Posts Tagged ‘sécurité’

RISKMETER®

27 novembre 2008

riskmeter Relié à une gigantesque base de données statistiques qui n’a de cesse de croître comme une jolie gangrène, RISKMETER® vous permet de mesurer, où que vous soyez petit imprudent (merci le satellite), le risque que vous encourez à engager telle ou telle action, avoir tel ou tel comportement (souvent erratique, il faut le reconnaître). RISKMETER® ? Une véritable avancée. Vous voulez vous baigner après un copieux repas ? Entrez dans la base le lieu exact de votre baignade, l’heure et la composition de votre repas (+ Kcal), votre âge et votre poids (normalement vous avez déjà votre fiche) et RISKMETER® vous donne — vous calcule ! — les risques que vous avez de vous exposer au choc hypothermique et à la noyade (pour l’avoir essayé sur cette jolie plage normande, j’avais 1 « chance » sur 17 (1/17) de mourir en plongeant dans l’eau à 12°C, alors que je sortais d’un « menu poisson » bien arrosé. Sympa ! Et très utile évidemment. (On notera que les notions de « risque » et de « chance » sont étroitement liées et ne dépendent, finalement, que du point de vue.) En tous cas je ne m’en sépare plus de cet outil ! L’autre jour, j’hésitais à aller me balader à Aulnay-sous-Bois, faire connaissance avec les habitants, voir un peu comment ils vivent dans les cités, tout ça : Ben j’ai bien fait de consulter RISKMETER® : mauvaise rencontre : 9 chances sur 10 (bon c’est vrai on était déjà à la tombée de la nuit) ; proposition d’achat de drogue/arme/voiture volée : 30% de chances (on peut mettre en pour-cent, pour simplifier). Et puis c’est drôle, il suffit qu’on change juste un paramètre (par exemple j’ai entré « Neuilly » à la place d’Aulnay), et hop, le risque chute immédiatement (1/1265). C’est rigolo hein. Vous fumez ? (et en plus vous buvez ?) Vous aimez ça ? Si vous vous adonnez à cette fâcheuse manie depuis plus de 5 années déjà, peu importe que votre tige ait un filtre ou non, au delà de 10 cigares/cigarettes/jour les chiffres sont plutôt alarmants : cancer du larynx avant 70 ans : 64% ; du poumon (si vous avalez la fumée) : 52%. Changeons un paramètre, pour rigoler : joint de canabis : hop ! 81% C’est dingue. RISKMETER®, inséparable oracle. Avec le sexe aussi c’est très marrant. Vous baisez sans capote et vous partez une semaine à Ibiza au mois d’août ? Aïe aïe aïe… Ah vous êtes bi, en plus ? Oulàà… Ne partez plus. Les chiffres sont édifiants. Vous partez en trek au Tibet et vous comptez faire un peu d’alpinisme ? Réfléchissez bien ! (d’autant plus si vous ne voyagez pas sur Singapore Airlines). Pour le boulot aussi c’est efficace. Tenez, par exemple : Vous avez 42 ans, vous bossez dans une boîte de pub (à Paris) dans laquelle vous n’évoluez plus ? où votre supérieur se fout de votre gueule ? Vous avez en outre un enfant à charge ? Un crédit immobilier ? Une tendance à l’embonpoint ? Surtout, surtout, filez doux, ne vous faites pas virer pour faute professionnelle ou autre : vos chances de retrouver du travail dans ce secteur, à votre âge avancé, son presque inexistantes : 1/3214. Vous êtes inscrit sur Facebook ? ça remonte un peu : 1/2977. Par contre l’échappatoire par le suicide (à 3 ans après le licenciement) est une donnée réelle : 87%. (L’option « pro » de RISKMETER®, un peu plus onéreuse, permet même de savoir si vous avez plus de chance de vous tirer une balle dans le cigare, de vous pendre, ou de disparaître aux barbituriques ; pour que l’entourage prenne le cas échéant les mesures nécessaires, c’est pratique). Eh oui c’est assez effroyable ces statistiques réunies et ricanantes, disponibles à l’envi dans cet élégant boîtier durci (*), je suis d’accord. Les temps sont durs, ça tout le monde le sait. Et avec la politique parano-sécuritaire, très en vogue actuellement, on ne peut qu’applaudir l’arrivée (peu médiatisée, étrangement) de ce fantastique outil fabriqué, on s’en doute, aux Etats-Unis (d’Amérique). RISKMETER® donc, bientôt disponible dans nos meilleures boutiques de technos (compter 2010 quand même), en divers coloris, avec option lecteur MP3 pour les filles, téléphone, GPS — et même Taser pour les garçons. Le prototype ci-dessus, sur lequel j’ai pu, grâce à mes contacts aux RG, mettre la main (tremblante) l’été dernier, était vendu à Atlanta paraît-il (mais faudrait que je vérifie) aux prix dérisoire de 25 dollars (avec l’abonnement, lui beaucoup plus cher, mais plein de possibilités (modules) sensationnelles — sports de combat ; sports extrêmes ; séjours à l’étranger ; navigation mer ; métiers à risque ; sexualité déviante ; gastronomie tropicale ; etc.) Enfin bref, une merveille ; on n’arrête pas le progrès. Là j’ai besoin de clopes, mais le tabac, ce con, est de l’autre côté de la route (à grande circulation). Sans RISKMETER® je crois bien que je vais rester chez moi. On sait jamais. (*) On caractérise par « durci » tout écran, boîtier, appelé à être utilisé possiblement dans des conditions difficiles, et dont la construction est adaptée à ces conditions. Par exemple, si lors d’une promenade volcanique vous glissez dans le cratère du Mauna Loa (Hawaï) avec votre RISKMETER®, celui-ci vous indiquera que vous n’avez qu’une chance sur 34’547 de vous en sortir sans brûler vif, alors que lui, ça va.

Teaser ou Taser ?

17 novembre 2007

Emoi hier dans la plupart des médias, sur fond de grèves et de froid : les rédactions sont revenues sur un événement « terrifiant » survenu le 14 octobre à l’aéroport de Vancouver, jusque là resté dans l’ombre, mais très récemment mis en lumière sur le web par une vidéo « amateur » : La mort par électrocution d’un ouvrier polonais, M. Dziekanski, qui arrivait d’Europe pour « rejoindre sa mère et vivre avec elle au Canada ». Le malheureux, un brin agité et présentant des troubles du comportement, avait été interpellé par des agents de police tout aussi agités, et, dans la bousculade, fut victime d’un coup létal de TASER (ce pistolet lance-aiguille qui délivre des décharges de 50.000 volts, destiné en principe à stopper – et non pas à tuer – un agresseur, un manifestant, ou tout autre « élément pertubateur ».)
La vidéo que voici, tournée en direct par un témoin du drame – mais « confisquée par la police » jusqu’à ce que son auteur porte plainte –, débute quelques instants avant l’interpellation du fauteur de trouble par les forces de l’ordre, jusqu’aux dernier souffle de cet homme hurlant de douleur dans une brève agonie. Scène d’autant plus terrifiante qu’il n’était ni armé, ni foncièrement dangereux.
Voici cette vidéo – si vous ne l’avez déjà vue en boucle aux infos ou ailleurs –, je vous dirai plus bas ce qui m’interpelle dans cette information.

Il existe une « version longue » de cette vidéo. Plus difficile à dénicher sur le net, par exemple ICI (en espérant que le lien fonctionne toujours). Où l’on voit le Polonais un peu perdu, pas tranquille, s’énerver gentiment, progressivement, disparaître du cadre, revenir, etc… Rien de spécial à signaler, quoi. Comme si le filmeur attendait qu’il se passe quelque chose. Les medias sont demeurés silencieux sur ce qui a pu motiver le filmeur, le jeune Paul Pritchard, à filmer sans discontinuer un type qui a priori n’avait rien de particulièrement captivant. Rien de captivant, sauf si l’on sait ce qu’il va lui arriver.

Et c’est ainsi, qu’après avoir lu çà et là quelques infos complémentaires sur le drame – infos qui pour la plupart se mordent la queue à force de ressasser les même nouvelles AFP –, m’est venue une petite question : Vu la dangerosité évidente de cette arme de police (depuis sa « mise au point », elle aurait fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés grave outre-atlantique ; la France s’apprête à généraliser son usage sur tout le territoire et la Suisse également – ce con de Blocher l’aurait paraît-il essayée sur lui-même comme preuve d’innocuité), vu les vifs débats, donc, qu’elle commence à susciter, je me suis demandé si une telle information avait pu avoir été montée de toute pièce – ce serait donc un fake dantesque – pour sensibiliser l’opinion publique, dont on aura pris soin d’horrifier la conscience à l’aide de ces atroces images – et Dieu sait si elles le sont : on est sidérés, glacés, indignés forcément. Avouez que ce serait bien joué non ? Une bonne prépa en amont entre la Gendarmerie Royale du Canada et l’ambassade de Pologne, quelques acteurs, un « amateur » à la caméra, la mère éplorée, la vidéo « confisquée », un scénario crédible quoi… et l’affaire est dans le sac ! On fait mariner tout ça quelques temps pour que la mayo monte en mousse un peu partout à la vitesse du web (celle de la lumière donc)… et le fabricant du Taser peut commencer à se faire du souci pour ses ventes : Arme classe 4 jugée trop dangereuse pour un simple usage d’arrêt. Fin des débats.
Il fallait fabriquer une preuve. (Relayée par le bon boulot habituel des journalistes à sensation.)
Délire de ma part ? Scénario monstrueux ? Manipulation ? On en aurait vu d’autres.
Evidemment, on peut penser que le GRC se tirerait une balle dans le pied en laissant divulguer une info ainsi montée de toute pièce. Moins quand on se doute qu’ils sont étranglés par le lobby des armes, très puissant au USA tout comme au Canada, et qu’ils ne seraient pas peu fiers d’avoir été les instigateurs, sinon les héros, d’une solution alternative, moins dangereuse, à venir… (Reculer pour mieux sauter, en somme.)
Ah quel script ! Non, je dois sûrement me tromper. Les flics sont des sales brutes. Et le TASER devait être mal réglé. Paix à ce malheureux Polonais.

Quoi qu’il en soit, une commission d’enquête – canadienne – est sur l’affaire. Résultats officiels dans quelques mois.
– Euh, papa, ça veut dire quoi officiel ?

De l’inspection de la peau lisse

9 octobre 2007

Non, il ne s’agit pas d’un concours (d’absence) de comédons. Juste d’un relais d’information comme on en trouve encore trop rarement sur le web – à savoir vraie, pure, stomacale, sans chichis ni « habillage ». Un ex-officier de police « parle », non pas sous la torture, mais sous la camera de Regarde à vue, excellent site de web TV prod’ qui sait relever sans (trop de) concessions les points noirs du visage de la France. Ça dure une vingtaine de minutes et ça va vous tirer la peau. Prévoyez une crème hydratante.


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