Archive de la catégorie «Environnement»
avril 13, 2008

Mon formidable métier générant un revenu considérable (est-il utile de le rappeler?), j’ai tout loisir de me munir des derniers gadgets à la mode (que je suis – du verbe suivre – bien sûr assidûment). En complément de mon installation hi-fi haut de gamme, j’ai donc craqué pour cet iPod “shuffle” à 49 Euros TTC, qui désormais m’accompagne dans la plupart de mes compétitions sportives en short. Formidable compagnon printanier – et incroyable prouesse techno – que cette discrète boîte à musique de 15,6 grammes, pouvant contenir plus de 272 heures de musique concrète (en boucle). Ou de disco si l’on veut danser dans le métro.
En revanche.
En revanche, oui, là où ça bablesse, c’est au niveau de l’emballage. Les Etats-Unis si je me souviens bien, n’ont pas signé le fameux protocole de Kyoto (vous savez ce truc rapport à l’environnement, aux émissions de gaz industriels, tout ça). Désireux de conserver leur réputation de gros pollueur devant l’Eternel, ils ont jugé préférable de ne pas signer. (T’as un stylo John? (…) Désolé messieurs nous n’avons pas de stylo.) Et continuent sur leur lancée : Voyons par exemple de quoi est composé l’emballage de ce minuscule iPod : d’une boîte en plastique de dix fois son volume, entourée d’un épouvantable blister en polyvinyle triple couche (d’une dangerosité qui n’a d’égale que celle d’un Opinel n°13 dans les mains tendres de vos bambins.) Avez-vous essayé d’ouvrir un blister pareil sans vous blesser? Sans vous entamer le côté de l’index? C’est très difficile quand vous n’avez pas une lourde paire de ciseaux à disposition (car il faut bien ça). Moi j’en avais pas : je me suis copieusement esquinté. La dernière fois c’était avec une souris taïwanaise. A molette. Terrible. Le blister en coque dure est l’une des inventions les plus consternantes de l’homme moderne. Solidité, souci de “transparence produit”, design. Ok. Mais quasi impossible à ouvrir sans outillage. Et extrêmement polluant. On peut difficilement faire plus écologique.
Pour cet iPod, le vert fait partie des coloris disponibles. Magnifique ce vert d’ailleurs. Comme quoi.
Tags :déchets, emballages, ipod, plastique, pollution
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mars 19, 2008

Un agent d’entretien de la voirie, à la pause ; il fume une cigarette. Je m’approche :
– Bonjour.
– ‘jour
– Dites m’sieur, sans vouloir vous déranger… vous savez d’où ça vient ces petites taches claires qu’on voit un peu partout sur le bitume?…
– Chewing gum…
– Mais il y en a partout ! je viens de remarquer ça… C’est pas des crottes de pigeons?…
– Non non c’est du chewing gum… la gomme ça reste des années… ça s’incruste…
– Y’en a autant sur le trottoir que sur la chaussée c’est fou ça…
– Eh oui… en même temps ça habille… et ça date la chaussée…
– C’est à dire?
– Au bout d’une année vous avez en moyenne deux taches de chewing gum au mètre carré… en vingt ans on passe facile à 30 ou 40… Si vous comptez qu’à Paris il y a pas loin de 2000 hectares de voie publique… plus de 6000 voies… Une vingtaine de taches au mètre carré mettons… ça fait.. voyons…
– C’est dingue… attendez j’ai une calculette dans mon portable…
– Un hectare c’est dix mille m2…
– Ouais… ça fait… 20 millons de m2… 400 millions de taches !… de chewing gum !
– A Paris on est a un peu plus de 2 millions d’habitants…. 200 taches par habitant… Ah les saligauds… heureusement qu’on est là…
– Y a les touristes aussi… Japonais, Américains… Dégueulasse…
– Et les crottes de chien aussi…
– Dégueulasse…
– Dégueulasse oui…
– A bientôt m’sieur…
Tags :Chewing gum, insolite, Paris, voirie
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mars 8, 2008

Le règne animal réserve parfois de bien curieuses surprises. Un comédon d’éléphant peut peser jusqu’à 40 grammes. A la saison des amours, quand il s’agit de se faire beau, les mâles se livrent à des contorsions pour le moins ridicules, se mirant dans les eaux calmes du Congo, afin de voir si leur pores ne sont point trop dilatés ; le cas échéant, de tenter d’extraire quelques vilains points noirs, en s’entr’aidant à coups de trompes, de pattes, et de sottes cabrioles.
Les femelles quant à elles, ne souffrent que rarement d’un excès de sébum. Leur peau parfaitement hydratée, épaisse et pure comme un tournedos, elles demeurent à distance, trompant leur ennui en mangeant des bananes. Comme c’est aujourd’hui la journée de la femme, je ne pouvais manquer de livrer cette information capitale.
Tags :amours, éléphants, dermatologie
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septembre 10, 2007

Le petit malin qui a cru intelligent de donner enfin une fonction au pot de Jean-Pierre Raynaud (parvis du Centre Pompidou, Beaubourg) a été arrêté hier soir in extremis. Il s’agirait d’un jardinier au chômage. Après avoir escaladé nuitamment le socle de la sculpture, il a planté des araucaria rampanum, espèce assez rare d’Amérique du Sud, dont l’odeur fétide était destinée à manifester son incompréhension de l’art contemporain. L’homme s’apprêtait à semer un baobab au centre du pot (pour le faire éclater) lorsqu’il a été appréhendé par les forces de police. Actuellement en garde à vue, il affirme avoir entendu une voix lui suppliant de commettre ce que d’aucun caractérisent déjà comme un “grave délit”. La plante incriminée (visible sur la photo) a été détruite ce matin. Ouf.
Tags :arocaria, Beaubourg, nouveau réalisme, plante, pot, Raynaud
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août 30, 2007

Surcouf, fin d’aprème. Ça poisse déjà la rentrée. Des boutonneux livides, cernés, fatigués d’avoir passé leur vacances derrière leur console Wii, s’affairent ça et là, traquant la moindre babiole pour gonfler leur bécane déjà survitaminée. (les plus malins – plus bricoleurs aussi – sont deux rues plus loin, côté Montgallet, la Silicon Valley sino-parisienne.)
Bref, venu juste pour acheter une clé USB 12 Gigas, je fais la queue, prenant mon tour derrière un retraité qui semble hésiter entre “Le web 2.0 pour les nuls” et “Second Life pour le troisième âge : l’espoir?”; (par prudence, il reposera finalement les deux ouvrages). Et là, devant moi sur le mur, pétulants de santé vive et d’envie d’en découdre avec leur solides bretelles en polyvinyle, que vois-je ? les SACS SURCOUF ! affublés de leur prix exorbitants ! Ah les rubiconds ! les clowns ! les rois du Cirque ! Et c’est pas les seuls !
Imaginons : 1000 clients/jour, porteurs d’un sac publicitaire à 15 centimes. Considérant que chaque sac à une surface de 0,25 M2 et que le prix du mètre carré de publicité (mobile en plus !) dans une ville comme Paris avoisine les 20 Euros/jour, cela nous fait… 250×20= 5000 Euros de publicité par jour, payée par qui ? Par vous ! les clients ! Parce qu’en sortant du magasin vous allez quand même marcher un peu dans la rue, non? Monter, descendre des escaliers ! Du métro ! Du Sacré Coeur ! De la Tour Eiffel qui sait ! Et arborer le logo Surcouf (ou Franprix, etc.) dans Tout Paris ! Si on ajoute, cerise sur le gâteau, 150 Euros pour la vente des sacs, l’enseigne se fait plaisir avec ce coup de la pub gratis : 5150 Euros d’économie ! Et pour une dépense en sacs ridicule ! (1000 sacs imprimés doivent leur coûter à peine le prix de ma clé USB…)
Moralité : ne payez (éventuellement) que les sacs BLANCS, ou sans logo distinctif, sans marque. Ceux-là, les siglés, prenez-les, volez-les, par dizaines, faites-en des sets de table, ce que vous voulez, mais jamais, jamais ne déboursez quoi que ce soit. On vous vole éhontément.
Faites allègrement passer l’info…
Ah oui : Au 1er janvier 2010, la commercialisation et la distribution de sacs en plastiques seront interdites. Place à l’amidon de maïs et à la fécule de pomme de terre. Avec ou sans pub.
Tags :arnaque, espace publicitaire, payant, prix, profit, sac
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juillet 31, 2007

183 Euros. C’est la flute au sel que vous risquez si vous déposez dans une rue de Paris un “encombrant”, (alors que vous auriez dû appeler le 3975, espèce de saligaud). Coup de fil angoissé de ma femme qui veut se débarrasser d’une série de pots en terre cuite un peu ébréchés : “Dis donc Ghert’ ça veut dire quoi pour toi “un encombrant” ? c’est très relatif, non ? A partir du moment où on peut trébucher dessus, moi ça me semble encombrant…” J’ai pas su quoi lui répondre.
Le Petit Robert tente de nous éclairer un peu au sujet de cet adjectif (transformé en substantif par la Mairie de Paris) : “Qui embarrasse, obstrue, gêne. Exemple : objet encombrant.” Je demeure perplexe : l’autre jour j’ai failli glisser sur une tringle à rideaux, boulevard Vincent Auriol. Heureusement, l’affiche camionnée ci-dessus nous donne la clé de l’énigme : Il faut au moins le volume d’une bonne machine à laver des familles pour être “encombrant”. Ou d’un congélateur. Ou d’une bibliothèque en merisier. Le gros machin incontournable, quoi. Donc si vous voulez vous débarrasser de votre ordinateur, de votre machine à coudre, d’une chaise ou deux, aucun problème. C’est plus modeste en taille, et ça fera toujours la joie des SDF ou des antiquaires. Avant que Paris ne ressemble définitivement à un musée sans âme ni rien qui dépasse.
Si un flic cherche à vous verbaliser parce que vous avez déposé un pouf et un aspirateur, sortez lui une photo de l’affiche ou demandez lui la définition exacte du mot encombrant. Vous aurez forcément raison. Mais surtout ne lui dites pas que c’est lui le plus encombrant dans l’histoire. Vous auriez tort…
Tags :3975, encombrant, Mairie de Paris
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juillet 29, 2007
Technologiquement – entre autres –, les américains n’en finissent pas de botter le cul de toute la planète, ça c’est pas nouveau. Pourtant, j’avais eu, en feuilletant le très bavard (et rarement pertinent) Science & Vie daté août, qui présente le site Géoportail, comme un vague espoir que la France n’était pas en reste. Qu’elle aussi savait montrer ses muscles quand c’était nécessaire. Qu’en matière de base de données, par exemple, elle n’était pas totalement à l’arrêt. Je dois me rendre à l’évidence : On est battu a plate couture, comme le démontre hélas cet édifiant comparatif de vue aérienne entre geoportail.fr et l’impressionnant Google Earth (logiciel à télécharger).
Géoportail (dont le maître d’ouvrage est le ministère du Budget et des Comptes Publics - eh oui !) a la particularité, lui, de pouvoir superposer des cartes IGN avec le rendu photographique. Or, à l’heure de la quasi standardisation des dispositifs GPS dans les foyers français, ça n’a guère plus d’intérêt. (Ou alors faudrait qu’on m’explique !) Par ailleurs, j’ignore quel aéronef (français ?) a commis ces malheureux clichés surexposés mais il gagnerait à nettoyer l’objectif de sa caméra… Les deux vues ci-dessous (brutes, non retouchées) montrent la Place de la Bastille au grossissement maximal. Comme qui dirait y a pas photo, hein. Quand en plus on s’aperçoit que Géoportail a cru malin, lui, de balancer des “watermarks” à son effigie sur les cartes “pour ne pas se faire pirater”, on a la certitude d’être vraiment à Paranoland…
Je me dis quand même que c’est pas possible d’être aussi mauvais, que les “vraies infos” sont classées secret défense… Même si Science & Vie, dans un pitoyable cocorico, clame naïvement en parlant de la dernière version “3D” de Geoportail : “Bienvenue dans une nouvelle dimension ! ” On se fend vraiment la gueule.
Géoportail view “max”:

Google Earth view “max”:

Tags :géoportail, Google Earth, précision
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