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Un peu de moi

28 avril 2009

abyss

Difficile de se soustraire à la vague de « questionnaires » (de Proust, de Pivot, de Raymonde, et autre « Valentina ») qui sévit ces temps-ci sur nos blogs printaniers. L’auteur — le toujours mystérieux auteur — est intimé de répondre, d’y aller franco. D’ouvrir un peu ses rideaux. Ses petits secrets. (Je ne parle pas des blogs, nombreux, où les rideaux, les portes, les orifices, sont ouverts 24h sur 24, et où l’exercice n’offre qu’un intérêt mineur.)  « Votre livre préféré ? », votre couleur, votre fleur, votre musique, votre film, votre musique de film. Votre plat. Votre plat en sauce. Votre surgelé. Votre patati. Vos patatas. Vos raplaplas. Non mais bon ! Et tiens, aussi : le métier que « vous aimeriez exercer ». Ah non quatre, nous demande Valentina ! Ha ha ha. Quatre métiers ! Euh voyons : pâtissière-confiseuse, capitaine dans une division blindée, cosmonaute et euh… fleuriste. C’est bien fleuriste, et ça sent bon. Mais je les exerce tous ces métiers ma puce ! non-stop ! « Le sexe que vous aimeriez avoir » pendant qu’on y est ! Ken ou Barbie. Le nombre de doigts ! Moi ? 10 !  Six à droite, quatre à gauche, je suis classique. Ah les conneries.
D’habitude je ne suis pas la mode. J’aime pas suivre. Je la crains la tendance, la fuis, et j’en profite même, levant la papatte, pour l’arroser de mon plus franc jet jaune, voilà. Mais là ok, d’akodac’, j’ai promis, je vais faire un effort. Bien obligé : je l’ai dit sur le très couru blog de Madame Lebrun. Et je reviens rarement sur. (ou alors j’oscille comme un oscilloscope, mais là c’est autre chose, c’est ma maladie.) Bon. Bien emmerdant cette histoire de questionnaire centenaire. On est bien assez fliqué comme ça, tu sais mon p’tit Marcel. A ton époque t’avais pas facebook, ni google, ni GPS, ni une camera dans chaque coin, ni les RG au cul, ni rien de tout ça ! Alors moi, mon « occupation préférée », à part les fillettes à la sortie des écoles et la pose de TNT sous les TGV, je crois que ça intéresse pas grand monde tu sais. Par contre, sur le principe, je suis pas contre. Je veux dire : sur le principe de ne pas me défiler. De « jouer le jeu », quoi. De me soumettre à la Question. Mais j’ai dû me débrouiller autrement, je suis comme ça, plutôt que de dépoussiérer ton machin et parler de mes « peintres et poètes préférés ». Surtout que j’aime pas les poètes, non mais tu rigoles. Aucun poète. Surtout les anciens, ceux qui voyageaient peinard, pas comme nous, qui fumaient de la drogue et qui mettaient des doigts dans des culs nubiles. Saligauds de poètes ! Obsédés du râle ! Mesclun gâté ! (oui, ouvre un paquet de mesclun « jeunes pousses » ne serait-ce qu’un seul jour après la date… Pas très poétique, tu verras.)
Me débrouiller autrement, donc.
Par chance, hier soir, alors que je dînais seul au Mac Do Champs-Elysées (une fois n’est pas coutume), et qu’à la table à côté, Bernard Tapie — joliment accompagné, lui — attaquait un Super Cheese Maxi-triple (on pense tous qu’à baiser et bouffer, y a rien à faire), me revient à l’esprit, grâce à cette présence carnassière un brin erratique, ce fameux « Questionnaire de Kimball », retrouvé dans la poche d’un GI pendant la guerre du Golfe. Un must du genre, jamais traduit en français. Celui-là, oui, pour vous, je veux bien m’amuser à y répondre.
C’est parti.

A quelle « célébrité » administreriez-vous volontiers 500mg de cyanure de potassium, hop, un soir de cocktail ? (le « hop » c’est moi qu’ai rajouté, pour faire plus cinéma.)
A Julien Bourremou, sans aucune hésitation. Qu’il se taise définitivement. Qu’il cesse de nous emmerder avec ses chansons mièvres, doucereuses et imbéciles. Pendant que le monde s’entre-tue dans la fièvre (porcine).

Quel est votre serial killer préféré ?
Jean-Luc Delarue. Son sourire en céramique, ses beaux yeux de marcassin, c’est quand même quelque chose. J’adore.

De qui craindriez-vous absolument une sodomie en règle ?
Euh… voyons… peut-être Jim « penetrator » Stormsteel, un géant black de 2M27, pilier de basket et acteur porno « freak » à ses heures. Une pine, quand il la déplie, comme mon bras complet. Respect. Pétage de cul assuré. Mais niveau sodomie de toute façon, entre Numéricable et Orange, ça va, je suis déjà bien entouré. D’ailleurs je vais aller me racheter du gel silicone, ça fait moins mal.

Qui auriez-vous aimé ne pas être ?
J’aurais bien aimé ne pas être Gérard Lenorman. Ni Loana, Ni Obama. Encore moins Picasso ou pire : Ben Laden. Mais que voulez-vous, on ne fait pas toujours ce qu’on veut.

Parmi les blancs, pour lequel avez-vous le plus de sympathie ?
Le blanc d’oeuf. On fait tout avec. Même des maisons.

Votre outil de bricolage favori.
Ma tronçonneuse Stihl « Viking » modifiée. 250 CV, double turbo, 1m20 de longueur de coupe. 42 kg. Pour défricher sévère c’est l’idéal. Pour faire table rase aussi. Ou pour abréger une discussion qui s’éternise (et où j’ai pas raison).

A quel chanteur français souhaiteriez vous une rupture d’anévrisme de courant pendant un concert ?
Pierre-Alain Bourremou (le cousin de Julien). Et que le courant ne revienne jamais. Qu’il se mette à pleuvoir. Un orage terrible. De la boue jusqu’au cuisses. Yo, man.

Si la science pouvait vous rallonger un membre de 10 centimètres, lequel choisiriez vous ?
Va savoir. La main droite en fait. Pour mettre des bonnes baffes sans me déplacer. Ouais. Quoi ? Hein ? Caisse tu dis ? T’en veux une ?

Quel don de la nature, quel miracle, pourriez vous souhaiter que votre concierge possédât ?
Le don de disparaître avec ses seaux et tout son bordel pendant que j’accède à ma boîte aux lettres pour choper mes factures.

Toit de chaume ou toit de tuiles ?
Tuile, tuile. Forcément. Des bonnes tuiles en A34, bien massives. Protectrices. Et électrifiées (à cause du chat du voisin, que je déteste).

Pour quel poisson avez vous la plus profonde admiration ?
Chascanopsetta lugubris. Sorte de poisson-mâchoire solitaire et lumineux, qui ne s’exprime que lorsque c’est vraiment nécessaire. Ceci dit il est très écouté, dans le noir abyssal. Et il aime pas trop qu’on le contredise.

Votre proverbe saoudien favori ?
« Ouaf’ hadat shirf sharaf ed’ assd el sharaf » : « Quand on n’a pas de pétrole on a du pétrole ». J’ai hésité avec « tizak tah’ila hous’san rak’bid’ saad el farouf » :  « Tout ce qui ne brille PAS, n’est pas or ». Mais je préfère quand même le premier, il sonne mieux en V.O.

L’explosif le plus simple d’utilisation, selon vous ?
Le posk russe (farine d’épautre + maïzéna + jus de citron + jaune d’oeuf + huile de ricin + polonium en barres) Il est quand même conseillé de porter lunettes et gants.

Le plus compliqué ?
Les mots. Là, même avec des gants, c’est pas évident.

Quel attribut(s) du sexe opposé aimeriez-vous vous voir greffé ?
Un énorme clitoris. A la place du nombril.

Dans quelle dangereuse zone de conflits pourriez-vous passer vos prochaines vacances de Pâques en famille, si vous y étiez obligé ?
Sur l’Ile d’Oléron. (On dirait pas comme ça, mais il y a des conflits terribles entre les pauvres cyclistes qui roulent sur la nationale et les frimeurs en 4X4 chromée — ces gros cons.) Le bar y est bon malgré tout, sur cette île enfumée.

Quel artiste contemporain auriez-vous plaisir à voir changé en statue sans autre forme de procès ?
Jeff Koons. Direct. Et pas la peine de faire une statue, un sac de plâtre suffira.

Avec quel écrivain échangeriez-vous, un beau dimanche, quelques passes de frisbee ?
J’hésite entre A.Moldavski et O.Steppenwolf. Les deux ce serait super. Ou alors Guillaume Musso. Mais là faudrait que je lance le frisbee en premier, et qu’il soit garni de lames de rasoir horizontales dans son pourtour…

Que prépareriez-vous si vous aviez le Pape à dîner ?
Asperges mayonnaise en entrée.
Tripes à la diable.
Glace, deux boules. Des grosses.
Le tout arrosé d’un Châteauneuf. (Non, pas « du Pape ». Surtout pas.)
Dans des goblets en plastique. Evidemment.

Et Nicolas Sarkozy ? (ça c’est pas dans la version d’origine, mais j’en profite héhé)
Terrine de faisan aux boulons.
Mouclade des boucholeurs.
Rôti du dimanche, si si, du dimanche, bonzaï de carottes.
Fraisier aux anchois.
Café 120 % arabica.

Quel magazine féminin mériterait, selon vous, la Légion d’Honneur en 2010 ?
Cosmo. Et tout le groupe Marie-Claire, tant qu’on y est. Indéniablement. Avec le Prix Nobel de la Paix en 2012, si c’est possible.

La photo au-dessus de votre lit c’est ?
Monica Bellucci. Qui se cure les dents avec un stylo Bic quatre couleurs. Magnifique.

Et celle dans le tout dernier tiroir de votre bureau, fermé à double-tour ?
Bernard Tapie à la caisse de ED l’Epicier, avec une boîte de thon, un bouquet de persil et un litre de Vieux-Papes. Elle vaut des millions cette photo. Je la sortirai en cas de besoin et la balancerai à VSD. Non pas à VSD.

Pour quelle catastrophe naturelle avez-vous le plus d’indulgence ?
La chute des cheveux. Ou des seins chez les dames.

Quelle trace(s) aimeriez-vous laisser au monde ?
Un petit croquis au crayon gras, au dos d’un couvercle de Caprice des Dieux, que je fis la nuit du 25 décembre 1971 avec mes petits doigts gelés.
En tout cas pas des traces de freinage. Ça non.

Votre épitaphe en cas de sinistre ?
« Merci d’éviter l’arrosage des fleurs en plastique. »

(Je précise que vous pouvez vous servir, partiellement ou complètement, de ce désormais traduit « Questionnaire de Kimball », pour votre blog, vos vacances, vos amis, vos parents, et même votre chat s’il comprend le français — le mien, celui avec des patins isolants, le comprend.)


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