Archive for décembre 2007

Une petite merveille, vraiment

20 décembre 2007

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Une petite faim dans ce froid qui pince ? Une envie de se laisser envoûter les papilles, avec ce feuilleté brebis-épinards qui vous fait de l’œil ? Pour ma part je me suis laissé tenter. Pour la seconde fois.
La première, c’était il y a au moins deux ans. Ça m’est revenu, maintenant. Un petit traiteur franco-grec, pas loin d’une sortie de métro. J’avais pris la même chose. Le même feuilleté. Exactement. Et j’avais trouvé ça dégueulasse. Atrocement rance. La sale chèvre. Le feuilleté humide, qui plie sous la dent au lieu de croustiller. Il avait une belle gueule pourtant. Comme là. Je croque dedans : limite immangeable. Faut vraiment crever de faim.
Deux ans. Ça fait donc deux ans que ce traiteur fait des brics dégueulasses. Et ça se vend. Des dizaines de feuilletés infects par jour. C’est à peine croyable. Moi je comprends pas. Les gens vont aller bouffer ça chacun dans leur coin. Puis aller gerber un peu plus loin, c’est pas possible autrement.
A moins qu’ils trouvent ça bon eux va savoir. Au fond, c’est une question de référentiel. D’étalon. Chacun son système de jugement après tout. Y avait une dame assez bien mise, avec une veste en goret, qui poussait des mmmh alors qu’elle venait de s’enfiler la dernière bouchée. Enchantée de son petit feuilleté elle était la dame. Mmmh. Une petite merveille, vraiment. Pourquoi se plaindre.
C’est marrant, j’aurais assez facilement tendance à tracer des parallèles moi. TF1. La culture du feuilleté mou. Dans son emballage à paillettes. La « littérature française » qu’on livre à pleines palettes à l’entrée de la FNAC (bah pourquoi droper des noms, y a qu’à ouvrir les yeux.) Allez, mettez-m’en quatre c’est pour offrir.
Le plus terrifiant c’est que moi aussi je me fais avoir. On a faim. C’est là. On craque. Pas se prendre la tête. Et on refait la connerie : Dégueulasse. Ce qui me console, c’est que je me dis qu’une sortie de métro c’est un lieu de passage. On ne fait que passer en général. En vitesse. On revient rarement.

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Cl3CH

10 décembre 2007

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Je. Moi, donc. Je suis un lecteur. Particulier. Image morphique. Dans la glace. Orphique. Je me regarde. Lire. Le cerveau-image. Oui j’aime. Je m’interpénètre que voulez-vous. Au dedans du dedans. Je m’aime lisant oui. Mon image. Image lisante de la femme lisante de soi. A Elle-soi si seule. Tout comme ma part féminine, forcément, dont je ne sais qu’elle. Et. J’emmerde. Il n’y a que moi devant la glace. Et ce livre-sexe lu. Par moi le lisant. Parfois je la sors. Ma bite d’amarrage. Et je me marre. Ma bite en main d’amarrage peu importe. Peu peu peu peu peu importe à quoi ça rime. Quel livre aucune idée pas d’importance de toute façon. Evacuer le message. Emetteur je me le mets. Mépriser l’écrivain oui. Où je pense. Toujours peu importe les mots sont à moi. Ce sont les miens que les miens ce sont mes mots de lisant. Où je pense oui. Où je ME pense lisant ce livre-cul dans la glace. (Plus rarement aux toilettes.) Vacuum cleaner. Vade retro. Aspiration du Diable. Queue du diable rouge cortical. Cinabre. Violacée glandouiller dans ce fauteuil rouille de lisant. Image d’image. Echine oui je m’échine ah ces secondes de feu souterraines dont s’embrase la perception tellurique de la race lisante si nouvelle si pure si extatique. Ah là là oui. Il a fait que. Il aura fallu. Le gisant hasard. Mais j’avais voulu quand même. Vouloir. Essayer. Voir. Pour voir. Une fois au moins. Une seule fois. Toute petite petite. Oui petite dans l’ombre ricanante. Essayer. Try it ! Projet littéraire de lisant gisant sous tes reins. Oui je m’éclate moi oui toi pas écrivain toi non. Non. Enfin si. Chloé Delaume. L’essayer. Essayer ce lumineux projet-baume. Mettre mon projet de lisant devant son projet-phare. Son projet-dôme zonal. Et puis attendre le message violacé. La promesse de nacre. La juteuse idée cérébrale volcano-tellurique. Urique d’urée morte. La giclée unique. La lézarde blanche dans l’azur. M’amarrer aux marines foetales et attendre oui. Secondes. Minutes. Ultimes. Ah non pas ça. Ne pas s’endormir — fléchir. Chloé aide-moi-me-mich (mir). Ô. C’est mon premier. Livre-Verbe. Livre toi de toi. A moi le lisant et son projet de lisant-image corticale. (Quoique le gyrus anthracite soit parfois plus impliqué.) Bite me. Mords-moi avant la somnole. Qui me gagne abrupte brutale. Et swinguée finalement. Caressée llulose. Cette odeur abyssale de papier sémantique et sacré. Ah Chloé. Ô. Divine forme. Sans fond t’as pas pied. De nez humal animal. Forme Chloé. ZZZ. Ça me gagne je glisse dans le sommeil comme un serpent. ZZZZZ. 5. Indigestion crottale. Rot-forme hiatale. Chloé rot-forme. Chlo-Chlo. Roforme. (Cl3CH)

Pouvoir d’achat ? Do it yourself !

4 décembre 2007

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A lire les articles traitant du « pouvoir d’achat » des français et de sa résolution sarkozyenne tout à fait illusoire, j’ai constaté avec un certain étonnement qu’un aspect important du problème n’avait pas été abordé : le pouvoir « psychologique » d’achat. Autrement dit le désir d’achat. A l’approche de Noël en particulier, tout est fait pour que ce désir soit porté à son paroxysme (et sa satisfaction remplacée immédiatement par un nouveau désir, dès janvier.) Offres alléchantes, boîtes à lettres pleines, bombardements publicitaires, hyperchoix de marchandises, bousculades consuméristes en tous genres.
Achetez ! Achetez ! Achetez ! (mais soyez libre, hein.)
Bon.
Le pouvoir d’achat c’est ce qui reste, grosso modo, quand vous avez payé le loyer, la bouffe de base, les factures télécom et tout ce qui est obligatoire (le remboursement des crédits par exemple). C’est cet – éventuel – petit pécule qui va vous permettre de partir au ski, d’acheter un ipod, ou de changer la moquette. Inutile de dire que pour la majorité des français ce « pouvoir » est plutôt faible. Et la frustration d’autant plus forte que le désir, soigneusement aiguisé par les guerriers du marketing, est grand. Immense même.
L’indice des revenus ne va pas bouger de sitôt. Comment, dès lors, faire varier psychologiquement l’indice des prix à la baisse ? Ainsi, avoir l’impression de voir son pouvoir d’achat, étrangement, augmenter.
On peut attendre les soldes. Ne pas sortir le moindre billet avant. (Le prix d’un « beau livre » a une durée de vie de plus en plus courte. Idem pour les vêtements. Chute de 50 à 80% avant/après Noël assurée.)
On peut s’intéresser aux mille choses qu’on a déjà. (Tous ces romans, ces magazines qu’on a pas encore lus ; ce lecteur DVD, dont on n’a pas exploité le 10e des possibilités ; ces bottines sublimes, là-bas en dessous, qu’on a mises que deux fois ; etc.)
On peut tâcher de « désapprendre le désir », façon bouddhisme. (Rester hermétique aux offres, fermer un peu les yeux, manger des pommes, se détendre dans l’azur. Dire non.)
On peut se dire que le Père Noël, ce rubicond vicelard inventé par Coca-Cola (si si !) commence à nous les briser menu et que bon, pour cette année, à part la dinde (et encore) c’est niet.

On peut se gausser de Saint-Nicolas. Le convier à venir accompagné d’un boeuf, pour souffler sur Little Jesus. Et faire un feu de joie.
On peut, finalement, se le fabriquer soi-même son pouvoir d’achat. Non ?


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