Archive for avril 2010

Fruit mûr

7 avril 2010

Une fois n’est pas coutume, je vous propose un petit schéma.

(Cliquez dessus pour agrandir.)

Et puis de toute façon les coutumes hein.

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Fugu

1 avril 2010

Ha mais que vois-je ? Le calme revenir, dame ! La toute grande tranquillité cordiale ! (Tu vas bien ? — Oui, super bien ! et toi ?) Les logis et les blogs en sont aux nettoyages de printemps, on vide les dernières poubelles, on récure dans les coins, on tue les cancrelats, on envoie le chlore à grands seaux ! Qu’est-ce que ça fait du bien cette blancheur retrouvée ! Cette pureté pleine de gazouillis d’aise ! Vive le soleil et la sécurité ! Vive les embrassades sur le gazon tendre de la félicité ! Et de la riante justice ! Vive la France clean !

C’est que ça a été dur cet hiver.

Ces combats, ces luttes, ces guet-apens, ces mitraillettes dans la nuit, ces flaques de sang, ces bottes noires qui glissaient sur les intestins fumants. On a voulu comprendre, connaître la vérité, tirer les bons fils, trier le bon groin de l’ivresse des cochons. Trouver les fils d’or. On a voulu démonter les systèmes, ausculter les images,  traquer les impostures, débusquer l’infamie, voir ce qu’ils cachaient ces traquenards, disséquer les expériences, mettre à plat les évidences, soumettre les papes à la question, leur faire cracher le foie sur le gris des rivages… Mais rien n’est aussi visqueux qu’un pape de guerre, qu’un seigneur bifide, aussi vicieux ; à côté Machiavel est un sac de guimauves. La citadelle est imprenable mes amis. La citadelle a toujours raison, en haut de la dune. Toujours raison.
Quelqu’un disait : Ils sont très forts, ils ont des moyens inimaginables, colossaux. Et c’est vrai. Outre qu’ils savent s’entourer, ha les finauds, de tristes vassaux qui leur mangent dans la main, leur ventilent les petons. On avance ouaté maintenant dans ces acropoles. On exige les cartes voyez-vous, on filtre les accès, on interdit les hoquets, toutes les dissonances. Que des chansons douces et mesurées. Des tartines de miel et des geishas. Les invités sont priés d’ôter leurs chaussures, de marquer courbette et d’afficher un sourire permanent : car tout va bien. Tout va bien ! tout va bien ! tout va bien ! harangue le pontife, rubicond : nous avons été infiltrés par l’ennemi un temps, mais là c’est bon mes tout chéris, il est mort l’ennemi ! Irradié ! Et il ne reviendra (donc) plus ! Toutes les entrées sont férocement gardées, je vous le dis : l’ennemi est a-né-an-ti ! Vive le roi ! Vive Moi ! Dansons !

« Mais il faut laisser des traces dans le néant ; donner consistance au vide, le cerner, le décrire, lui donner matière à ce vide, l’enrichir, ne pas en avoir peur car il n’y a que lui comme nouvelle matière. Le vide – notre vide – est la matrice des temps futurs. La nouvelle Origine. L’Autre Monde ne pourra tomber que sous le feu nourri des Armées du Vide.
Notre seule chance. »
HYROK, p. 218

En attendant, moi, le sinistre, le vilain nauteur, le tripanosome aux yeux ouverts, j’aiguise ma lame à la meule triple zéro, elle tourne toute la nuit. Tssssssszzzzzzsschhh ! Autant vous dire que ça va couper net.

A part ça, les Philippines, d’où je vous écris sous un parasol, c’est vraiment un pays formidable. J’avais besoin de prendre un peu de distance avec le monde alors hop ! un petit bond ! Douze mille kilomètres ! A moi l’archipel aux sept mille îles ! Les felouques en bois creusé ! Et de ces petits plats à l’huile de palme, terrible ! Mouette rieuse farcie, singe au kari-kari, Tinolang de tigre au binakul, fruits poilus et polychromes ! First class, comme bouffe ! Rien à voir avec les asiates de chez nous.
Demain je prends l’avion pour aller rejoindre mon éditeur à Kyoto, un peu plus haut. On va se faire, hilares, un fugu au Nishiyama Hotel******. Un bon gros fugu en sashimi (ou en nabe). Vous connaissez le fugu ?


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