Archive for the ‘Video’ Category

36 degrés à Paris

27 juin 2011

Image/son : Nicolaï Lo Russo ©2003 ; petit souvenir de circonstance…

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Oiseaux du désert

6 novembre 2009

On peut observer, depuis quelques temps, au niveau de la plupart des blogs, des symptômes de faiblesse, de désaffection, qu’on désigne généralement par signes de fatigue. Vous avez noté ? C’est même, laissons là les euphémismes d’usage et osons une image simple : le désert au crépuscule. Tout le monde semble attendre que quelque chose se passe. Cou tendu sous la voûte céleste. Quelque chose de neuf.  D’inattendu, comme une météorite. Les trolls, petits marsupiaux des sables, sortent, prennent gaiement le pouvoir (lequel au juste ?) – les trolls, vous savez, ces petites bêtes pourtant pas si bêtes, même malignes comme tout, qui font tout pour que ça s’effondre, que ça se casse vraiment la gueule. (hihi ^^%¨¨%^^ kêêêk, té chié touâ dukon, kââk râââk…) Pour que le désert, qui n’en demandait pas tant, devienne fosse. Trou à rats. Soyons clairs : on est parfois troll sans le savoir. Sans le vouloir. On se croyait chameau, et puis non. On est là, dans notre petite existence blême, à taper sur notre azerty une petite phrase torve, qu’on espère soudaine et bousculante, venimeuse. Une phrase-crotale sortie des plis. Pour que le sable fasse une mini vague sous la lune. Et puis, rien. Rien de rien. La météorite n’arrive pas. Juste une rixe vite maîtrisée, vite oubliée, comme un caillou.

En fait, guette l’ennui.

Alors d’aucuns quittent les lieux, se recroquevillent dans leur terrier, volent à leur nid. Vaquent à d’autres occupations – il faut l’espérer moins souterraines, pourquoi pas lucratives (tant qu’à faire). Un mot est lâché sur la dune : constructif. Il faut, paraît-il, être constructif. C’est le grand mot. C’est Babel, c’est la Tour, l’édifice à bâtir. Arriver là-haut, enfin. Déconstruire d’abord. Ensuite reprendre. Recommencer parce que finalement c’était bien mal parti ; exactement : ça partait en couille. Inutile, donc, de tenir le rythme, parce que de toute façon, comme ça, c’est foutu.

La suite ? Oh moi, le photographe, j’en sais rien, je ne fais que constater. Avec mes petits yeux. L’avenir se dessine bien tout seul, non ? malgré les efforts pour le circonscrire. Je disais l’autre soir, ici, qu’un blog est un organisme vivant. Que parfois il tombe malade, et qu’il est possible que la maladie soit chronique. D’où vient le mal ? l’épidémie ? De l’époque ? Je me demande. La crise ? Sans doute un peu. On se fatigue vite. On en a vite marre, maintenant. On veut autre chose. Tous et toujours. Autre chose.

Il faut je crois, dans ce TROP, dans ce moi moi moi, retourner à la rareté. Aller au manque. Retenir les flux. Là, seulement, les choses redeviendront précieuses.

En attendant, debout sur ma petite brosse en poils tordus, en attendant que le soleil revienne un peu, qu’il y ait à nouveau un vague espoir, je m’en vais, ci-dessous, rendre enfin hommage à un auteur que j’aime beaucoup, disparu le mois dernier : Jacques Chessex.

Voici donc, cher Jacques, oiseau immense au ciel infini, toi qui m’as fait m’essayer à la plume – sans même que jamais tu le saches –, voici lecture d’une nouvelle magnifique, tirée de ton recueil éponyme et introuvable, sombre diamant paru voilà trente ans : Où vont mourir les oiseaux. Tu es toujours aussi jeune, mon cher.  Eternel. Alors écoute, de là-Haut, elle est à mes yeux cette nouvelle, celle qui te raconte le mieux, outre qu’en ces temps frais et durs, elle est de circonstance. Elle est la poussière et la Lumière.

Pour toi, et sans chewing-gum cette fois, voici :

Trip to Andromède

26 août 2009

L’été n’est pas tout à fait fini, je pars une quinzaine de jours pour une autre galaxie. Oh pas bien loin, quelques années-lumière ; tout ce que je sais c’est qu’il y aura des femmes-raie, des sardines et à boire. Sympa. De quoi réfléchir à une ligne éditoriale – si j’ose dire – un peu différente pour la rentrée (parce que bon, ça commence à bien faire ces petites histoires que je vous conte depuis quelques mois, je ne peux pas faire que ça, c’est pas exactement un blog, autrement. Non ?)

Si vous avez des idées, même des idées moisies, je crois que j’ai le ouiphi, là-bas, je jetterai un oeil de temps en temps. Sait jamais.

En attendant je vous laisse en charmante compagnie, avec Vaness’. De la pure mégameuf top du top. Déjà une super star (de son quartier). Géniale. Allez, je vous en mets quelques tranches, et n’hésitez pas à aller chatouiller madmoiZelle, c’est cool ; sont trop forts ces p’tits jeunes. Ils dessinent demain.

Fais péter les baffles, Bobby.

Et le TUBE de l’été…

Les nouveaux artistes

12 janvier 2008

C’est pour bientôt. C’est déjà là. Musiciens, jongleurs, trapézistes, rhabillez-vous. Rangez vos instruments. Installez-vous dans votre fauteuil, le Nouveau Spectacle va commencer. Bien gentiment, comme dirait l’autre.
Les images de synthèse – la « 3D » pour les intimes –, ainsi que la musique samplée (réalisée à partir d’échantillons sonores réels ou virtuels) ont fait d’énormes progrès ces dernières années, c’est peu de le dire. Ça n’arrête pas. Un monde ex nihilo existe tous les jours un peu plus. Il croît, sous nos yeux analogiques, un univers immatériel totalement constitué de bits, de lignes de codes, de pixels en furie. Pendant que vous jardinez ou que vous donnez à manger à Roro. Les écrans colonisent notre quotidien, partout, dans les sacs, sur les murs, des aéroports jusqu’à votre poignet, d’en haut des tours jusqu’au troisième sous-sol. Essayez de compter le nombre d’écrans que vous croisez dans une journée dite « normale ». Les analystes appellent ça hyperscreen society. C’est vers là qu’on va. Vertigineuse extension du champ perceptif. Par ailleurs, il est dit que dans quelques décennies, il n’y aura plus la possibilité de distinguer les « vraies » images des « fausses » (3D fakes). Celles prises en réel par une webcam par exemple, de celles conçues de toutes pièces par des opérateurs numériques virtuoses. Et le son itou. Fabriquer totalement la voix de la Bruni qui dit à son mari « Allez, fait pas la gueule et passe-moi le beurre, Mister Président », eh bien ce sera du tout cuit. The same voice. On aura le sentiment assez vif d’un « deuxième monde ». Et là c’est la société de l’information qui risque de prendre un sérieux coup dans le bide. Quand tout ça se sera mis en place. Parce que ce sera quoi finalement une information ? Hé hé.
En attendant ces réjouissances, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, cette vidéo est vraiment étonnante. Du tout grand art. Annonciateur de demain sans aucun doute. C’est chez Animusic et ça s’appelle « Pipe dream ». Pour une meilleure qualité vous pouvez commander un DVD. (c’est pas dans mes habitudes de faire de la pub, mais là faut reconnaître que…)

Teaser ou Taser ?

17 novembre 2007

Emoi hier dans la plupart des médias, sur fond de grèves et de froid : les rédactions sont revenues sur un événement « terrifiant » survenu le 14 octobre à l’aéroport de Vancouver, jusque là resté dans l’ombre, mais très récemment mis en lumière sur le web par une vidéo « amateur » : La mort par électrocution d’un ouvrier polonais, M. Dziekanski, qui arrivait d’Europe pour « rejoindre sa mère et vivre avec elle au Canada ». Le malheureux, un brin agité et présentant des troubles du comportement, avait été interpellé par des agents de police tout aussi agités, et, dans la bousculade, fut victime d’un coup létal de TASER (ce pistolet lance-aiguille qui délivre des décharges de 50.000 volts, destiné en principe à stopper – et non pas à tuer – un agresseur, un manifestant, ou tout autre « élément pertubateur ».)
La vidéo que voici, tournée en direct par un témoin du drame – mais « confisquée par la police » jusqu’à ce que son auteur porte plainte –, débute quelques instants avant l’interpellation du fauteur de trouble par les forces de l’ordre, jusqu’aux dernier souffle de cet homme hurlant de douleur dans une brève agonie. Scène d’autant plus terrifiante qu’il n’était ni armé, ni foncièrement dangereux.
Voici cette vidéo – si vous ne l’avez déjà vue en boucle aux infos ou ailleurs –, je vous dirai plus bas ce qui m’interpelle dans cette information.

Il existe une « version longue » de cette vidéo. Plus difficile à dénicher sur le net, par exemple ICI (en espérant que le lien fonctionne toujours). Où l’on voit le Polonais un peu perdu, pas tranquille, s’énerver gentiment, progressivement, disparaître du cadre, revenir, etc… Rien de spécial à signaler, quoi. Comme si le filmeur attendait qu’il se passe quelque chose. Les medias sont demeurés silencieux sur ce qui a pu motiver le filmeur, le jeune Paul Pritchard, à filmer sans discontinuer un type qui a priori n’avait rien de particulièrement captivant. Rien de captivant, sauf si l’on sait ce qu’il va lui arriver.

Et c’est ainsi, qu’après avoir lu çà et là quelques infos complémentaires sur le drame – infos qui pour la plupart se mordent la queue à force de ressasser les même nouvelles AFP –, m’est venue une petite question : Vu la dangerosité évidente de cette arme de police (depuis sa « mise au point », elle aurait fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés grave outre-atlantique ; la France s’apprête à généraliser son usage sur tout le territoire et la Suisse également – ce con de Blocher l’aurait paraît-il essayée sur lui-même comme preuve d’innocuité), vu les vifs débats, donc, qu’elle commence à susciter, je me suis demandé si une telle information avait pu avoir été montée de toute pièce – ce serait donc un fake dantesque – pour sensibiliser l’opinion publique, dont on aura pris soin d’horrifier la conscience à l’aide de ces atroces images – et Dieu sait si elles le sont : on est sidérés, glacés, indignés forcément. Avouez que ce serait bien joué non ? Une bonne prépa en amont entre la Gendarmerie Royale du Canada et l’ambassade de Pologne, quelques acteurs, un « amateur » à la caméra, la mère éplorée, la vidéo « confisquée », un scénario crédible quoi… et l’affaire est dans le sac ! On fait mariner tout ça quelques temps pour que la mayo monte en mousse un peu partout à la vitesse du web (celle de la lumière donc)… et le fabricant du Taser peut commencer à se faire du souci pour ses ventes : Arme classe 4 jugée trop dangereuse pour un simple usage d’arrêt. Fin des débats.
Il fallait fabriquer une preuve. (Relayée par le bon boulot habituel des journalistes à sensation.)
Délire de ma part ? Scénario monstrueux ? Manipulation ? On en aurait vu d’autres.
Evidemment, on peut penser que le GRC se tirerait une balle dans le pied en laissant divulguer une info ainsi montée de toute pièce. Moins quand on se doute qu’ils sont étranglés par le lobby des armes, très puissant au USA tout comme au Canada, et qu’ils ne seraient pas peu fiers d’avoir été les instigateurs, sinon les héros, d’une solution alternative, moins dangereuse, à venir… (Reculer pour mieux sauter, en somme.)
Ah quel script ! Non, je dois sûrement me tromper. Les flics sont des sales brutes. Et le TASER devait être mal réglé. Paix à ce malheureux Polonais.

Quoi qu’il en soit, une commission d’enquête – canadienne – est sur l’affaire. Résultats officiels dans quelques mois.
– Euh, papa, ça veut dire quoi officiel ?

De l’inspection de la peau lisse

9 octobre 2007

Non, il ne s’agit pas d’un concours (d’absence) de comédons. Juste d’un relais d’information comme on en trouve encore trop rarement sur le web – à savoir vraie, pure, stomacale, sans chichis ni « habillage ». Un ex-officier de police « parle », non pas sous la torture, mais sous la camera de Regarde à vue, excellent site de web TV prod’ qui sait relever sans (trop de) concessions les points noirs du visage de la France. Ça dure une vingtaine de minutes et ça va vous tirer la peau. Prévoyez une crème hydratante.

Le blé ne se couche plus

27 juillet 2007

Pour des questions de blé. J’ai difficilement pu résister à l’envie de vous faire partager cette vidéo « Alerte Babylone », glanée sur Daily, et dont l’auteur (bravo à lui) demeure introuvable. Introuvable : c’est ce qui fait le charme piquant de la diffusion à tout va : l’auteur finit par perdre le contrôle de son travail, surtout s’il n’y a pas de générique. Copié/collé, copié/collé, copié/collé, etc. C’est aussi ce qui fait s’arracher les cheveux aux boîtes de prod. Génial ! . Et ça va pas aller en s’améliorant : tout semble appartenir à tout le monde sur le babel houeb. Surtout les bonnes informations, à l’instar de cette édifiante séquence, qui devrait vous donner envie de préparer vos valises pour aller sur Mars. (Bon, paraît qu’il y a une bonne file d’attente au guichet, hein. Et ils ont un peu de retard avec la navette, on nous dit de patienter…)
En attendant, vous reprendrez bien un peu de salade ? D’ici que le blé se recouche et que la voix de ce courageux ingénieur se fasse enfin entendre…


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