Archive for février 2010

HYROK, la soirée

26 février 2010

Sam Neill dans « Possession » (A. Zulawski)

Il y aura peu de soirées consacrées à HYROK. Il y en aura sans doute qu’une. Il faut dire que ce livre s’accommode assez mal du tumulte et des mondanités. Il n’est pas trop fait pour ça, même qu’il s’en détourne par nature. Ceux qui l’ont lu comprendront. Il n’est ni spécialement glamour, ni très fun, ni très drôle ce livre. Mais il est vrai. C’est un livre de passion authentique, de fièvre et de sang. Un cristal sombre.
Dans le cadre de ma résidence de plasticien au CENT cette année, j’ai l’occasion de parler de mon travail, et notamment de ce premier « forfait littéraire », sorti en octobre dernier chez Léo Scheer dans la collection M@nuscrits (voir ci-contre).

J’ai le grand plaisir de vous inviter le jeudi 11 mars à 19h30 à une soirée autour de l’expérience M@nuscrits et de HYROK, présentés par mon éditeur. C’est ouvert à tous. Suivre ce lien-ci pour les détails (scrollez jusqu’au 11 mars).

Ajout du 4 mars :

Il y aura quelques lectures de passages choisis, et à ce titre je me demandais qui pourrait m’aider à lire. C’est toujours difficile d’être seul avec son livre. Et puis, miracle, la semaine dernière une rencontre s’est faite, avec une lectrice extraordinaire telle qu’on peut en souhaiter à tout auteur. Cette lectrice, qui prendra la parole jeudi à mes côtés, se nomme Christiane Parrat. Grande dame de l’éducation nationale, jeune retraitée aujourd’hui, et qui est tombé sur HYROK par un hasard comme il en arrive parfois. Par l’intermédiaire du blog-almanach de LEO NEMO (dont ont peut lire quelques extraits du livre dans le dernier numéro de la Revue Littéraire.)

Le début de cette rencontre s’est fait ICI. Certains l’ont peut-être déjà suivie.

Il y a quelques jours, elle m’envoie un mail, que je reproduis ici, avec son autorisation :

« J’ai traversé cet après-midi dans la douceur une relecture de votre beau livre. Libérée du suspens, je butine le langage, ses transformations. Il devient de plus en plus haletant suivant le rien qui approche, le blanc…
Vous avez fait une exploration des langages actuels formidablement écrite. Ne connaissant ni le langage codé des sms (j’en envoie mais rédigés), les tchats (ça je ne connais pas) les décryptages d’enregistrements (pas facile ! et excellemment rendus) puis la narration au plus près de la langue parlée mais riche, colorée, vacharde, lyrique (parfois je sentais comme du Céline et son Bardamu mais aussi un Buster Keaton, mélancolique et naïf). Vous êtes un caméléon, un homme orchestre, un ventriloque ! et au fil des pages vous tressez ces vies. Je pense à Mulholland Drive de David Lynch, presque un polar un peu onirique et glaçant et tendre. Un rêve qui double une bien triste réalité et une espérance inouïe avec cet enfant-adulte qui raconte l’histoire de ceux qui n’ont jamais pu connaître ce statut de parents. Je n’ai pas tout élucidé encore. Rentrer dans votre univers n’est pas simple car vos personnages comme les escargots sont tiraillés entre des désirs contraires ou leur destin les coince dans ce globe d’envie qu’ils ne peuvent atteindre ! Cela ressemble parfois à un cauchemar, à la poisse, au destin. Ce livre m’hypnotise. Je me laisse guider sans trop me poser de questions.
J’aime ce que vous écrivez de l’écriture.
J’aime cette enfance en vous perceptible par cet « ange blanc ».
Voilà.
Encore merci et pour ce livre et pour m’avoir accueillie avec mes mots à la va-com’-j’te-pousse…
amicalement,
Christiane »

Je suis particulièrement heureux d’accueillir Christiane jeudi parmi nous, c’est un grand cadeau qu’elle me fait là.

J’en profite pour remercier ici tous ceux qui m’ont soutenu depuis le début dans cette difficile entreprise qui est d’essayer de faire exister un premier livre. Ceux aussi qui l’ont aimé, bien sûr,  me l’ont dit avec des mots formidables et qui, pour certains qui le peuvent, me font la gentillesse de venir jeudi. MERCI.

Quant à ceux qui ne l’ont pas aimé, ou s’en sont détourné, merci aussi, ça compte, je tâcherai d’être moins mauvais la prochaine fois.

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STAT’ART

10 février 2010

Ouverture aujourd’hui d’un second blog, lié au projet sur lequel je travaille en ce moment.

C’est .

Jetez-y un coup d’oeil, si ça vous dit. Très différent de ce qui se passe ici…

Que les bêtes se croisent

3 février 2010

L’étouffer. Avec un sac en plastique bien maintenu sur la tête. Jouer de l’effet de surprise. Peut-être l’assommer d’abord, ce serait plus sûr. Dans un endroit tout à fait tranquille, où l’on ne serait que tous les deux. C’est difficile de tuer en assommant, sans s’acharner, d’un coup net. C’est difficile de tuer tout court, quand on n’a pas l’habitude. Quand on n’est pas un tueur. Mais là, à ce point de non retour, il n’y a pas d’autre moyen. Il est nécessaire d’agir. Définitivement. Tragiquement. Aucune discussion n’est plus possible. On a tout essayé. La gentillesse. La rigolade. Le ping-pong. Ça ne sert à rien. Je ne vois que l’élimination sans autre forme de procès. Que meure la bête et je serai guéri.
Avec un couteau le sang gicle, c’est gênant. J’ai pensé à l’incendie, bien sûr. Mais comment être certain qu’il n’y ait personne d’autre à ces heures ? Il y a toujours un quidam qui traîne. Une visite impromptue. C’est trop risqué. Et puis un incendie c’est le bordel, ça manque de précision. Les meubles, les objets, les murs, tous ces innocents, pourquoi ? Non, ça n’aurait aucun sens. Il faut être juste.
On l’attendrait. Ses amis. Ses collaborateurs peut-être. Son réseau. Personne au bout du fil. Pourquoi ce retard sans avertir. Pourquoi cette disparition soudaine. C’est pas du tout son genre. Ah son genre. Son petit genre à la con.

Et son corps étendu.

L’inviter à dîner dans un grand restaurant. Si si si : un très grand restaurant, pour l’occasion. (Eh bien ! Si j’m attendais !…) Puis, plus tard, dans la nuit, la petite promenade digestive. Le petit rot partagé, après son dernier repas. Son tout dernier dessert. (Une merveille cette crème brûlée !) Le problème c’est qu’il y aurait des témoins. On les a vus sortir vers 23 h, ils étaient deux. Non, arrêtons, c’est trop compliqué cette histoire de restaurant. Trop m’as-tu-vu. Et puis ça revient cher pour une simple nuit de meurtre. Beaucoup trop cher, malgré la réelle beauté du geste.
L’attendre sur son chemin. Voilà. Son trajet. Il y a bien un moment calme sur son trajet, si j’en crois mes investigations. Oui oui, c’est juste : il y a un moment de vraie tranquillité, de solitude, même. Une grosse minute bien abritée des regards. Il me faut juste être là à ce moment-là. (Ha tiens !… Ça va ?… Si c’est une surprise !… Euh…  on fait un bout ensemble ?)
Si ça va. Quelle question. Tu vas voir si ça va. Si on va faire un bout ensemble. Ça va aller mieux en tout cas. Dans quelques instants. Un bout ensemble, ok.
Tonk ! derrière la tête. Et puis le sac et voilà.
Des gants bien sûr, et un bonnet. Le cheveu témoin plein d’ADN c’est pas pour moi. Vous me prenez pour qui. Non : rapide, net et sans traces, la seule manière.
On lui cherchera des ennemis, on cherchera des mobiles, on remontera loin. Ennemis, mobiles, territoires. Le jeu est vaste. C’est parfait.
Il faut juste attendre son heure. Que les agendas concordent et que les bêtes se croisent.


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