saison, après surfaçage avec de l’or brun, beaucoup d’eau et un max de soleil, il est reparti nickel. » Bon. Alors ? Maladie ? Arrosage mal dosé ? Exposition ? « Roi du massif » apporte son expertise : « Surtout ne pas trop arroser, le laurier est très sensible aux excès d’arrosage, surtout si l’eau est plutôt dure à très dure. Et puis ne pas traiter à cru, vous allez finir de le déplumer complètement ». Jean-Daniel s’interroge ; met une photo en ligne de son désastre végétal. Feuilles jaunies, écornées : en effet son laurier va mal. « Ah ça c’est clair c’est une chlorose, ça vient de la flotte, faut arroser moins. » certifie « Roi du massif ». « Ça ? Une chlorose ? avec ce brunissement aux pointes ? Certainement pas ! » objecte Edmonde, d’Auxerre, « je peux vous dire que c’est signé la cochenille, avec ces petits points, faut traiter tout le feuillage quand c’est comme ça. Et surtout pas au soleil cuisant, attention » . Braves conseils de bonnes gens. Que faire exactement alors ? « Il n’y a rien à faire » déclare « plantor » un peu plus bas, « il perd ses vieilles feuilles pour en produire d’autres, c’est juste un cycle. Mets-le mi-ombre, tranquille, arrose-le abondamment pour faire repartir le feuillage, c’est tout. » Pas sûr : « Arroser trop est une grossière erreur ! » reprend dix minutes plus tard « Roi du massif », l’expert de Montpellier, « le laurier rose est une plante méditerranéenne ! Surtout ne pas arroser trop ! Ici ils sont contre le mur et JAMAIS arrosés ! Pour le traitement chimique moi je me méfierais ! «  (Etc, etc.)

Jean-Daniel, épuisé, passera près de trois heures de forum en forum, à la recherche d’une réponse satisfaisante. En vain. Wikipédia, ainsi qu’un ou deux sites consacrés à l’horticulture, ne l’aideront pas beaucoup plus. (Il se résoudra alors à se rendre dans une jardinerie, muni de deux feuilles sur le déclin, pour voir. Les conseils prodigués ne sauveront pas son laurier : malgré un séjour prolongé aux soins intensifs, il est mort.)

Ce phénomène, chronophage et anxyogène, sévit sur la majorité des forums, tous sujets confondus (même les « avis » sur les hôtels-vacances…). Difficile de trier le bon grain de l’ivraie. Tout semble vrai, ainsi que son contraire. La démocratisation du savoir – son illusion – et la vitesse de transmission de l’information ont l’air de poser un certain nombre de questions : Monsieur Tout le Monde est-il compétent ? Internet fait-il gagner ou perdre du temps ? Où, dans cette masse colossale d’informations, se trouvent les informations justes, pertinentes, vérifiées ? (et par qui ?) Peut-on faire confiance – et jusqu’à quel point – à Wikipédia ? (d’aucuns assurent que oui, d’autres que non, qu’il y a parfois de « grossières erreurs ».) Qui a raison ?

Il m’arrive d’être pris d’un étrange et assez désagréable sentiment de régression face au « progrès ». Pas vous ?

Fais péter !

5 janvier 2008

champagne2008.jpg

Me revoilà. Pfouuu.
Ça a d’abord été la fameuse « fin de l’année ». Carrefour des angoisses autant qu’appel d’air. Pour beaucoup, la sale période des derniers soubresauts. Des derniers espoirs qu’on n’en finisse quand même pas là, comme ça. C’était pas possible on s’est dit. Fait chier putain. Tous ces espoirs à ce point déçus, ces attentes vaines. Ces cafouillages des ultimes jours, ces petits oui qui sont des non. Ces promesses en balsa, ces signatures en carton. Quels fiascos ! Que des bouchons ! Fallait faire le bilan juste avant le sapin. Pour qu’on soit tranquille au moins entre les guirlandes et la Saint Syl’. Entre le Nordmann à boules et le Château Vomi-Castagne 2008.
Le bilan fut lourd évidemment. En un mot : TROP. De temps sur le web, de dossiers en suspens, de dossiers tout court, de femmes juste croisées, de sourires qui s’en vont, de violences inutiles, de spams allonge-zob, de questions sans réponse, de bruit dans le quartier, de fringues dans l’armoire, de baffes qui se perdent, de cartes de fidélité, d’infos superflues, de musiques d’attente, de filles ipodiques, de boîtes qui débordent, de repas trop chargés, de films « de l’année », de réductions de 5%, de maris infidèles, de pubs assommantes, d’occasions à ne pas manquer, de mecs qui bandent mou, de nouvelles nouveautés, de fistons pistonnés, d’images « inédites », de surveillances électroniques, de cancers galopants, de succès éphémères, de yaourts en rayon, d’interdictions de stationner, ou de séjourner, de récits incroyables, de porcs nographiques, de longues jambes en Dim, de coeurs éplorés, de mensonges numériques, de magazines consternants, de fumée dans les bars, de légumes à farcir, de monde au départ, de livres édités, de kilos à faire fondre, de mamies qui tremblotent, de prix usurpés, de rois du polar, d’avenirs incertains, de pseudos blacklistés, de lois à la con, de loyers augmentés, de reclus qui crevotent,  d’amis surbookés, de flotte dans la viande, de désirs aiguisés, de pets végétariens, d’envies étouffées, de pognon dans les fêtes, d’obsédés sexuels, de sucre au dessert, de budgets explosés, de foie gras à Noël, de poumons qui s’essoufflent, d’énergie dépensée…

Pour en arriver là.
A l’année du Rat. Petit rongeur d’espérance, qui court comme un imbécile.

Alors Bonne Année frère humain ! BONNE ANNEE mon gros ! Bienvenue dans la Vallée Nouvelle ! Tu vas voir tu vas te régaler !
Mais te gêne pas pour tout faire péter, hein. Champagne !

Comme une lettre à la poste

25 octobre 2007

photo-0742.jpg

Il était une fois un expéditeur qui voulait envoyer un truc à un destinataire. C’était il y a longtemps, au début. Au tout tout début de cette histoire. A l’époque de la Poste à cheval, vers la fin du crétacé supérieur, par là. Puis, comme il a quand même fallu aller plus vite et se mettre au diapason de la technique qui galopait, on a taillé des silex pour motoriser un peu tout ça. Ça s’est accéléré au fil des siècles, pour accueillir le progrès. Les paquets, les lettres, ont fini par prendre le train, puis l’avion. Il suffisait alors pour l’expéditeur de coller un timbre, de mettre dans une boîte, et pour le destinataire d’avoir un peu de patience. Basta. C’était assez simple en somme.
Et puis le Progrès s’est mis à progresser. Encore et encore. Il a fallu répondre à des demandes précises, variées, multiples. On a même créé des demandes ; (qui n’en demandaient pas tant).
Aujourd’hui, lorsque l’expéditeur se rend à la Poste avec son truc à envoyer, il a le choix :
Bref extrait : Certinomis – Chrono18 – Chrono13 – Chrono10 – Colissimo – Colipays – Chronopost – Coliposte – Postreponse – e-Como – Distingo – Postexport Premier – carte Genius – Geoposte – Pack MNA, etc, etc.
En outre, il peut, l’expéditeur, faire un envoi normal ou sécurisé, « prestige » ou « prestige plus », assuré ou non, en recommandé avec ou sans AR, avec ou sans suivi, analogique ou électronique, avec reçu SMS, PDA, mail ou papier. Tout est possible. C’est fantastique.

Cet agglomérat d’ « outils pratiques » a été inventé pour lui « simplifier la vie », à l’expéditeur, comme ils disent à la Poste. Pour son « confort et sa tranquillité ».

La semaine dernière, j’ai envoyé un petit paquet à une personne qui habite l’arrondissement d’à côté (cinq minutes à cheval, environ). Ça a mis 4 jours.

Qu’à cela ne tienne : la Poste nous prépare des solutions pour accroître encore et encore notre confort, notre sérénité, notre sécurité : Tranquipost, Postozoom, Satellipack, Furyo-box, Post-ubik, Fibrocolis, Biopostage, etc.

Le Progrès ne s’arrête jamais, on peut dormir tranquille.

Notre Poste qui êtes au mieux,
Que ton nom soit sanctifié.
(…)
Pardonne-nous nos offenses
(…)
(et délivre-nous du mail…)

 


%d blogueurs aiment cette page :