Archive for janvier 2008

Prêts ? Fartez !

21 janvier 2008

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A l’ère de la vitesse, c’est presque enfoncer une porte ouverte que de dire que la mode est à la lubrification. Lubrifier, c’est gagner en pouvoir de pénétration (dans l’air, dans l’eau ou dans ce qui vous fait plaisir). Gagner des centimètres, des mètres, de « précieuses secondes », voilà l’affaire. Que ça glisse bien – mieux – dans l’air opaque du temps incertain. Une société britannique, la Wildfire Snowsports Ltd. a quant à elle trouvé la solution pour gagner en vitesse avec des skis alpins : un système auto-lubrifiant farte vos skis pendant la descente ! Pour éviter la perte de matière ! La fixation libère un petit jus gras sous la semelle pendant que vous slalomez… Nickel ! Une vingtaine d’ingénieurs bossent là-dessus depuis plus de cinq ans, maintenant c’est prêt. Chaud bouillant ! Désormais donc, plutôt que vous traînasser à 120 km/h dans un schuss, vous ferez du 122 ! Ils ont fait des tests en labo, on gagne facile 1 à 2%. Plutôt que faire douze descentes dans la journée, vous en ferez douze virgule deux si vous êtes équipés de cette merveille de technologie. Wildfire : le feu sauvage du Progrès ! La double fracture du péroné en prime ! Il va pour sûr faire fondre la neige dans les stations ce brevet ! Et terrasser les chronos ! De toute façon moi je m’en fous je ne fais que de la luge…
Ce qui risque aussi d’être lubrifié dans un avenir proche ? La publicité sans doute, pour qu’elle entre mieux dans le cerveau, plus vite. La politique à Sarko, pour qu’elle pénètre mieux les sondages. Quoi encore ? Les pays « émergents » ! L’A6 le matin à 8 heures ! Les CRS ! les colis postaux ! les CDD! les hotlines ! les coulisses du pouvoir ! le trou de la Sécu ! Un tas de choses! Ça va beurrer sévère ! Huiles ! Silicones ! Graisse de phoque ! Polymères ! C’te vitesse maintenant ! Le grand Tournus ! Et qu’ça saute ! Prêts ? Fartez !

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Les nouveaux artistes

12 janvier 2008

C’est pour bientôt. C’est déjà là. Musiciens, jongleurs, trapézistes, rhabillez-vous. Rangez vos instruments. Installez-vous dans votre fauteuil, le Nouveau Spectacle va commencer. Bien gentiment, comme dirait l’autre.
Les images de synthèse – la « 3D » pour les intimes –, ainsi que la musique samplée (réalisée à partir d’échantillons sonores réels ou virtuels) ont fait d’énormes progrès ces dernières années, c’est peu de le dire. Ça n’arrête pas. Un monde ex nihilo existe tous les jours un peu plus. Il croît, sous nos yeux analogiques, un univers immatériel totalement constitué de bits, de lignes de codes, de pixels en furie. Pendant que vous jardinez ou que vous donnez à manger à Roro. Les écrans colonisent notre quotidien, partout, dans les sacs, sur les murs, des aéroports jusqu’à votre poignet, d’en haut des tours jusqu’au troisième sous-sol. Essayez de compter le nombre d’écrans que vous croisez dans une journée dite « normale ». Les analystes appellent ça hyperscreen society. C’est vers là qu’on va. Vertigineuse extension du champ perceptif. Par ailleurs, il est dit que dans quelques décennies, il n’y aura plus la possibilité de distinguer les « vraies » images des « fausses » (3D fakes). Celles prises en réel par une webcam par exemple, de celles conçues de toutes pièces par des opérateurs numériques virtuoses. Et le son itou. Fabriquer totalement la voix de la Bruni qui dit à son mari « Allez, fait pas la gueule et passe-moi le beurre, Mister Président », eh bien ce sera du tout cuit. The same voice. On aura le sentiment assez vif d’un « deuxième monde ». Et là c’est la société de l’information qui risque de prendre un sérieux coup dans le bide. Quand tout ça se sera mis en place. Parce que ce sera quoi finalement une information ? Hé hé.
En attendant ces réjouissances, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, cette vidéo est vraiment étonnante. Du tout grand art. Annonciateur de demain sans aucun doute. C’est chez Animusic et ça s’appelle « Pipe dream ». Pour une meilleure qualité vous pouvez commander un DVD. (c’est pas dans mes habitudes de faire de la pub, mais là faut reconnaître que…)

Fais péter !

5 janvier 2008

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Me revoilà. Pfouuu.
Ça a d’abord été la fameuse « fin de l’année ». Carrefour des angoisses autant qu’appel d’air. Pour beaucoup, la sale période des derniers soubresauts. Des derniers espoirs qu’on n’en finisse quand même pas là, comme ça. C’était pas possible on s’est dit. Fait chier putain. Tous ces espoirs à ce point déçus, ces attentes vaines. Ces cafouillages des ultimes jours, ces petits oui qui sont des non. Ces promesses en balsa, ces signatures en carton. Quels fiascos ! Que des bouchons ! Fallait faire le bilan juste avant le sapin. Pour qu’on soit tranquille au moins entre les guirlandes et la Saint Syl’. Entre le Nordmann à boules et le Château Vomi-Castagne 2008.
Le bilan fut lourd évidemment. En un mot : TROP. De temps sur le web, de dossiers en suspens, de dossiers tout court, de femmes juste croisées, de sourires qui s’en vont, de violences inutiles, de spams allonge-zob, de questions sans réponse, de bruit dans le quartier, de fringues dans l’armoire, de baffes qui se perdent, de cartes de fidélité, d’infos superflues, de musiques d’attente, de filles ipodiques, de boîtes qui débordent, de repas trop chargés, de films « de l’année », de réductions de 5%, de maris infidèles, de pubs assommantes, d’occasions à ne pas manquer, de mecs qui bandent mou, de nouvelles nouveautés, de fistons pistonnés, d’images « inédites », de surveillances électroniques, de cancers galopants, de succès éphémères, de yaourts en rayon, d’interdictions de stationner, ou de séjourner, de récits incroyables, de porcs nographiques, de longues jambes en Dim, de coeurs éplorés, de mensonges numériques, de magazines consternants, de fumée dans les bars, de légumes à farcir, de monde au départ, de livres édités, de kilos à faire fondre, de mamies qui tremblotent, de prix usurpés, de rois du polar, d’avenirs incertains, de pseudos blacklistés, de lois à la con, de loyers augmentés, de reclus qui crevotent,  d’amis surbookés, de flotte dans la viande, de désirs aiguisés, de pets végétariens, d’envies étouffées, de pognon dans les fêtes, d’obsédés sexuels, de sucre au dessert, de budgets explosés, de foie gras à Noël, de poumons qui s’essoufflent, d’énergie dépensée…

Pour en arriver là.
A l’année du Rat. Petit rongeur d’espérance, qui court comme un imbécile.

Alors Bonne Année frère humain ! BONNE ANNEE mon gros ! Bienvenue dans la Vallée Nouvelle ! Tu vas voir tu vas te régaler !
Mais te gêne pas pour tout faire péter, hein. Champagne !


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